
G E N R E S 0 IX A N TE-DIX-SE P T IÈ ME.
STERCORAIRE. — L E S TRIS.
( I l l i g . )
Bec médiocre, fo r t , dur, cylindrique, tranchant,
comprime et courbé, et crochu à la pointe; mandibule
supérieure couverte d’une cire; inférieure
formant un angle saillant. Narines vers la pointe
du b e c , diagonales, étroites, fermées par derrière,
percées de part en part. P ieds grêles, nus au-dessus
du genou; tarses longs; trois doigts devant, entièrement
palmés; le doigt de derrière presque
n u l, de niveau avec les doigts de devant. Ongles
grands, très-crochus. Q ueüe faiblement arrondie,
les deux pennes du milieu toujours allongées. A iles
médiocres, la i re. rémige la plus longue.
Les oiseaux qui composent ce genre, ont toujours été
mêlés avec ceux du genre Mauve; ils s’en distinguent cependant
par les caractères extérieurs et par les habitudes
naturelles. Les Mauves sont des oiseaux lâches et craintifs;
les Stercoraires, au contraire, sont courageux et intrépides,
éternels ennemis des premiers, ils les harcèlent
continuellement; les Stercoraires pêchent rarement pour
leur propre compte, mais ils se nourrissent le plus habituellement
des alimens qu’ils obligent les mauves de dégorger
; se jetant alors avec une étonnante vélocité sur
ces alimens qui semblent tomber, du haut des airs , ils vivent
ainsi aux dépens de leurs antagonistes , qu’ils poursuivent
sans cesse ; indépendamment de cette manière de se
pourvoir, ils se nourrissent encore de la chair des cétacées
et de coquillages. Leur demeure est très-avant dans les régions
arctiques, dont ils s’éloignent peu. Leur manière de
voler â quelque chose de particulier et semble convulsif;
les areboutans qu’ils décrivent et les sauts quils font en volant
les distinguent de loin. Il n’existe point de différence très-
marquée chez les sexes,mais l’âge fait paraître ces oiseaux
dans des livrées très-variées dont le brun bistre et le blanc
forment les principales couleurs; les jeunesde l’année sont
toujours faciles à distinguer: i°. par les deux pennes du milieu
de la queue qui dépassent très-peu les latérales; 2°. par
les bords roussâtres et par quelques taches irrégulières dont
les plumes des parties supérieures sont terminées; 5°. par
les raies transversales plus ou moins nombreuses des parties
inférieures, et 4°. par la base des doigts et des membranes
qui sont toujours plus ou moins blancs. Les individus
qui paraissent revêtus de leur livrée parfaite sont ceux
dont les parties inférieures sont ou totalement ou en partie
d’un blanc pur.
Remarque. Les occasions peu fréquentes qui se présentent
pour observer ces oiseaux des régions arctiques, ne
m’ont point encore mis à même de juger si les espèces de
ce genre muent une fois dans l’année, ou bien si la mue est
double. Il me ‘paraît probable qu’ils ne muent qu’une fois
l’année, vu que les couleurs des vieux, pendant l’époque
de la reproduction et durant tout l’été , varient tant d’individu
à individu. Cette particularité dans ce genre est très-remarquable,
et ne tient ni au sexe ni à un état de mue; elle
ne peut être en rapport qu’avec l’âge des individus. M. Boié
de Kiel, voyageur et naturaliste distingué, m’a communiqué
la remarque que pendant le temps des couvées il a
tué une multitude de Lestns parasiticus, dont les parties
inférieures étaient ou brunes ou blanches, et quelquefois
variées de ces deux couleurs; M. Boié a eu la bonté de
m’envoyer plusieurs individus dans les différais états de
plumage. IY- B. Je préviens que le mesurage en longueur