
courtes, la i re. rémige de la longueur de la 2 e. ou
un peu plus longue.
Les Macareux sont des oiseaux du cercle arctique, dont
Jcs moeurs et les habitudes ont beaucoup de rapports avec
ceux des espèces comprises dans les genres Guillemot et
Pingouin; ces genres forment avec ceux composés d’oiseaux
étrangers à l’Europe et désignés sous le nom de
Manchot et de Gorfou, les derniers chaînons par laquelle
la nature se prépare à terminer la grande famille des oiseaux.
Les oiseaux de ce genre volent moins que les guil-
lemots; cependant ils ne sont point privés de cette faculté,
et effleurent assez rapidement la surface des mers; on ne
les voit presque jamais à terre et très-accidentellement sur
les eaux douces des parties tempérées de l’Europe. Les
Macareux ont toujours été confondus avec les Pingouins,
mais ils doivent former un genre distinct.
Remarque. Quoique l’espèce propre à l’Europe qui
compose ce genre ne soit point du nombre des oiseaux
rares, qu’au contraire elle est assez commune en hiver sur
les côtes d’Angleterre, de Hollande et même de France,
je n’ai point encore pu obtenir des données certaines sur
les différées états de cet oiseau ; sur plus de cent individus
que j’ai vus et dont quelques-uns ont été tués à leur passage
d’hiver, aucun ne m’a paru différer essentiellement;
j’ai fait la même remarque sur deux autres espèces propres
aux contrées glaciales d’Amérique et d’Asie ; la légère
différence qui existe dans le jeune âge m’est seule bien
connue. Je suppose que la mue doit être double, mais ne
puis l’assurer; s’il en est ainsi, il n’est pas moins certain
que les couleurs du plumage ne changent point d’une manière
très-marquée. Il est inconcevable que les Macareux
aient toujours été confondus avec les Pingouins dans le
genre Alca ; car, non-seulement lesi caractères extérieurs
de ces oiseaux sont différens, mais les squelettes offrent
D’ ORNITHOLOGIE. g35
des disparités marquées, particulièrement dans les formes
de la tête. On doit observer de ne pas confondre notre Mar-
mon fratercula avec une espèce propre aux côtes septentrionales
d’Amérique, dont le plumage est absolument semblable
, mais qui a le bec beaucoup plus haut, elle a surtout
la mandibule inférieure très-arquée ; cette espèce
nouvelle est indiquée par le docteur Leach, sous le nom
de Mormon glacialis.
M A CA R EU X MOINE.
MO RMO N F R A T E R C U L A . (Mihi.)
Sommet de la tête, toutes les parties supérieures
et un large collier qui entoure le cou, d’un noir
profond et lustré ; rémiges d’un brun noirâtre ;
joues, une large bande au-dessus des yeux et la
gorge d’un gris très-clair ; poitrine, ventre et les
autres parties inférieures d’un blanc pur; base du
bec d’un cendré bleuâtre, jaunâtre dans le milieu,
et d’un rouge vif à la pointe; mandibule supérieure
marquée de trois sillons, l’inférieure marquée de
deux sillons ; iris blanchâtre ; bord nu des yeux
rouge ; pieds d’un rouge orange. Longueur, depuis
la pointe du bec aux ongles, 12 pouces 6 lignes.
Les vieux des deux s e x e s , en plumage d'hiver
e t d'été.
L es jeunes de l'année, ont le bec beaucoup plus
petit, lisse sur les côtés, dépourvu de sillons, d’un
brun jaunâtre; l’espace entre l’oeil et le bec d’un
cendré noirâtre ; les joues et la gorge d’un cendré
plus foncé que chez les vieux; le large collier du