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(jiuukI ils sont occupés à cette fonction, ils ne se (lérangent rpie lorscpi’on
est prêt à mettre le pied sur ettx; peur peu même cpi’oil ait l’air de passer
à coté, ils lie bougent pas, aussi n’ai-je jamais inaïupté de tuer d’un coup
de baguette l’engoulevent dont j’avois découvert les oeufs; il me suffisoit
pour cela de prendre ma direction do manière à passer seulement à deux
pieds d’eux, et de bien ajuster l’oiseau eu passant. Quand je ne touchois
pas aux oeufs, je les retrouvois toujours à la même ¡ilace, mais s’il m'arri-
voit de les manier, l’oiseau les tramsportoit ailleurs, et jamais il ne m’est
arrivé de retrouver dans lesiiicmes environs ceux qin avoient été dérangés
déplacé. Curieux d’observer la manière dont ces oiseaux s’y prenoient
pour faire ce déplacement, je montai un jour sur uu arbre à portée de deux
oeufs cpie je venois de découvrir dans le milieu d’iiii sentier très-étroit, et
que je maniai exprès. L'oisean qui le premier revint pour se mettre dessus,
et que je reconnus pour être la femelle, se posa d’abord à terre à quelque
distance des oeufs dont elle s’approclia en avançant de quelques pas; mais
s’étant apperçue qu’ils avoient été toncbés, elle en fit plusieurs fois le
tour, ayant la téte appuyée le plus près qu’d étoit possible dos oeufs; de
manière qu’elle marclioit de coté. Lorsque cette opération fut faite, elle
fit plusieurs cris en battant des aîles et de la queue, en meme tems qu’elle
avoit la poitrine appuyée sur la terre. A ces accens le mâle arriva aussitôt,
se posa à côté de sa femelle, et se mit à répéter les mêmes cris et les mêmes
mouvemens. Après quoi tournant l’un et l’autre â plusieurs reprises autour
des oeufs, ils s’en saisirent cliacun d’un qu’ils prirent dans leur bouche,
et disparurent tous deux. J’espérois retrouver la couvée âquelquedistance
sur le même sentier, mais malgré toutes mes recherches, et quoique j’eusse
suivi le sentier à travers la forêt entière, je ue retrouvai iii les oiseaux, ni
les oeufs que j’aurois certainement recoiiims, ayant bien examiné l’un d’eux
sur lequel il y avoit une petite tache de sang fort remarquable.
Les oeufs de cet oiseau sont entièrement blancs et d’une fragilité étonnante;
leur coquille est même si mince qu’on les casse pour peu qu’on
les manie sans précaution. Je n’ai jamais vu ceux de notre engoulevent
d’Europe, mais s’ils sont aussi fragiles que ceux du petit engoulevent
d’Afrique, je doute beaucoup que ce soit seulement en les poussant du
bec, comme on le d it, que cliez nous ces oiseaux les changent de place
quand on les a dérangés dans leur ponte.
Je n’ai point vu l’Engoulevent à collier- dans les environs du Cap. Eu
revanche il est très-connit sur les bords du Gamtoos , flans le pays d'Au-
teiii(|uoi et notamment vers la baie Lagoa ou Bletteiiberg. J’en ai tii’é eu
deux soirées neuf, tant mâles que femelles, autour du parc des moutons
d’une habitation du colon Critsinger, que j’ai trouvé établi près de cette
baie , sur les bords du ’Witte-Drift. J’ai revu encore la même espèce sur
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les rives du Swartc-Kop, du Sondag, et dans les bois fie mimosas du
Camdeboo. Dans ce dernier canton les babitaus lui tlonnoieiit le nom fie
Nagi-uyltjù (petite cliouette fie nuit). Ces oiseaux ne se nourrissent
absolument que d’insectes, et notamment de ceux du genre des bouziors;
et j’al très-bien remarqué qu’ils se posoieiit à terre pour s’cn saisir. Il se
peut, et il est même probable qu’ils eu attrappeiit aiKssi en volant, mais
j’ose assurer qu’ils en prennent beaucoup moins de cette manière. Les
insectes dont ils se saisissent en volant sont la plupart très-petits, et restent
empêtrés dans une salive épaisse, gluante et lôrt abontlante, qui les retient
à mesure qu’ils sont pris. Il paroît même que ce n’est que lorsqu’il y en a
un certain nombre d’englués qu’ils sont avalés en masse; car je n’ai point
lue de ces oiseaux qne je n’aie trouvé contre tous les parois de leur palais
beaucoup de très-petits insectes, dont souvent les plus apparens n’étoient
pas plus gros qn’uii puceron ou une puce. Ceci prouve d’une manière
incontestable l’excellence de la vue de ces oiseaux, puisque dans l’obscurité
ils peuvent voir d’aussi petits objets, qui écbapperoieut, en plein jour, à
la meilleure vue d’iiomme. I.es gros insectes sont avalés aussitôt qu’ils sont
pris, et même entiers et tout en vie.
La conformation des piefls courts de cet oiseau, jointe à ce qu’il a de
très-joetits doigts, l'oblige à se poser préférablement àterreplutôt que snr
les arbres: cepeitflant lorsqu’il s’y perche, c’est toujours sur les branches
basses et les plus horisontales, parce qu’il y trouve le mciiie â-plomb, et
commeilaime âavoirla queue appuyée,lorsquelabrancbeneluiprésente
pas une surface assez grande dans salargeur, il se pose suivant sa longueur.
11 est probable que cette habitude est commune â toutes les espèces de ce
genre. Au reste, les engoulevens ne sont pas les seuls oiseaux à qui cela
arrive; les perroquets et beaucoup d’autres oiseaux ont la même babitutle,
notamment les oiseaux deprole qui quelquefois se reposent de même. On
voit encore très-souvent les tourterelles marcher sur une des grosses
branches basses d’un arbre, et la suivre dans toute sa longueur, pour peu
qu’elle soit inclinée.
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