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Les Ibis , que quelques auteurs confondent avec les
CouHis, fréquentent les bords des fleuves et des lacs,
où ils se nourrissent d’insectes, de vers, de coquillages
et souvent aussi de végétaux ; mais l’on doit mettre au
rang des fables populaires la réputation qu’ils ont d’être
grands destructeurs de serpens et de reptiles venimeux,
auxquels ils ne touchent jamais. Ces oiseaux entreprennent
de longs voyages ; ils émigrent i\ des époques périodiques
; la mue est simple et ordinaire ; le plumage des
jeunes diffère à plusieurs égards des vieux , particulièrement
dans quelques espèces étrangères ; les sexes ne diffèrent
presque que dans les dimensions.
Remarque. Le genreTantalus de Linné , ne peut comprendre
, sous la dénomination générique de Tantale ,
que les seules espèces exotiques du tantalus loculataor.
Gmel. Syst. 1. p. sp. 1. du tantalus ibis. Gmel.
p. 65o. sp. 4* * et du tantalus leucocephalus. Gmel.' p. 649.
sp. 10. Tons les autres oiseaux compris dans le genre
Tantalus de Linné et de Latham, appartiennent au genre
Ibis de Lacépède, d’Illiger, et de celui qui fait le sujet de
cet article.
IB IS FALCINELLE *.
I B I S F A L C IN E L LU S . (Mih i .)
Tête d’un marron noirâtre ; cou, poitrine, haut
du dos, poignet de l’aile et toutes les parties infé*
Dans la première édition, j’ai donné à cet oiseau le nom
d’Ims sacré. Depuis peu M. Cuvier, Règ. an. v. i.p. 4 8 3 ., a aussi
formé une espèce d’ibis sacré; celle-ci est le Tantalus cethiopicus
de Lath. ou YAbouhannes de Bruce, dont je fais mention dans
la note suivante. Il y aurait conséquemment deux ibis portant le
même nom, quoique dans le fait ces deux espèces aient été également
révérées en Egypte,~ puisqu’on trouve des momies de
l’une et de l’autre. Nonobstant, deux indications sous le nom
rieures d’un roux marron v if ; d o s , croupion, couvertures
des ailes, rémiges et pennes de la queue
d’un vert noirâtre à reflets bronzés et pourprés :
bec d’un noir ve rd âtre, mais brun vers la pointe ;
nudité des yeux verte , encadrée par une bande
grisâtre : iris brun ; pieds d’un brun verdâtre. Longueur,
1 pied t o ou 11 pouces. * Les vieux.
La femelle, diffère seulement par sa plus petite
taille.
Tantaltjs falcinellus. Gmel. Syst. 1. p. 648. sp. 2. —
Lath. Ind. v. 2. p. 707. sp. i 4- — Tantalus igneus. S. G.
Gmel. Reis. v. 1. p. 166. — G m e l. Syst. 1. p. 649- sp. 9.
■— Lath. Ind. v. 2. p. 708. sp. 16. — L e C ourlis vert.
Buff. Ois. v. 8. p. 29. — C ourly d’Italie. Id. pl. enl.
819. le vieux mâle. —-L e C ourly marron. Briss. Orn.
v. 5. p. 329. «°. 5. le vieux. — L ’Ibis noir. Savigny.
Hist. natur. et mytkolog. de l’Ibis, p. 36. pl. 4. —
Le Courlis brillant. Sonn. édit, de Buff. Ois. v. 22. p.
238. une vieille femelle. — Bay and glossy ibis. Lath.
Syn. v. 5. p. 113. — Id. p. 114- var. A. et p. 115. n°. 14.
d’ibis sacré, ne peuvent continuer d’exister dans le système; le
culte rendu par les Égyptiens à l’ibis de cet article, paraissant
encore douteux aux yeux de M. Cuvier, il convient de laisser le
nom de Religiosa Cuv. à l’Abouhannes, tandis que je propose
pour l’espèce du présent article celui de F alcinellus ; dénomination
connue, déjà adoptée dans le genre Tantalus, groupe où les
vrais Ibis se trouvaient confondus, ainsi que je l’ai dit dans la remarque
précédente.
* Cet ibis, connu par les Arabes sous le nom de El hareiz,
ainsi que l’espèce décrite par Bruce sous celui de Abouhannes, ou
le T antaltjs æthiopicus de Latham, sont les deux sortes d’oiseaux
si célèbres par le culte qu’ils reçurent des anciens Égyptiens
: les momies de ces deux espèces d’ibis se trouvent en grand
nombre dans les vastes catacombes de l’ancienne Memphis.