
x P R É F A C E .
vrai, de brillans romanciers, de longues études de cabinet, que nul ne pré-
tendoit avoir faites en pure perte; mais je venois les prcuVes à la main.
J’ouvris aussi un cabinet d’histoire naturelle ; j’y déposai les nombreux
individus que j’avois été chercher à quatre mille lieues de Paris. Cette ville
entière, et tout ce qu’elle renferme d’étrangers, fut à même de juger de
mes travaux, et de comparer mes observations aux observations consacrées
dos un long-tems dans la collection de mes nombreux oiseaux. Plus de cinq
cents individus nouveaux ou faussement décrits , déposoient contre l’ignorance
ou le charlatanisme; je soulevai l’un et l’autre contre moi. Depuis
dix ans, ils ne m’ont point quitté. Je n’ai recueilli d’autre prix de mes fatigues,
demos efforts et de mes dépenses, que l’honneur de leur être constamment
en butte ; et je n’ai pas manqué de les trouver dans mon chemin
toutes les lois qu’ils ont pu me nuire, soit directement, soit indirectement.
Cependant cette révolution qui, dit-on, remet chaque chose et chacun
a sa place, n etoit pas encore eclose, que le gouvernement, par le seul
moyen qui nous romint >, tnns deux, voulut me dédommager do mes
dépenses. Il lut même déjà convenu que mon cabinet scroll déposé au
Muséum d’histoire naturelle , et qu’il me seroit payé do mille livres, outre
une pension qui me seroit faite à titre d’indemnité. C’est dans cet
, instant que naquirent les premiers élans de la liberté ; cédant avec transport
aux efforts naissans de cette fille chérie de la nature , j’oubliai bientôt
mon intérêt partcirliei-pouf he-plus oongm luméiée gêné,-al ; et je remis
à d’autres tems le soin de ma fortune entièrement négligée jusqu’alors.
Lors de l’assemblée constituante, le gouvernement parut un moment vouloir
remplir, à mon égard, les mêmes engagemens; mais ayant une antlpa-
iliie insurmontable pour les sollicitations , et n’ayant sur-tout point do ces
puissans protecteurs , si nécessaires à ceux qui veulent réussir, je fus bientôt
oublié. L ’assemblée législative vint à son tour, et fut sur le point de
réparer les retards d’une équitable indemnité ; mais l’assemblée législative
s endoimit également dans sa justice. Enfin, la convention nationale,
pins puissante et plus expéditive, sembla se proposer de réparer les torts
qu’on m’avoit fait éprouver jusqu’alors. La plus grande partie des membres
du comité d’instruction publique virent mon cabinet; des commissaires
furent nommés pour le visiter; la commission temporaire des arts
fut elle-même saisie de cette affaire; les citoyens Richard et Lamarck firent
un rapport à ce sujet; enfin, aucun moyen économique d’entrer en
P R E F A C E .
possession dos seules richesses que je possédasse an monde no fut néglinÎ
Mais des ailaires pins intéressantes sans doute, firent oublier la nüLito'
Ayant cent une lettre an comité pour la lui rappeler, on parla de faire
iaire i estimation de mon cabinet. ESTIMER u n >, I ■ r -, ,
concction 1 qui m w coûté trente ans de : l u ^ ^
courses dans les déserts brûla,is de l’Afrique, et pour laquelle je ne dÎ
mandois pas la vingtième partie de la valeur; puisque, m i r é les r.
des tems et la différence des besoins, la somme offerte en 1785 é o r cd le
que ,e dcmandois encore an gouvernement en 1 yqd. . p ,■
somme, malgré sa modicité, est restée dans les trésors de I ' ' ' "
cabinet est toujonre en mon pouvoir, et va
gcr ou etre dispersé, car ma fortune ne me permet plus do le garder
Un autre espoir m’occupe aujourd’hui entièremonf , e
— . . . . „u. ,..7 ;:;;:;:?
donnerai mes oiseaux à l’Europe entière : j’en ai multiplié les „ 1
edelement peints, et aussi fidèlement décrits; ils seront pour les H
t p ur les savuns une propriété plus précieuse; ils p oL on t les cons7
ter es visrter à toute heure ; les originaux sortiroient en vain de
non décrites que j’ai t r l é e : l : i “ : : ; 1 1 1 : ! ! “ ^
r i : : ; : i ; ^ ’cù je h ! ^ l
indication I p p l l t Z i Z l T Z ' ' T
placés en tctp fîp 1 numéros qui sont
l’cspêce dont je d l l o l d : ! ; ! “ '’ “ ' “ * '