
cette base, on pourrait donner au plus petit des goélands
le nom de mouette, tout aussi bien que l’inverse peut avoir
lieu. Il est surprenant que dans un genre dont les espèces
sont si abondantes partout où elles vivent, il se trouve un
aussi grand nombre d’erreurs dans les citations, et que la
majeure partie des synonymes soient mal placés. Il m’a été
/d autant plus difficile de rétablir l’ordre dans ces citations,
que je désirais conserver les anciennes dénominations de
Linnée et de Latham, et en même temps ne pas faire une
transposition de nom de l’use à l’autre espèce, et éconduire
par-là ceux qui se sont déjà buts à nos erreurs modernes,
auxquelles je conviens avoir également participé
dans ma première édition. II sera cependant d’absolue nécessité
que je rende au véritable Larus glaucus de Brun-
nich, de Graelin et de Latham, son ancien nom sous lequel
il est cité; et cette transposition aura moins d’inconvé-
niens puisque nous trouvons dans le système, sous le nom
de Larus argentatus du même Brunnich, une description
exacte de notre goéland manteau bleu commun en
plumage parfait d'hiver; il prendra conséquemment ce
nom déjà désigné comme étant de double emploi dans les
synonymes de cette espèce.
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/«. S E C T IO N .— GOÉLAND.
GOÉ LAND BURGER MEISTER*.
L A R U S G LAU CU S. (Beusk.)
Manteau d’un cendré bleuâtre; pieds livides;
longueur du tarse, 2 pouces 10 ou 11 lignes ; rémiges
terminées par un grand espace blanc; baguettes
blanches.
Tête, cou, toutes les parties inférieures, la
queue et plus de deux pouces de l’extrémité des
* C’est ici le même'goéland dont j’ai fait mention dans ma première
édition , voyez page 49° » mais, ne connaissant alors et depuis
que le jeune, je ne fis qde l’indiquer succinctement sous
le nom de Larus giganteus ou le Bourgemeister de Buffon; je le
signalai ainsi dans ma correspondance. Depuis peu MM. Schleep
etBeenicken, à Schleewig, naturalistes très-zélés, eurent occasion
de tuer quelques jeunes et un individu adulte en plumage d’été,
auquel M. Meyer s’empressa de donner le nouveau nom de Larus
leuceretes, qui, ainsi que celui de Flavipes donné au Larus fuscus
de Linnée, sont bien mieux choisis, mais dont la suite ne peut
être qu’une plus grande confusion ; car si des noms sanctionnés
par les livres et par l’habitude peuvent être rejetés si facilement,
qui assurera à ceux qui donnent ce mauvais exemple que leurs
nouvelles dénominations seront mieux respectées ? Au reste, ce
goéland n’est rien moins que nouveau ou mal indiqué, ainsi que
M. Schleep l’avoue dans le mémoire mentionné; c’est effectivement
le véritable L. glaucus de Brunnich pour lequel on a pris
depuis le goéland bleu manteau, si commun partout; car Brunnich
, et Latliam dans son Index, disent de leur glaucus, remigibus
apice albis, caractère qui ne convient qu’à cette grande espèce, et
qui est également propre au Larus minutas de Pallas, et à la nouvelle
espèce désignée plus loin dans ce Manuel sous le nom de
Larus melanocephalus.