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D U B A T E L E U R. s ,
cliarmante contrée, sans qu’il ne me soit arrivé d’en voir pinsieurs cou-
pies. Le mâie et ia femeiie ne se quittent jamais , et rarement les apper-
çûit-on l’un sans l’autre.
Si la queue très-courte de cet oiseau le distingue des autres oiseaux de
proie, ses couleurs très-marquées aideront encore à ne pas le faire confondre
avec d’autres espèces voisines. Le Bateleur est d’une grosseur mitoyenne
entre l’orfraie et notre balbusard. Son bec et ses serres sont noires ;
la base dn bec est jaunâtre ; les pieds sont d’un brun jaunâtre , couverts de
larges écailles; la tête; le non, tuur U â »™ . « H dessous du corps sont
d’un beau noir mat, sur lequel tranche fortement la couleur d’un roux
foncé, qnl est celle du dos et de la queue; les scapulaires sont d’un noir
lavé, prenant, à certain jour, une teinte d’un gris bleuâtre; toutes les
petites couvertures des ailes sont d’un fauve Isabelle ; toutes les pennes de
l ’aile sont noires dans leurs barbes intérieures, et sont llserées extérieurement
d’un gris argentin; de manière que quand l’aile est ployée, elle paroît
en grande partie être de cette dernière couleur. L ’oeil est d’un brun foncé.
La fcmolle est d’un quart plus forte que le mâle, et ses couleurs ont, en
général, un ton pins foible.
Le Bateleur bâtit son nid sur les arbres; la femelle pond trois ou quatre
oeufs, qni sont entièrement blancs ; c’est du moins ce que m’ont assuré
les colons des cantons qu’habitent ces oiseaux; car je n’en ai jamais vu la
ponte. Quant aux jeunes, j’en al tué plusieurs : dans cet état, ils sont si dif-
Icrens des vieux par leurs couleurs, que, si je ne les avois pas tués pendant
qne lepóre et la mère leur donnoicnt encore à manger, quoiqu’ils hissent
aussi forts qu’eux, et si, en les disséquant, je ne les avois reconnus pour
être de jeunes ràou-nx, il est oei-mlu que je les aurois pris pour une seconde
espèce du même genre. Lorsque je les apperçus , ils étoient au
nombre de six, tous perchés sur un très-gros arbre, qui portait l’aire où
probablement les quatre petits étoient éclos. J’abattis d’abord le père et
la mère , après quoi je parvins à tuer trois dos jeunes, et ne pus joindre le
quatrième, qui s’étolt envolé trop loin dans le bois. Parmi ces trois jeunes
je reconnus , à la dissection, un mâle et deux femelles ; et il est plus que
probable que celui qui m’échappa étoit un second mâle. Les trois jeunes
Bateleurs portaient exactement la même livrée, telle qu’on peut la voir
dans la planche 8, où j’ai hüt représenter l’une des jeunes femelles. J’al tué,
quelques mois après, d’autres jeunes oiseaux de la même espèce, mais plus
avancés en âge ; Ils portaient déjà beaucoup de plumes rousses sur le croupion
; sur toute la tête et le dessous du corps poussoient aussi plusieurs
plumes noires. Il paroît donc que ce n’est qu’à la troisième mue que le Bateleur
prend entièrement sa belle livrée, telle qu’on la voit dans notre
planche onliimiiiée, N ”. 7.
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