
vq9S MANUEL
ce^x qui ue connaissent point la véritable espèce de nos
Oonérées. On les voit en plusieurs villes de Sicile, dans les
marche! et dans les rues, tant elles sont communes et faciles
à apprivoiser.
'Remarque- 11 est temps de réintégrer à sa place un
oiseau déjà si fameux dans l’antiquité, puisque les Grecs et
les Romains en faisaient un cas tout-à-fait extraordinaire,
non comme objet de luxe extravagant de leurs tables somptueuses
, mais comme un hôte digne d’être placé dans les
temples et dans les autres sanctuaires de leurs divinités;
enceintes qui renfermaient les premières collections d’histoire
naturelle. Le porphyrion , cet oiseau bien connu des
Romains , ne l’est plus parmi nous, parce que tous les auteurs
méconnaissent la véritable espèce européenne, et la
confondent avec celles propres aux pays étrangers.
TALÈVE PORPHYRION .
PORPHYRIO UYACINTHINUS. ( M i h i .)
Arête de la mandibule supérieure presque^ (Tune
venue avec le crâne ; doigt du milieu sans l ongle,
plus long que le tarse ; tout le plumage bleu ; la
vlaque frontale aboutissant derrière les peux.
Un beau bleu de turquoise couvre les joues, la
gorge, tout le devant et les côtés du cou ; occiput,
nuque, cuisses et abdomen d’un bleu d’indigo très-
foncé et peu vif; poitrine, dos , couvertures des ailes
et grandes pennes de celles-ci, ainsi que la queue
d’un bleu d’indigo éclatant; couvertures du dessous
de la queue d’un blanc pur ; .plaque frontale
et coronale, ainsi que le bec d’un rouge vif; ms
couleur de laque ; pieds et doigts d’une couleur de
cbair rougeâtre. Longueur du bout du bec à l’extrémité
de la queue, 18 pouces; hauteur jusqu’au
sommet de la tête, à peu près 16 pouces.
Remarque. Je ne puis indiquer ici comme synonjunes
que les seules indications des anciens; c’est le P o r p h y r i o
alter, d’Aldrov. v. 3 , p. 4^8 , f. 44° > la variété indiquée
dans Latham, dans l’article du Porphyrio moderne; enfin,
Fauna Arag. p. 78 ; mais il est étonnant que, parmi
cette confusion que la transposition d’un ancien nom d’une
espèce propre à l’Afriqûe méridionale a fait naître, aucun
auteur ne se soit avisé de comparer les poüles sultanes
de nos ménageries, avec la planche des oiseaux d’Ed-
Ivards, qui, sous le nom de Purple water hcn, a donné, t. 87, le portrait exact du porphyrion des anciens, dont je
fais mention dans cet article. La description , dans Edwards,
est aussi parfaite; c’est la seule qu’on puisse citer ici.
Habite : les bords marécageux des fleuves, et ceux des
grands lacs ; très-abondant dans les rizières ; vit en grand
nombre sur les bords des lacs et des champs inondés de
Sicile, de la Calabre, dans les îles Ioniennes, daus tout
l’Archipel et le Levant; en plus petit nombre en Dalmatie
et dans les provinces méridionales de Hongrie ; plus rare
en Sardaigne.
Nourriture : suivant des rapports, beaucoup de plantes
céréales, les graines des plantes aquatiques et leurs racines;
aussi des fruits et du poisson, dont ils sont très- friands.
Propagation : niche loin des grandes eaux, mais dans
les rizières inondées et dans les vastes marais couverts de
hautes herbes et de joncs: elle y construit un nid avec des
bûchettes ou des débris des plantes; pond trois ou quatre
oeufs blancs, de forme presque ronde.
Afin d’éviter à l’avenir toute méprise, et pour qu’on ne
confonde plus notre talève d’Europe avec les espèces exo