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corbeaux. Cependant, quand ils sont attirés par quelques cadavres, on les
trouve quelquefois au nombre de huit à dix réunis ; mais dans d’autres
momens il est rare d’en voir plus de deux ensemble. L e mâle et la femelle
ne se quittent jamais ; ils construisent leur nid dans les rochers. Les Hottentots
m’ont assuré que la ponte étoit de trois et quelquefois de quatre
oeufs ; ce que je n’ai jamais pu vérilier.
J’ai trouvé ces oiseaux dans les landes stériles du Karow et du Camde-
boo; je les ai vu aussi dans le pays ' d’Auteniquoi, mais très-rarement,
ainsi que dans les environs du Cap. En revanche, ils sont fort communs
chez les Petits Namaquois, et en bien plus grand nombre encore sur les
bords de la rivière d’Orange, et chez les Grands Namaquois.
Ce.s nloaaux .snnt fcrauches. et .se laisse«! facilement approcher
par le chasseur; mais il faut les tirer avec du très-gros plomb, pour les
faire tomber sur le coup. J ’étols presque toujours obligé de les faire suivre
après les avoir blessés , parce qu’ils alloient mourir quelquefois fort loin du
lieu où je les avois tirés. Je n’al pas campé une seule fois chez les Nama-
quois^ que je n’aie été visité, tout le long du jour, par ces oiseaux. H
m’arrivoit de tirer plusieurs fois sur le même, et de le blesser vigoureusement
, sans que cela le rebutât ; car il revenoit toujours à la charge , pour
nous dérober la viande que nous faisions sécher ou fumer en plein air.
Faute de chair, l’Ourlgourap se nourrit de lésards et de petits serpens; il ne
rebute même pas les vers de terre et les insectes qui recherchent la fiente
des bestiaux. Enfin, il s’accommode de tout, et je ne lui ai même quelquefois
trouvé dans le jabot que des excrémens de boeuf ou d’autres ani-
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L ’Ourlgourap est plus fort que nos plus grandes buses. Sa queue est
toujours usée par le bout; ce qui provient du frottement qu’éprouve cette
partie dans les différens mouvemens de l ’oiseau, qui se pose souvent à
terre, et se retire tous les soirs dans les rochers pour y passer la nuit.
I l est indubitable que l’Ourigourap des Hottentots est le même oiseau
que le petit vautour de Buffon (1 ) , ou le vautour à tête blanche de Bris-
son. J’ai cru pouvoir changer ces deux noms, parce que premièrement
celui de petit vautour ne lui convient point, puisqu’il y a des vautours
encore plus petits. Celui de vautour à tête blanche est très-impropre ; car,
en effet, sa tête n’est pas blanche, comme on peut le voir. Je crois faire
plaisir en donnant une figure parfaite de l ’Ourigourap , puisque, dans les
( i) Voyez les planches enluminées, N°. 4
vautour de Norwège.
Tome 1.
9 , où cet oiseau est très-mal figuré, s
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