
doigts palmés, d’autres les ont semi-palmés*; cependant
ils ne nagent point habituellement; mais étant destinés à
chercher leur nourriture très-avant sur les plages vaseuses
baignées pai' les eaux de la mer ou des fleuves, ils sont
pourvus de tarses très-longs , et les doigts palmés servent
de soutien pour les empêcher d’enfoncer dans le limon
vaseux ; quelques espèces, qui ne nagent point habituellement,
sont cependant douées de cette faculté**, mais ils
ne s’en servent le plus souvent que pour se soustraire à la
poursuite de leurs ennemis. Dans le fait, et à la rigueur,
on pourrait isoler des gralles, et les P hcenicoptères et les
Avocettes; mais je demande alors ce qu’on prétendra faire
des vrais Tantales, des Spatules, des Chevaliers sémi-
palmés, de la Barge semi-palmée, du Bécasseau semi-
palmé , et des Chevaliers qui ont un doigt semi-palmé et
1 autre divisé, especes mitoyennes qui lient étroitement les
vrais grades aux grades a pieds palmés. Il est absolument impossible
de fixer par des mots la démarcation facile à saisir
pour classer rigoureusement en de nombreux genres toutes
ces anomalies dans les formes. J’ai déjàprouvé, dans plus d’un
endroit, que les divisions rigoureuses et strictement méthodiques,
ne peuvent etre employées avec avantage dans
la classification des oiseaux , où une série naturelle doit
remplacer les groupes plus rigoureusement divisés dans
les autres classes du règne animal.
On doit observer que , dans cet ordre d’oiseaux, les
mâles sont toujours un peu moins grands que les femelles ;
cette différence est surtout remarquable dans les genres
Çalidris , Tringa, Limosa et Scolopaxy on ne doit
point s’en rapporter trop strictement à la longueur du bec
* Tels que les genres Phoenicopterus, Recurvirostra, Tantalus et
Plantalea, ainsi que les espèces des genres Totanus, Tringa et
Limosa.
** Tels sont quelques espèces des genres Tringa, Totanus, Limosa,
T. Charadrius et surtout Hcematopus.
D’ORNITHOLOGIE. 5 iq
et des pieds chez ces oiseaux, * vu que ses membres varient
souvent beaucoup d’individu à individu , et que l’âge y
opère des changemens assez marqués- Chez les Palmipèdes
, au contraire, les caractères pris du bec , sont les
meilleurs moyens pour distinguer les espèces.
PREMIÈRE DIVISION.
GRALLES A TROIS DOIGTS.
Ils manquent toujours de doigt postérieur.
Remarque. On dit qu’il existe dans l’Inde un petit
gralle de la taille du sanderling, quia seulement deux
doigts dirigés en avant comme ceux de l’autruche.
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G E N R E C IN Q U A N T I È M E .
OEDICNÈME.- OEDICNE MUS.
(M ih i . )
B e c plus long que la tête, droit, fort, un peu
déprimé à la base, comprimé vers le bout ; arête
de là mandibule supérieure élevée ; mandibule inférieure
formant l’angle. N a r in e s placées au milieu
du bec, longitudinalement fendues jusqu’à la
* Les oiseaux qui ont un bec mou et flexible ne peuvent etre
bien classés, sur des .sujets déposés dans les cabinets; il faut nécessairement
les avoir vus,dans leur état naturel, et examine les
formes différentes sous lesquelles ces becs se présentent depuis le
jeuiie âge jusqu’à l’adulte; le bec change un peu de forme et
semble s’allonger encore, même lorsque l’oiseau a acquis tout son
développement; ces différences sont toujours en rapport avec celles
du sol sur lequel ces oiseaux cherchent leur nourriture, et dépendent
de causes locales.