
ils ne fréquentent point habituellement les bords de la
mer, ni les rives limoneuses et vaseuses des fleuves ; ils
saisissent leur nourriture , qui se compose d’insectes , de
vers , de coquillages , et très-rarement de poissons, par le
moyen de la pointe dure de leur bec. Leur mue a lieu à
deux époques fixes de l’année ; leur plumage d’hiver ne
diffère le plus souvent de celui d’été , que par des distributions
différentes dans les taches et dans les raies dont
il est varié , souvent uniquement dans des nuances plus
pures en été qu’en hiver ; les jeunes diffèrent peu des
adultes en plumage d’hiver; les sexes se distinguent par
les dimensions un peu plus fortes des femelles.
Remarque. Les Chevaliers diffèrent des oiseaux compris
dans mon genre Bécasseau , par leur bec , dont toute
la pointe est d’une substance solide et propre à saisir leur
proie à la surface d’un terrain dur, entre les fentes des
pierres, ou sur la grève, propre aussi à enfoncer dans un
terrain solide , tel que celui des prairies. Le bec des Bécasseaux
et des Barges a la fosse nasale très-prolongée ,
même jusques au delà des trois quarts de sa longueur, ce
qui le rend mou et flexible à la pointe , parce qu’étant
destiné à fouiller dans les terrains moux, fangeux, vaseux
ou de sable mouvant, la substance molle de ce bec,
pourvu latéralement de muscles, concourt à le rendre
propre pour saisir au toucher le genre de nourriture qui
est destiné à ces oiseaux. Mon savant ami, feu le Dr. Leis-
ler, m’a rendu le premier attentif à cette conformation
disparate. Je suis cependant d’opinion différente sur la
classification des espèces, et je dois attribuer celle que le
savant continuateur de l’ornithologie d’Allemagne nous
offre, à l’impossibilité où il se trouvait de pouvoir observer
les moeurs de toutes les espèces que j’ai réunies dans mon
genre Totanus; particulièrement aussi au défaut de comparaisons
avec les espèces exotiques ; comparaisons que
j’ai trouvées constantes dans les espèces étrangères des genres
T ring a,, Totanus et Limosa.
ƒ<*. S E C T IO N . — CH E V A L IER S PRO PR EM EN T DITS.
Mandibules droites, pointe de la supérieure courbée
sur l’inférieure; le doigt du milieu et l’extérieur
unis , ou les trois doigts plus ou moins
réunis.
Leur nourriture consiste en vers , insectes à élitres et
très-petits coquillages ; ils habitent les eaux douces et les
prairies humides.
CHEVALIER SEMI-PALMÉ.
T O T A N U S S EMI P A LMA TU S . (Mihi.)
Bec gros, très-fort; un miroir blanc vers les trois
quarts de la longueur des rémiges; les doigts a
moitié palmés *.
Plumage supérieur d’un brun clair uniforme,
chaque plume étant d’un brun plus foncé le long
des baguettes ; devant du cou et poitrine d’une teinte
cendrée marquée de petites stries brunes; gorge,
ventre et abdomen d’un blanc pur ; ailes d’un cendré
brun foncé qui devient plus clair et se nuance
en cendré blanchâtre sur le bord de l’aile ; rémiges
noires; un grand espace sur celles-ci; le croupion
et les couvertures supérieures de la queue d’un
* On distingue facilement cette espèce d’une autre plus grande
de l’Amérique septentrionale, par la double palmure des doigts;
elle lui ressemble par le bec et par le miroir blanc sur les rémiges;
mais un doigt est demi-palmé, et l’autre est uni par un rudiment
de membrane.