
Remarque. Le g a l l i n i j l a m a j o r , Briss., Orn., v. 6
JB. 9 , et LA GRANDE PO E L E D ’ EAU , OU P O R Z A N E , de Buff. ,
O is., v. 8, p. 178 , sont des citations qui ont rapport à une
race distincte propre aux contrées méridionales de l’Amérique,
particulièrement au Brésil. M. Lichtenstein a donné
à celle-ci le nom de Qallinula galeata. Un individu
adulte, reçu de l’Afrique méridionale, diffère seulement
de ceux tués en Europe, par le bord extérieur de
l ’aile , et par les couvertures inférieures qui sont roussâtres
dans l’individu d’Afrique. Dans les îles de la Sonde, on
trouve absolument la même variété qu’en Afrique.
Habite : les joncs et les roseaux qui croissent sur les
bords des rivières, des étangs, et des mares; très-abondant
en France, en Italie, en Allemagne et dans tous les marais
de la Hollande; émigre dans quelques contrées, sédentaire
dans quelques autres.
Nourriture : insectes et vers aquatiques , semences et
herbes des plantes qui croissent dans les eaux.
Propagation : le nid, grossièrement entrelacé d’herbes
et de joncs amoncelés, est caché dans les roseaux; pond de
cinq jusqu’à huit oeufs d’un blanc cendré, parsemé de petites
taches rougeâtres.
G E N R E S O IX 4 N T E - O N Z IÈME .
TALÈVE. — PORPHYRIO. (B riss.)
B ec fort, d ur , épais, conique, presque aussi
haut que long, plus court que la tête; arête de la
mandibule supérieure déprimée, se dilatant jusque
très-avant sur le crâne. Narines latérales près de
l’a rê te , percées dans la masse cornée du b e c , à peu
près rondes, ouvertes de part en part. Pieds longs,
forts, doigts très-longs dans quelques espèces; les
antérieurs entièrement divisés, tous garnis latéralement
de petites membranes très-étroites. Ailes médiocres;
la I e . rémige plus courte que les 2e., 3e.,
et 4e-, qui sont étagées.
Les Taièves vivent à peu près comme les Poules d'eau,
leurs plus proches voisins; comme elles, ils ont les eaux
douces pour lieu habituel de demeure; mais les marais et
les immenses rizières du Midi leur servent également d’asile
et de retraite. Plus enclins par leurs appétits à donner
la préférence aux substances céréales quiaux herbes des
plantes aquatiques, les Taièvesfréquentent plus la terra
que les Poules d'eau : ils se promènent avec élégance sur
le liquide élément, et courent également avec vitesse et
légèreté à terre, ou sur les plantes qui croissent dans les
eaux. Leur corps n’est point aussi comprimé, ni aussi
svelte que celui des Poules d'eau; leur formidable bec,
composé d’une substance très-dure et presque sans fosse
nazale recouverte de membrane, leur sert d’instrument
pour casser l’enveloppe des graines, et à rompre les tiges
les plus dures ; leurs pieds, dont ils se servent pour saisir
et pour porter leurs alimens au bec, sont pourvus de
doigts très-longs, facilement rétractiles, et d’ongles qui se
replient aussi avec quelque facilité, ce qui leur donne ce
pouvoir de préhension. Un plumage éclatant, où le bleu de
turquoise domine, est propre au plus grand nombre des
espèces connues, et c’est parmi elles que notre espèce européenne,
tant estimée des anciens, se distingue par sa
beauté, par ses doigts d’une longueur qui semble disproportionnée,
et ne se retrouve que dans les genres Parra ,
Palamcdea, et Chavaria; enfin , par son bec énorme ,
fort et dur, et par sa plaque frontale très-dilatée. L’espèce
européenne est très-abondante dans le Midi, où elle n'a point
f'té transportée d’Afrique, et acclimatée cflxnme l’assurent
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