
La couleur générale de cet oiseau est d’un brun sombre, plus clair sur le
cou et la poitrine, et plus foncé au ventre, et sur tout le manteau. Les
culottes, ou longues plumes des jambes, sont mêlées de blanc; le duvet qui
tapisse le tarse dans toute sa longueur, jusqu’à la naissance des doigts, est
encore plus mêlé de cette dernière couleur. Les grandes pennes sont d’uii
noir rembruni, et on apperçoit du blanc dans irne partie du milieu de leurs
barbes extérieures ; toutes les autres pennes de l’aîle sont ondées d’un léger
gns-brun et de blanc, ainsi que toutes celles de la queue, dont le bout
est entièrement d’un brun-noir. Cette queue est tant soit peu arrondie. Les
doigts sont jaunâtres; le bec est couleur de corne; l’iris est d’un jaune
plus ou moins foncé suivant l’âge de l’oiseau ; les ongles sont d’un noir
luisant. Je n’ai rencontré cette espèce que dans le pays d’Auteniquoi et
dans la Caffrerie.
Le Huppard construit son nid sur les arbres, et le garnit de plumes ou
de lame en dedans. La femelle pond deux oeufs , presque ronds, tachetés
de brun-roux : elle est plus forte que son mâle ; sa couleur est moins foncée
, et sa huppe moins longue. Elle a aussi plus de blanc dans ses culottes,
et sa tete porte quelques petites taches blanches vers les yeux et sur le sommet
de la tete. On est sûr de trouver le mâle et la femelle ensemble et toujours
dans le même canton.
Le cri du Huppard ne produit qu’un son plaintif, que l’on entend fort
rarement, à moins qu’il ne soitàJa poursuite de quelques corbeaux, oiseaux
auxquels il fait une guerre opiniâtre, quand ils s’approchent trop près de
son nid. C’est sur-tout à l’espèce que j’ai nommée corbivau, qu’il paroît le
plus acharné, parce que ceux-ci, mieux armés et plus entreprenans, osent
souvent attaquer cet aigle pour se saisir de sa proie; en nombre, ils cherchent
même à s’emparer de son aire, pour dévorer ses oeufs ou ses petits.
Il arrive même maintes fois que toute la couvée devient la proie de ces corbeaux
voleurs ; mais ce n’est jamais qu’excédé par le grand nombre, et
après une défense opiniâtre, qui a coûté la vie à plus d’un corbivau, que
le malheureux couple se voit réduit à laisser enlever et dévorer les membres
épars et palpitans de ses chers aiglons, souvent trop foibles encore
pour s’être défendus autrement que par les cris du désespoir.
Les jeunes Huppards sont d’abord couverts d’un duvet gris-blanc, qui
peu à peu est remplacé par des plumes brunâtres, bordées de roux.' J’ai
été à portée d’examiner trois nids de Huppard ; je n’y ai jamais trouvé que
deux petits, dont toujours l’un étoit mâle et l’autre femelle ; ce qui étoit
Hcile à remarquer à la différence de leur taille. Au sortir du nid, la huppe
est déjà apparente dans le mâle.