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fugaces, les Ononis mriegata et Picardi, VAndryala tenuifolia, le Choeturus
fasciculatus et beaucoup d’autres espèces annuelles que les ardeurs de la saison
commençaient à dessécher. Nous nous arrêtâmes'pour passer le milieu du
jour dans une' venta près du Guadiarô, dont lès bords ombrages et verdoyants
reposent de-l’aridité du pays que l’on vient de traverser. La rivière
était fort diminuée pa-r les nombreuses saignées pratiquées le long
de son cours pour arroser les campagnes. De l’autre coté, sur les collines,
VEaphorbid Nicæénsis croissait en abondance; VAnagallis Monelli et la Nigetla
hispariica ornaient des terrains autrefois cultivés; au milieu des buissons
de cistes on voyait partout les Erythroea major et centaurium, l’élégante
Lychnis coelirosa couvertes de leurs fleurs d’un rose vif, et quelques autres
espèces tardives qui avaient déjà remplacé la végétation du printemps.
J’arrivai de bonne heure à Estepona qui, toujours riante, oe mirait dans les
eaux de la mer et je fis prévenir mon ami Trompoviejo, le guide de la Sierra,
du désir que j ’avais d’y monter le lendemain. Trompoviejo est garde-forêts de la
montagne, c’est un petit homme vif, robuste e t, quoique âgé déjà, aussi agile
que les chèvres sâuvâges dont il est la terreur. Je trouvai dans cette nouvelle
ascension un grand nombre ~de plantes qui m’avaient échappé quinze jours auparavant
où n’étaient pas fleuries alors, entre autres deux belles espècegd’Üspe-
rula et un Buplevrum nouveau aussi. Autant la température avait été froide
lors de ma première course, autant elle me parut brûlante. Notis avions quitté
depuis longtemps la source du bois de pins et nous étions arrivés aux troisquarts
de la hauteur sans trouver une autre fontaine. Yo me malaria por aguà (je me
tuerais pour de Peau), s’écriait Antonio, nous mourions de soif, lorsque le
murmure éloigné d’une chute d’eau vint nous rendre l’espérance. Descendus
àla course dans un profond ravin, noqs y prouvâmes un petit ruisseau qulbriiis-
sait le long dès rochers à l’ombre des 'plus beaux buissons de -Cislus pâpulifolius
que j ’eusse jamais rencontrés, et ce détour me fit découvrir une belle variété1
de la Festuca drymeia qui croissait dans le terrain humide. Plus haut, sous les
Pinsapos,*la Serralula BoetieaM la Centaurea acaulis commençaient à fleurir;
je recffeillis aussi'l’Arenaria capillipes, petite Garyophyllée àüx tiges extrêmement
déliées, et le Phalangium boeticum, liliacée à fleurs blanches. Tout-à-fait
au Sômmet j ’observai l’Anthyllis erinacea qui forme des buissons ra"l et épinèux
couverts de fleurs bleues, et qui, commune dans la région alpine des Alpes de
Grenade; se trouvait là tout-à-fait àla limite inférieure de sa station.
Je franchis en un jour les dix lieues qui séparent Estepona de Monda, ce trajet
que j ’avais déjà parcouru ayant peu d’intérêt pour moi. JedeVais me rendre
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à fo lo x et visiter la Sierra de la Nieçe, mais'le papier à dessécher les plantes
me manquant, il fallut y renoncer, et je remis cette course à une autre époque;
De Monda, je me dirigeai sur Alhaurin, non plus par la plaine et le village
de Coin, mais en prenant au-dessus à travers les collines et les pentes du ••
montPereyla. L’atmëgphère était imprégnée-des parfums aromatiques du Thy-
mus masticfijna; le Réséda updata élevait ses tiges hautes de sept pieds dans des /
champs sablonneux depuis longtemps abandonnés, les Scabiosa stellata et » » -
plex, \es Convohulus linearis et saxplilis, lelinaria Çlemcntei, la Centaurea Pro-
long»'croissaient partout, avec VAndryala ramopjssima qui orne le lit des torrents
et dont la racine'sécrète une substance visqueuse extrêmement tenace. La vue
dont on jouit de cés hauteurs est magnifique et s’étend sur plusieurs villages de
la Vega de Malaga, et sur les huertas qui les environnent. Nous passâmes
près du Nacimiento de Coin : c’est une^petite rivière qui sort tout entière d’un
bassin creusé dans le roc et dans lequel-se jouaient de nombreuses tortues
d’eau douce.. Près de là, nous quittâmes les collines pour suivre d’étroits ravins
dont une épaisse végétation couvrait les flancs; et où nous cheminions sous
un dôme de verdure. Çà et là nous rencontrions une habitation champêtre entourée
de vergers où l ’oranger croissait à côté des cerisiers chargés alors de
fruits mûrs. La Rota sempervirem et le Lonicera Balearica unissaient ces arbres
par d’élégantes guirlandes, et le long des talus humides, le Trachelium coeru-
/ew»i balançait des panicules légères. d’un bleu noiiâlre qui lui ont valu le nom
de fîor. de la pmda (fleur de la veuve). Suivant ainsi un petit ruisseau qui’se
perdait sans cesse dans le sol sablonneux du vallon pour reparaître quelques
pas plus loin, nous arrivâmes au pied de la colline plantée d’oliviers, au sommet
de laqùelle se trouve Alhaurin, et nous vînmes passer la nuit dans ce der-
nier, village.
l ue seconde ascension que je fis le lendemain sur la Sierra de Mijas, me
servit à en mieux fixer la hauteur; quant aux plantes, les troupeaux et la sécheresse
très-forte cette , année-là les avaient fait disparaître, et je ne trouvai
pas même lés fruits de quelques espèces que j ’aurais voulu me procurer dans
.çet état. Sur la route de Mâlaga, Je plateau entre Alhaurin et le Rio Guadal-
horce était- couvert dé. Cynara liumïlis aux têtes bleues, et dans les terrains argileux
je trouvai un magnifique Echium dont la tige simple et droite était toute
garnie de fleurs et siôevaitjgi six pieds de haut. C’est l’Echium glomeratum
qui croît aussi en . Barbarie ; ;à l’exception de ces plantes, de VEchinops slrigo- ■
sus pt de qùelques.cliardons, je trouvai les. environs de Malaga déjà presqu’en-
lièrement brûlés.'