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à coups (le fus!!; parce qu'il est impossible de le suivre assez de tems pour
le viser dans l'obscurité : et sans le plus heureux des hasards, j’aurois probablement
quitté l’Afrique sans avoir pu me procurer cette charmante
espèce, J’étois campé dans le pays d’Auteniquoi ; mes tentes etoient placées
à l’entrée de la forêt, et régulièrement tous les soirs nous voyions
voler près de nous deux oiseaux auxquels j’avois en vain tire au hasard
iilus de trois cents coups de fusil pendant fespace il’un mois. Nous étions
parvenus précisément dans cet instant où les pluies continuelles non s aj ant
inondés et mouillés de toutes parts, nous saisîmes un jour de soleil pour
faire sécher tous nos effets moisis par l’iiumidité ; j’avois de meme lait
étendre à terre un filet de cailles pour le préserver; heureusement que, par
la iiéHigence de mes Hottentots. ce filet resta tendu toute la mut, de sorte
que le matin, eu passant auprès pour aller chasser, j’apperçus mes deux
oiseaux qui s’y étoient empêtrés, soit en rasant la terre, comme je leiii
avois vu faire pour attraper les insectes dont ils se nourrissent, soit peut-
être en voulant saisir ceux qui s’y étoient etix-méines engages, les debarrassai
du filet, bien content d’avoir en ma possession ces deux jolis
oiseaux, que je me cloutai bien être ceux tpu m avoient deja tant conte
de poudre et de plomb si inutilement. Je les iis mettre dans une cage, ou
ils moururent au bout de trois jours, ayant constamment refusé de prendre
aucune nourriture. J’étois certain qne ces deux oiseaux etoient précisément
les mêmes que j’avois en vain guettés si long-tems; car depuis
cet instant il n’en reparut pas d’autres.
Quelques tems après, étant cam-pè à Pampoen-kraal. j apperçus un
autte couple de ces mêmes oiseaux, cpte j’attrappai de a meme mamere,
en laissant mon filet tendu toute la nuit. Mais eomme les deux premiers
s’étoient beaucoup salis dans la cage, je tuai et préparai aussitôt ces deux
derniers. J'ai donné le portrait du mille, de grandeur nature le , dans la
planche N*. 38. La femelle, un peu plus petite, ne differoit de son maie
que par le blanc moins pur du dessous du corps. Je n’ai trouve dans leur
estomac que des débris d’insectes et des os d’une espèce de petite grenouille
très-commune . .qui se tient sur les arbres et les buissons Dans
aucun tems, je n’ai vu ni entendu ces oiseaux que la nuit. Edwards nous
apprend que le bawk-owl chasse et vole en plein jour; ce que ne fait abso-
liilen t point l ’espèce que ,’ai décrite. J’assure même ne lavoir jamais
rencontrée ni apperçue pendant le jour, malgré toutes les recberelies que
j’en ai faites. Mais il m’arrivoit très-souvent de faire lever tous les autres
oiseaux de nuit : preuve certaine du soin avec lequel se cache celui dont
nous parlons. Cela me porte assez à croire que cette espèce se retire dans
des tiFis d’arbres, 11 est probable qu’elle y pond aussi comme me I on
certifié tous mes Hottentots, qui m’ont même dit que leurs oeufs otoie
blancs. Je ne l’assurerai pas, ne les y ayant point vus; mais a une odeur
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très-parficulière qu’ont en général tous les oiseaux qui sc retirent dans
(les trous d'arbres, et cjue j’ai remarquée à ceux-ci, J'ai tout lieu de pré-
snnier qu’en effet ils ont la même habitude (i).
Je n’ai trouvé le Choucou que dans le pays d’Auteniquoi. J’ai aussi
apperçu mainte fois, vers le Sondag et le Swarte-kop, ainsi que dans l’intérieur
des terres, pendant le retour de mon premier voyage, pinsieurs
oiseaux voler le soir précisément de la même manière et avec ia même
vitesse cpie le Choucou; mais ceux-ci m’ont paru être an moins le double
plus grands. N'ayant pu parvenir à tuer, ni à prendre un individu de cette
espèce, quoique j’aie tendu mon filet exprès, comme par le passé, je ne
puis en dire rien de plus. Il est à présumer cependant que ces oiseaux de
nuit appartiennent aussi à la même famille, et qu’ils formeront une quatrième
espèce à ajouter au caparacochx de la haie de Hudson, au Choucou
d'Auteniquoi et à la chouette à longue queue de Sibérie.
Ce que j’ai dit de la rapidité du vol de ces oiseaux, apperçus vers le
Sondag et ie Swarte-kop, prouve qu’ou ne peut raisonnablement les
soupçonner d’être une espèce d’engoulevent. Ces derniers ayant le vol
bien moins rapide et plus analogue enfin à celui des chouettes.
Pendant l’action du vol, le Choucou est très-criard. On l’entend sans
cesse répéter, d’une voix pincharde, les syllabes cri-cri-cri— cri-cri-cri—
cri-cri-cri, qu’il précipite d’une manière remarquable lorsqu’il passe près
de l’homme ou d’un animal quelconque. Ces oiseaux sont peu farouches;
ils m’approchoient de si près en volant, que je sentois, sur mon visai^e, le
vent de leurs aîles. Les deux premiers Choucous, que j’ai gardé vivans
l’espace de trois jours, restoient très-tranquilles pendant la journée; mais
en revanche ils étoient en mouvement toute la nuit. La grande lumière
paroissoit les gêner beaucoup, et lorsqu’il m’arrivoit de les placer au soleil,
je les voyois tout aussitôt fermer leurs yeux et cacher leur tète.
(i) Il Ji’est pas douteux que les oiseaux qui nichent et se retiient dans des trous d’arbres, ont
une odeur particulière qu’on ne trouve absolument pas dans les autres oiseaux. Eu mettant sous
son nez un de nos pics et en même tems un autre oiseau, on se convaincra facilement de la vérité
de mon observation. Les oiseaux de mer exhalent aussi une mauvaise odeur huileuse très-distluctlve;
lieiidant que les sucriers et les guêpiers sont, au contraire, parfumés d’une manière fort agréable,
et que les inanins-pêcheurs sentent le poisson cru. J’observerai que ceci n’a lieu que pour les
oiseaux vivans ou nouvellement tués; car dans nos cabinets on conçoit bien que lo camphre et
les drogues qui servent à leur préparation doivent avoir détérioré et changé les odeurs naturelles
de chaque espèce.
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