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tête, que cet oiseau y cache en la rentrant dans ses épaules. Les plumes
qui couvrent les jambes descendent un peu sur le tarse par devant. Les
écailles larges qui couvrent les pieds et les doigts, sont brunâtres. Les
ongles ont une couleur de corne noirâtre , ainsi que le hec. L ’oeil est d’un
brim foncé. Le mâle et la femelle diffèrent peu l’un de l’autre ; et je n’ai
jamais vu qu’une très-petite différence dans leurs tailles ; seulement le mâle
est tm peu moins fort; mais il s’en faut de beaucoup qu’il y ait cette grande
disproportion qu’on remarque entre les deux sexes dans presque tous les
autres oiseaux de proie.
Le Chasse-fiente se retire dans les rochers sur les plus hautes montagnes.
Toute cette chaîne de monts entassés qui couvrent la pointe de
l’Afrique, depuis la ville du Cap jusqu’à la baie Falso, en recèle une
très-grande quantité. C’est de-là, qu’ils s’échappent pour se répandre sur
toutes les habitations des environs , où ils trouvent en abondance de quoi
satisfaire leur faim, parce que les terres du voisinage de la ville étant très-
arides , sont peu propres à la nourriture des bestiaux, qui y périssent fort
fréquemment faute de sttbslstance ; aussi rencontre-t-on toujours sur les
routes plusieurs boeufs morts qu’on a abandonnés sur les chemins ; il est
même fort heureu.x p o u r lo» h.ahitans paresseux de ces contrées, que les vautours
les délivrent de ces cadavres infects. J'ai vu ces oiseaux descendre
jusqu’à l’entrée des boucheries, pour se repaître des têtes et des intestins des
animaux qu’on y égorge, et qu’on a la mauvaise habitude de jeter devant la
porte. Lo Chasse-fiente fréquente aussi beaucoup les bords de la mer, où
les hahitans font porter toutes les vidanges des maisons. Ils y sont attirés
de même par tout ce qui se jette des vaisseaux qui sont en rade , ainsi que
par les coquilles, crabes et poissons morts que la mer vomit de son sein.
C’est probablement cette abondance de nourriture , qui a si fort multiplié
dans la colonie du Cap l’espèce du Chasse-fiente, qui y est beaucoup plus
nombreuse que celle de l’oricou.
Je sais, par l’expérience que j’en ai faite, que le Cbasse-fiente peut vivre
long-tenus .s.an.s prendre de Tiourritnre ; c.ar .ayant pri.s deux de ces oiseaux
en vie, un jour qu’un grand vent de sud-est en avoit abattu plusieurs dans
les rues du Cap , je voulus les laisser mourir de faim, pour les faire maigrir
; parce qu’en général ces oiseaux sont excessivement gras. Je les fis
mettre , à cet effet, dans une grande cage à poulets, sans leur donner aucune
nourriture. Au bout de quelque tems , j’en tuai un que je trouvai encore
trop gras. Après cela, je laissai jeûner l’autre plusmurs jours; mais
le voyant affoibll, et le croyant assez maigre, je le tuai : je fus fort étonné
de lui trouver encore trop de graisse quand je le préparai.
Cc que j’ai dit des moeurs de l’oricou convient parfaitement au Chasse-
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fiente , qui a les mêmes babitudcs. Cette espèce est, comme je l’ai remarqué
, infiniment plus multipliée que l’autre, quoique les femelles pondent le
même nombre d’oeufs; ceux du Chasse-fiente sont d’un blanc bleuâtre. Ces
oiseaux étant d’une couleur plus apparente que celle de l’oricou, on les
distingue mieux quand ils sont perchés sur les rochers à l’entrée de leurs
retraites, où on les apperçoit comme autant de taches blanches. C’est un
fort joli coup - d’oeil que de voir une troupe de ces oiseaux qui couvrent
entièrement toute une chaîne de montagnes ; il suffît alors de leur tirer un
coup de carabine à balle, pour les voir tous reprendre pesamment leur vol
et tournoyer ensuite dans l’air. Dans les déserts, où les vautours ne trouvent
pas toujours des cadavres en abondance, ils se nourrissent de tout ce
qu’ils peuvent rencontrer. J’en ai tué qui n’avoient dans le jabot que des
morceaux d’écorce d’arbre ou de la terre glaise, souvent même que des os
entiers sur lesquels il n’y avoit pas la moindre chair, et quelquefois aussi
leur jabot n’est rempli que de fiente d’animaux. Les Sauvages m’ont assuré
que quand les vautours sont pressés par le besoin, ils dévorent réciproquement
leurs petits, et même les leurs propres; mais je n’ai jamais été à même
de vérifier ce fait, ainsi je ne l’assure pas. Les tortues de terre et les buccins
terrestres du Cap, que ces oiseaux avalent tout entier, sont pour eux
une proie fort délicate; ils se jettcu.t auoii oui cca nuocs de suuierelles,
dont j’al dans mes voyages.
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