
G EN R E S O IX A N T I ÈME .
FLAMMANT. — PHOENICOP TE-
RUS. ( L in n . )
Bec gros, fort, plus haut que large, dentelé,
conique vers la pointe, nu à sa base; mandibule
supérieure fléchie subitement, courbée à la pointe
sur la mandibule inférieure ; mandibule inférieure
plus large - que la supérieure. Narines longitudinales,
au milieu du bec, percées de part en part,
près du dôme de l’arête supérieure, couvertes en-
dessus par une membrane. P ieds très-longs; trois
doigts devant, celui de derrière très-court, s’articulant
très-haut sur le tarse ; les doigts de devant
réunis jusqu’aux ongles, par une membrane découpée.
O ngles courts, plats. A iles médiocres; la
i re. et la 2e. rémiges les plus longues.
Ces oiseaux ( dont l’espèce européenne est répandue
également dans les trois autres parties du monde) virent
sur les bords de la mer, où ils se nourrissent de coquillages
, d’insectes, et de frai de poissons , qu’ils pêchent
au moyen de leur long cou et en retournant leur tête pour
employer avec avantage le crochet de leur bec ; ils se
réunissent en grandes bandes et nichent en "société ; ils
font, dans les marais, un nid de terre élevé où ils se mettent
à cheval pour couver leurs oeufs , parce que leurs longues
jambes les empêchent de s’y prendre autrement*;
* Voyez Cuvier, Règ. animal, v. i. p. 5o5. J’ai omis d’indiquer
cette particularité dans la i re. édition.
» ’ORNITHOLOGIE. 587
leur mue paraît simple et ordinaire, mais il leur faut plusieurs
années avant que les couleurs du plumage soient
stables. Les femelles sont plus petites que les mâles, leurs
couleurs sont plus pâles '; les jeunes sont blancs au sortir
du nid ; deux petites espèces , de moitié moindres que
celle d’Europe , vivent en Afrique et en Asie ; le plumage
des jeunes éprouve les mêmes changemens. Leur corps
n’est guère plus couvert de duvet que ne l’est celui de
tous les autres échassiers ; aussi ne nagent-ils point habituellement,
quoique étant pourvus de pieds à doigts entièrement
palmés. Ils se réunissent en grandes bandes
dans les marais, où on les approche très-diffieilement, vu
leur extrême défiance. En volant par bandes, ils ont l’habitude
de former un angle, comme les Oies ; en marchant
, ils appuient souvent la partie plate de leur mandibule
supérieur à terre, et s’en servent comme d’un
soutien.
Remarque. Il me paraît encore très-douteux si on doit
considérer le Flammant d’Amérique, comme étant de la
même espèce que le Flammant d’Europe et d’Afrique; je
n’ai pu parvenir à des données certaines à cet égard, mais
les recherches faites me font présumer que ce sont deux
espèces distinctes ; lorsque les différences seront établies
on pourra donner au Flammant d’Europe et d’Afrique le
nom de Phoenicopterus antiquorum, et laisser à celui
d’Amérique celui de Phounicopterus ruber.
FLAMMANT ROUGE.
P H OE N I COP T E RU S RUBER. (Lijrir.)
Tête, cou, queue et les parties inférieures d’un
beau rose; ailes d’un rouge vif; dos et scapulaires
d’un rouge rose ; remises d’un noir profond ; les
longues plumes rouges des pennes secondaires des
ailes dépassant les rémiges de plusieurs pouces r