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seconde articulation par des membranes profondément
découpées ; doigt postérieur long, portant à
terre. Ailes médiocres, amples; la i re. rémige à
peu près de la longueur de la 2e., qui est la plus
longue.
Les Spatules vivent en société dans les marais boisés,,
non loin de l’embouchure des fleuves; on les voit rarement
sur les bords de la mer; ils se nourrissent de très-
petits poissons, de frai et de petits coquillages fluviati-
les , ainsi que de petits reptiles et d’insectes aquatiques.
Ils nichent, suivant la localité, sur des arbres de haute-
futaie, sur les buissons ou dans les joncs ; leur mue est
simple et ordinaire , mais le jeune oiseau ne prend la
livrée stable de l’adulte qu’à la troisième année ; le bec se
développe lentement ët paraît couvert d’une membrane
dans le jeune âge; la huppe paraît à la seconde année ;
les sexes se distinguent à l’extérieur, mais par des caractères
peu marqués.
Remarque. La Spatule rose d’Amérique, est presque
totalement blanche dans le jeune âge ; elle se distingue
facilement en cet état par le bec plus court, jaunâtre , par
la nudité de toute la face et par ses pieds bruns ; le jeune
de cette espèce se revêt de la livrée rose à peu près de la
même manière que le jeune Fldmmant, le rouge paraissant
en premier sur les aîles. La Spatule huppée et la
Spatule blanche de Luçon, voyez Sonnerat, voyag.
t. 5a et 5i , dont l’une adulte et l’autre jeune, forment
une troisième espèce distincte et bien caractérisée dans ce
genre ; la Platalea pygmea des systèmes, forme un
genre distinct voisin du genre Tringa. M. Nilson, qui
a vu l’oiseau qui a servi de type à Linné, lui a donné le
nom de Eurynorhynchus griseus. Je n’ai jamais eu
occasion de voir cette espèce, qui n’est point un oiseau
d’Europe.
SPATULE BLANCHE.
P L A T A L E A L EÜCORODIA. (Liww.)
Une huppe très-toiffue, très-longue, a plumes
déliées et subulées orne Vocciput *.
Tout le plumage d’un blanc pur, à l’exception de
celui de la poitrine, où se dessine un large plastron
d’un jaune roussâtre; les extrémités de ce plastron
remontent en une bande sur le haut du dos et s’y
réunissent ; nudité des yeux et de la gorge d’un
jaune p â le , mais faiblement teint de rouge sur Je
bas de la gorge ; bec noir, mais bleuâtre dans le
creux des sillons , pointe d’un jaune d’ocre ; iris
rouge ; pieds noirs. Longueur totale, 2 pieds 6 pouces.
Longueur du bec, 8 pouces 6 lignes. Les très-vieux
mâles.
Les vieilles fem elles, ont des dimensions moins
fortes ; la huppe est moins ample et moins longue ;
le plastron jaune roussâtre n’est que très-faiblement
indiqué.
P1 atalea LEucoRODiA. Gmel. Syst. i. p. 6i 3. sp. 1 . --
Lath. Ind. v. 2. p. 667. sp. 1. — La Spatule. Buff. Ois.
v. 7. p. 448. — Id. pl. enl. 4o5. — Gérard. Tab. élém.
v. 2. p. 161. — White spoonbill. Lath. Syn. v. 5. p. i 3.
— Id. supp. v. 1. p. 66. — Pellicano volgahm. Stor.
degl. ucc. v. 4- pl- 4^7* — Weisser loffler. Bechst. Na-
turg. Peut. v. 4- p- 4- t. 17. — Meyer, Tasschenb. v.
* M. Cuvier donne une petite huppe occipitale à la spatule, ce
ce qui fait présumer que ce savant n’a jamais vu des individus
adultes.