
606 MANUEL
Habite: de passage régulier le long des côtes, dans plusieurs
pays tempérés et méridionaux de l’Europe ; peu
abondant en France et en Allemagne ; plus commun à son
passage en Hollande.
Remarque. Les individus que j’ai reçus de l’Amérique
septentrionale ne diffèrent point de ceux tués en Europe :
ceux tués au Bengale sont absolument les mêmes; et ceux
rapportés de la Nouvelle-Hollande n’ont aucun caractère
bien prononcé ; ils se ressemblent aussi pour les couleurs
du plumage.
Nourriture : insectes et vers.
Propagation : niche dans les régions du cercle arctique,
et en Asie.
G E N R E S 0 1 X A N T E - C IN Q U I ÈM E .
BÉCASSEAU * — TRINGA.
(B riss.)
Bec médiocre ou long, très-faiblement arque ,
fléchi à la pointe ou droit, mou et flexible dans
toute sa longueur, comprimé à sa base, déprime ,
dilaté et obtus à la pointe; les deux mandibules
sillonnées jusques près de la pointe. Narines late-
* Buffon et les auteurs français donnent indistinctement les
noms de Bécasseau, de Chevalier et de Barge à des oiseaux de marais
de genres différens; quelquefois il leur est aussi arrivé de designer
différemment les individus d’une même espèce. Je conserve
dans ce Manuel les mêmes noms pour les trois genres distincts
, mais en leur donnant une acception plus régulière et plus
systématique. Illiger réunit dans son genre Actitis tous ces oiseaux
que je divise en trois genres.
D’ORNJTHOLOGIE. O07
raies , coniques , percées dans la membrane qui
recouvre le sillon nasal dans toute sa longueur.
Pieds grêles, nus au-dessus du genou; trois doigts
devant et un derrière ; les doigts antérieurs entièrement
divisés; dans le plus petit nombre, le doigt du
milieu et l’extérieur réunis par une membrane ; le
doigt de derrière articulé sur le tarse. Ailes médiocres;
la i re. rémige la plus longue.
Ces oiseaux, qui voyagent en petites troupes, se réunissent
plusieurs dans un même lieu pour nicher; ils habitent
toujours les marais voisins des rivières, des lacs, et surtout
de la mer; ils fouillent indistinctement dans les limons,
dans la boue , dans le sable mouvant des rives , ou parmi
les grands amas de fucus, où ils trouvent leur nourriture,
qui se compose d’insectes à élitres, de larves , de vers
mous, de mollusques et de très-petits coquillages bivalves ;
le plus grand nombre émigre le long des bords de la mer,
les autres suivent le cours des rivières. Leur mue a lieu à
deux époques fixes de l’année ; leur plumage d’hiver est
très-différent de celui d’été ; les couleurs principales varient
ordinairement du blanc au roux, et du cendré au noir ;
les jeunes, avant leur première mue, diffèrent beaucoup
des adultes ; les sexes ne se distinguent à l’extérieur que
par la taille, les femelles étant plus grandes que les mâles.
Favorisé par le lieu de ma demeure , je suis mieux à
même que les naturalistes, mes prédécesseurs, de fixer
les caractères qui sont propres à ces genres, et d’en classer
les différentes espèces; c’est en m’appliquant, depuis plusieurs
années, à l’étude des oiseaux de marais et des
oiseaux nageurs, qui abondent dans ce pays, que je suis
parvenu à débrouiller la confusion qui a régné jusqu’ici
dans leur classification méthodique ; je suis peut-être le
premier qui ait rendu les naturalistes attentifs aux change-
inens extraordinaires que la double mue opère sur cette