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classe d’oiseaux. Cette particularité est probablement aussi
la cause à laquelle ou doit attribuer l’usage fréquent que
Linné, Latham, Bufïbn et la plupart des naturalistes de
nos jours, font de ces espèces, qui varient si singulièrement
dans leur plumage, tant aux différentes époques de
l’âge, qu’à celles de l’année. Il résulte de ces usages fré-
quens ; combinés avec le peu de connaissances qu’on a pu
rassembler par rapport à l’histoire de ces oiseaux, que les
descriptions des auteurs ne s’accordent souvent point avec
les figures qu’ils en donnent. Je n’indiquerai par conséquent,
dans mes synonymes, que les seules figures et les
descriptions qui me paraissent exactes. Ayant tué , à diverses
époques de l’année, et comparé une grande multitude
d’individus de la plupart des espèces que je signale,
j’ai pu déterminer au plus juste l’identité ou la différence
des espèces nominales. Il m’a paru nécessaire de placer
ici, à la tête des descriptions , une courte phrase qui renferme
les caractères propres aux espèces , et feront reconnaître
celles-ci aux différentes époques de l’âge et de la
mue *«
* Avant de publier cette seconde édition, j ’ ai encore mis tous
mes soins à la recherche de ces oiseaux difficiles à se procurer;
une grande partie des côtes de l’Océan et de la Méd'iterrannée,
ont été -visitées de nouveau; les espèces connues ont été'soigneusement
examinées. J’en ai tué un grand nombre dans leurs divers
états, ce qui m’a mis à même de remplir les lacunes qui se
trouvaient dans la première édition , d’ajouter quelques espèces
peu connues et des espèces nouvelles à plusieurs de ces genres;
la classification est la même.
D’ORNITHOLOGIE. 609
jÈ SECTION. — BÉCASSEAU PROPREMENT DIT.
Les doigts antérieurs entièrement divisés.
BÉCASSEAU COCORLI *.
T RI N GA SUBARQUATA. (M i h i .)
Bec arqué, beaucoup plus long que la tete; les
deux pennes du milieu de la queue plus longues que
les latérales ; longueur du tarse, 14 lignes.
Face, sourcils, gorge, couverture du dessus de
la queue, ventre et t,oute les autres parties inférieures
d’un blanc pur*; une raie brune entre le bec et l’oeil;
haut de la tête, dos, scapulaires et couvertures des
ailes d’un brun cendré, avec un petit trait plus foncé
le long des baguettes ; plumes de la nuque rayées
longitudinalement de brun et bordées de blanchâtre;
devant du cou et poitrine de même, mais d’une
teinte plus claire ; queue cendrée, bordée dé blanc ;
les pennes extérieures blanches en dedans; bec noir;
iris brun; pieds d’un brun ou d’un cendré noirâtre.
Longueur, y pouces 6 ou 8 lignes. Le mâle et
la rfemelle én plumage parfait d’hiver:
S co io p ax africana. Gmel. Syst. 1. p. 655. sp. 19. —
* M. Cuvier forme de cette espèce èt de la suivante son nouveau
genre Beldirtd pii Alouette de mer, Règ. animal, v. i . p. 49° j
mais cette division n’est basée sur aucun caractère précis. Je suis
persuadé que si M. Cuvier avait été' dans le cas d’observer les
moeurs, et de voir vivant ou fraîchement tués plusieurs fiSsipi-
pèdes dont il forme des genres nou veaux, ce savant aurait certainement
abandonné cette idée.» ;