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lées, recouvertes de poils roux en-dessus; pétales obovales ou elliptiques,
onguiculés, laissant de petits intervalles entre eux.
F r u it mûrissant en hiver, gros, pyriforme, ventru on arrondi, plus
ou moins bosselé; pédoncule gros, droit ou arqué, renflé à son insertion
sur le fruit, clans lequel il s’enfonce un peu, brun ou olivâtre,
lisse ou parsemé.de lenticelles; peau épaisse, jaune do Naples
vif, lisse sans être brillante, parsemée de gros points entremêlés de
quelques marbrures et présentant parfois une petite tache brune
autour (lu pédoncule, ainsi qu’une légère teinte orangée du côté du
soleil; oeii placé au milieu d’une dépression peu profonde, entourée
de fines zones concentriques et de taches fauves squammeuses; à di-
nsions conniventes, glabres, accompagnées de très-petites bosses;
coeur très-large, dessinant une sorte de losange sur la coupe longitudinale
du fruit, entouré de granulations; loges très-grandes; pépins
bnin-acajou ou noirâtres, souvent avortés; lacune centrale très-
large et communiquant avec les loges.
CiiAiR b lan c h â tre , ca ssante ou d em i-c a s s an te , p eu ju te u s e , su c ré e ,
laissan t d u m arc d a n s la b o u ch e , trè s -r a r em e n t demi-fo n d an te.
Ce beau fruit, à mon avis, doit être plutôt placé dans la catégorie
des poires â cuire que parmi les fruits à couteau, où on a voulu le
classer. Je lui ai conservé le nom sous lequel il a été s ig n a lé en l8 3 S ( J)
par M. Barthère, et plus tard mis en vente avec l’annonce suivante :
« Cette excellente poire, véritable Duchesse d ’hiver, obtenue de semis,
recommandée par le Comité pomologique (de Toulouse) et couronnée
d ’une médaille d’argent, réunit à la grosseur et à la saveur le
mérite de prolonger sa maturité jusqu’en mars. »
Malgré cette première annonce, les pépiniéristes de Toulouse ont
tout autant varié sur l’origine de ce poirier que sur les qualités de
(I) Prem. sess. du Comité pomol., Soc. hort. du dép. de la Hante-Garonne, p. i ; .
I \ TARDIVE DE TOULOUSE.
son fruit; ainsi M. Lëon Rey assure {!) qu’il est cultivé près d ’uii village
nommé Cierps, près de Lu d io n , dans les Pyrénées, tandis que
M. Barthère affirme (en 1862) qu ’ilPa découvert en 18IS aux environs
de Calmont, arrondissement de Villefranche (Ilaute-Garonne),
et que l’arbre primitif, âgé de quinze à vingt ans, s’y trouve encore
dans une haie (2).
Le Congrès pomologique lui-même n’a pas une opinion plus
explicite, ainsi qu ’on en peut juger par le procès-verbal de la session
q u ’il a tenue à Nantes le 26 septembre 186-4, et dans lequel on lit :
« La commission demande le maintien à l’étude de la Poire tardive de
Toulouse. M. Jarain s’y oppose en disant qu’il n ’a jamais pu avoir
cette variété à sa parfaite maturité, qu ’elle se tache toujours et que
la cliair en est coriace. M. Willermoz dit qu’elle est de bonne conservation
et qu’il en a mangé en décembre. Un membre suppose que
c’est un accident du poirier/)uc/ie.wr d’Angoulême, et non une variété
p ropre, ce que n ’admet pas M. Audusson, qui a vu l’arbre chargé
de fruits, » etc...
Les personnes qui voudraient donc encore prendre une connaissance
plus complète, mais non plus claire, après tout ce qui précède,
des articles relatifs à cette poire, pourront consulter la Revue horticole,
1861, p. 3 2 ; 18 6 2 , p. 4 2 , et le Journ.Soc. Uort. d elà Haute-Ga-
ronne, séance du 5 janvier 1862.
Voici la description que M. Carrière a donnée de cette poire, d’après les
renseignements qui lui avaient été fournis par M. Laujoulet:
(I La Duchesse d ’Angoulême n ’est certes point la meilleure poire d ’automne;
cependant la vigueur suffisante de l’arbre, sa fertilité soutenue, la
grosseur et la bonne qualité du fruit font à cette variété la plus large part
(1) Lettre à M. Carrière, en date du 2 février 1862,
(2) Journ. Soc. Hort., Paris, 1862, p. 762.
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