
G E N R E C I N Q U A N T E - N E U V I È M E .
HÉRON.-ARDEA. (Lihn.)
Bec long, ou de la longueur de la tête, fort,
droit, comprimé, en cône allongé, tranchant, aigu;
mandibule supérieure, faiblement cannelée ; arête
arrondie. Narines latérales, presque à la base du
bec, longitudinalement fendues dans la rainure,
à moitié fermées par une membrane. Y eux entoures
par une nudité, qui communique avec le
bec. Pieds longs, grêles; espace nu au-dessus du
genou plus ou moins grand; des trois doigts de
devant, celui du milieu réuni à l’extérieur par une
courte membrane; l’intérieur divisé; le doigt postérieur
s’articulant intérieurement et à niveau des
autres. Ongles longs, comprimés, aigus, celui du
milieu dentelé intérieurement. Ailes médiocres,
la i re. rémige un peu plus courte que les 2e. et 3e.
qui sont les plus longues.
Us vivent sur les bords des lacs et des rivières , ou dans
les marais. Leur nourriture consiste en poissons et leur
frai, en grenouilles, moules d’eau douce, campagno-
les, musaraignes, ainsi que toutes sortes d’insectes, de
limaçons et de vers. Us nichent en grandes troupes dans
un même lieu ; dans le vol le cou se replie et la tête s’appuie
contre le haut du dos.Us émigrent en grandes troupes
et sont de passage périodique. Dans toutes les espèces
indigènes et exotiques connues, on observe quatre espaces
garnis d’un duvet cotonneux. La mue a lieu une fois rAnnée;
quelques espèces sont ornées sur le dos de longues
plumes à barbes décomposées : celles-ci ne reparaissent
D’ ORNITHOLOGIE,
point aussi promptement que les autres plumes du corps,
l’oiseau en est dépourvu pendant une partie de l’hiver ;
les huppes et les ornemens accessoires poussent aussi
très-tard chez les jeunes; les sexes n’offrent aucune différence
caractérisée dans le plumage.
Remarque. Je ne place point parmi les oiseaux d’Europe
Ardea oequinoctialis de La'lham , quoique M. Mon-
tagu le comprenne dans la notice qu’il donne du genre
héron; l’individu tué dans le Dévonshire en Angleterre,
se trouve maintenant placé dans le muséum britannique,
où je l’ai vu et reconnu pour être de cette espèce nominale.
Mais l’oiseau en question est, comme M. Montagu le présumait
, échappé d’une ménagerie ; il est certain qu’on n’en
vit jamais d’autre nulle part.
On peut diviser ce genre en deux sections ; la première,
qui comprend les Hérons proprement dits, où viennent
se réunir tous ces oiseaux à cou grêle garni vers sa partie
inférieure de longues plumes pendantes ; la seconde section
se compose de tous ces oiseaux décrits sous les noms
de Crai>ier , Butor , Biongios et Bihoreau ; ils ont le
cou plus court à proportion ; celui-ci paraît plus gros à
cause des plumes larges , à barbes décomposées , qui sont
implantées aux côtés, tandis que la partie postérieure du
cou est garnie d’un simple duvet. * Le Courlan ou Cour-
i ir i , décrit dans les systèmes sous le nom d’ARDEA scoto-
pacea, Gmel. Syst. î. p. 647- ? forme seul un genre
distinct.
U faut encore séparer du genre Ardea, tel qu’il a été
composé par Linné et par Latham, les Grues ( Grus Pall. ),
* Dans la première édition je n’ai point indiqué d’une manière
exacte les caractères principaux de ces deux sections , et j ’ai associé
aux Hérons proprement dits les espèces du Crabier et du Biongios,
qui ont le port et les caractères des Butors. Dans l ’article du Héron
garzette se trouvait compris une espèce distincte d’Amérique.
Ces erreurs sont redressées dans cette édition.