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duction par des mouvemeiis et des cris particuliers; leur
•voix est très-sonore. La mue paraît n’avoir lieu qu’une fois
l ’année , quoique certaines espèces muent deux tois , et que
celles-ci changent périodiquement de'couleurs; peut-être
que toutes les espèces sont sujettes à une double mue ? Les
mâles chez les très-grandes espèces ont un plumage différent
des femelles ; des couleurs foncées et lustrées distinguent
les premiers ; les femelles ont le plumage varié de
roux et de noir; chez les petites espèces à plumage bigarré,
les sexes diffèrent peu, quoiqu’il soit facile de les
distinguer; les jeunes mâles de l’année jusqu’à l’époque de
leur première mue, ressemblent aux femelles ; ils se distinguent
encore des adultes pendant leur première année.
Remarque. U me paraît qu’on a tort de former des Lagopèdes
un genre distinct du Tetrao de Linnée ; ces oiseaux
ont, il est vrai, sous quelques rapports des moeurs
un peu différentes, mais les caractères extérieurs, à l’exception
des doigts emplumés, sont absolument les mêmes
que celles propres aux autres tétras de petite taille; dans
les moeurs il n’y a de différences que celles qui dépendent
de la localité et qui sont en rapport, dans chaque espèce,
avec les lieux plus ou moins élevés où elle habite. Pour
les caractères extérieurs, on trouve un passage gradué, car
le vrai Tetrao scoticus semble placé sur la limite des vrais
Lagopèdes et des Tétras proprement dits; ses doigts sont
emplumés plus ou moins suivant la saison; et la mue ne
change point les couleurs du plumage; son bec est absolu-
menrsemblable à celui du Tetrao saiiceti, et ses moeurs
tiennent le miiieu entre les Lagopèdes et les Tétras proprement
dits; la température où cette espèce habite est
aussi mitoyenne. Voyez encore ce que j’ai dit à ce sujet
dans mes observations sur la classification méthodique des
oiseaux, dont j’ai fait mention ailleurs.
T É T R A S AUERHAN.
T E T R A O UROGA L L V S . (Limy.)
Plumes de la gorge allongées ; poitrine d ’un
vert a reflets; queue arrondie; bec blanc.
Les plumes allongées de la gorge noires ; le
reste de la tête et du cou d’un noir cendré; sourcils
rouges; ailes et scapulaires d’un brun parsemé
de petits points noirs; poitrine d’un vert à»reflets;
ventre et abdomen noirs avec des taches blanches ;
croupion et flancs parsemés de zigzags cendrés ,
sur un fond noir ; pennes de la queue noires, avec
quelques petites taches blanches, disposées à deux
pouces de leur extrémité ; bec de couleur de corne
blanchâtre ; iris d’un brun clair. Longueur, 2 pieds
10 pouces. L e male.
L a fem e lle , d’un tiers plus petite, est rayée et
tachetée de roux, de noir et de blanc; les plumes
de la barbe sont d’un roux c lair, et celles de la
poitrine d’un roux foncé ; la queue est rousse ,
rayée de noir; bec d’un brun noirâtre.
L e s jeun es mâles, apres leur première mue, ont
la poitrine d’un vert moins lustré , et le cendré domine
sur le noir; on voit souvent encore quelques
plumes rousses tachées de n o ir , semées irrégulièrement
sur ce plumage. Avant la première mu e,
les sexes n’offrent que peu de différences; les jeun es
mâles ressemblent alors aux femelles.
Tetrao urogaleüs. Gmel. Syst. 1. p. 746. sp. 1 ._
Lath. Ind. v. 2. p. 634. sp. j. --*• Retz. Faun. Sue&>
Partie II*. 3o