
G E N R E Q U A T R E - r iN G T -T R O IS IÈM E .
FOU . — SULA. (B R I S S . )
Bec fort, long, en cône allongé, très-gros à sa
base, comprimé vers la pointe qui est faiblement
courbée, fendu jusque derrière les yeux ; bords des
deux mandibules dentelés. Face et gorge nues.
Narines basales, linéaires, occultes. Pieds courts,
forts, très-retirés dans l’abdomen; trois doigts devant,
le doigt de derrière s’articule intérieurement;
tous réunis par une seule membrane. Ongles , celui
du doigt du milieu dentelé en scie. Ailes longues ;
la i re. rémige la plus longue, ou d’égale longueur
avec la 2e. Queue en forme de cône composée de
12 pennes.
Les Fous , un genre d’oiseaux confondu par les méthodistes
dans le vaste cadre qu’ils assignent au genre Pele-
canus, se distinguent par des caractères faciles à saisir,
non seulement des vrais Pélicans, mais aussi des Cormorans
*. Les Fous nagent très-rarement; ils ne se submergent
ni ne plongent jamais ; habitans des rochers qui
bordent la mer, ils volent continuellement au-dessus des
vagues qui les baignent; à terre, ils ont une attitude presque
verticale, et se servent alors de même que les Cor-
* L’oiseau désigné sous le nom de Frégate, qui vit entre les
tropiques, forme aussi un genre distinct; il a toujours été rangé
par les méthodistes dans le genre Pelecanus , mais n’y est point à
sa place. On ne peut deviner les motifs qui ont pu déterminer
les naturalistes allemands à comprendre la Frégate parmi les oi-r
seaux d’Europe.
D’ORNITHOLOGIE. fJ05
morans, de leur longue queue ù baguettes fortes et élastiques
comme d’un troisième point d’appui, les jambes
étant également très-retirées dans l’abdomen. Leur nourriture
consiste en poissons qui nagent à la surface des eaux;
ils se laissent tomber sur ceux-ci du haut des airs où ils
planent; leur vol est facile et long-temps soutenu. Ils nichent
sur les espaces planes des rochers ou sur des montagnes
couvertes d’herbes, toujours réunis en grandes
troupes; la ponte est ordinairement de deux ou de trois
oeufs. C’est peut-être improprement qu’on leur a donné
le nom de fous , à cause de la prétendue stupidité avec laquelle
ils se laissent attaquer par les hommes et les oiseaux.
L’espèce d’Europe, seule assez bien connue parmi le petit
nombre qui compose ce genre, varie singulièrement dans
les différens périodes de l’âge , au point que les jeunes ont
des couleurs et une bigarrure de taches qui les feraientpren-
dre très-facilement pour des espèces distinctes; les sexes
diffèrent seulement par la grandeur.
La Remarque que j ’ai faite pour le genre Stercoraire,
voyez à la page 790, est également applicable ici.
FOU BLANC ou DE BASSAN.
S U L A A L B A . (Me y eu.)
Sommet de la tete et occiput d’un jaune d’ocre
clair; le reste du plumage d’un blanc de lait, à
l’exception des rémiges et de l’aile bâtarde qui sont
noires; bec d’un bleu cendré à sa base, mais blanc
a la pointe, membrane nue qui entoure les yeux
d’un bleuâtre clair; la membrane qui forme le prolongement
de l’ouverture du bec et celle qui s’étend
sur le milieu de la gorge d’un bleu noirâtre ;
iris jaune; partie supérieure des doigts et devant