
p . DE SAINT-LÉZIN.
ordinairement muni d ’un bourrelet à son insertion et placé en dehors
de l ’axe du fruit, bru n olivâtre ou v e rt, assez lisse; peau jaune
olivâtre, opaque, un peu ru d e , parsemée de nombreux points fauves,
gercés, inégaux, légèrement teintée de fauve dans le voisinage du
pédoncule, et ne se colorant jamais en rouge du côté du soleil ; oeil à
fleur de fruit, entouré de petites côtes ou de petites bosses, à divisions
dressées, charnues à la base, glabres, entières ou tronquées à l ’extrémité;
coeur dessinant un losange allongé sur la coupe longitudinale
du f ru it, entouré de nombreuses granulations; loges moyennes;
pépins noirs; lacune centrale étroite, fibreuse.
Chair blanche, demi-cassante, assez fine; eau peu abondante,
sucrée, peu parfumée. — Fruit médiocre et qui a l ’inconvénient de
blettir très-vite.
Dom Claude Saint-Étienne a sig n a lé , sans les d é c rire , quatre
poires de Saint-Lézin : l’ordinaire, le petit, le vert et le gris, que
Merlet semble avoir le premier confondues. Depuis cette époque cette
variété a donné et donne encore lieu à de nombreuses discussions,
p a r la raison que la plupart des pomologistes l’ont confondue soit
avec la P. du Curé*, soit avec la Belle-Angevine, et q u ’enfin c e rtaines
descriptions ont été faites en empruntant à ces deux dernières
quelques-uns de leurs caractères. On aurait cependant évité toute méprise
si on eût jeté les yeux su r la description que Loiseleur-Deslongs-
champs nous a donnée en 1815 de la P. de Saint-Lézin ; en effet eUe
ne laisse rien à désirer sous le rapport de l ’exactitude et a été tracée
d après l ’ancien type conservé au Muséum. Je me bornerai donc à
reproduire les descriptions qui s ’appliquent rigoureusement au fruit
que Poiteau a pris pour modèle dans la note qu’il a publiée, en 1833,
dans les Annales de la Société d ’Horticulture de Paris.
C’est à to rt que l ’on réunit la P. Concombrine à la P. de Saint-Lézin.
' Espèce décrite pa r Duhamel sous le nom de Tarquín.
P. DE SAINT-LEZIN.
« Le mérite de la Poire de Saint-Lézin est dans sa grosseur; mais ce beau
fruit n ’est, quant au goût, qu’une espèc e très-médiocre ; il a souvent quatre
pouces et demi et plus de hauteur, sur trois pouces trois lignes dans son plus
grand diamètre, qui est au tiers de la hauteur, la partie du côté de la queue
diminuant graduellement de largeur. La queue, longue de seize à dix-huit
ligne s, s ’implante dans une petite cavité, dont l’un des côtés est souvent
relevé d ’une bosse remarquable; l’oe il, à l’extrémité opposée, se trouve à
fleur du fruit. La peau, d ’abord verte partout, devient im peu jaune en mû rissant;
elle est parsemée de petits points grisâtres, et elle prend quelquefois
une très-légère teinte de rouge du côté du soleil. La chair est un peu
ferme, n’ayant pas beaucoup de saveur, si ce n ’est un goût légèrement
acerbe. Les pépins sont très-allongés, presque noirs. Cette Poire mûrit à la
fin de septembre’ ou au commencement d’o c tob r e .» Loiseleur-Deslongsch..
Nouv. Duham., vol. VI, p. 214, pl. l xv i , fig. 3 [1813].
« Le fruit est constamment fort gros et fort allongé *. La peau est d’un
vert jaunâtre, tiquetée de beaucoup de points bruns; quelquefois la partie
qui tient à la queue est entièrement brune, La chair est tendre et se blettit
très-promptement; elle a des pierres autour des loges. L’eau est légèrement
sucrée et peu abondante. Cette Poire mûrit en novembre et se conserve à
peine jusqu’à la fin de décembre. Elle devient pâteuse en très-peu de temps
et sans saveur. Sa beauté est son principal mérite. » Poiteau, Pomol fran c
[1846].
« Le Poirier de Saint-Lézin est d’une vigueur Irès-ordinaire, et produit, à
l’endroit de la greffe, lorsqu’il est enté sur Coignassier, une nodosité d ’une
grosseur remarquable. Ses rameaux sont peu nombreux, très-gros et droits.
Leur couleur est le vert blond ou gris sur les parties ombragées, et le blond
roussâtre sur celles qui sont exposées au soleil. Ils sont parsemés de ienti-
celles gris-pâle. Les mérithalles sont inégaux, quelques-uns sont longs deux
ou trois rudiments de stries se trouvent au-dessous de chaque, oeil. Les yeux
sont triangulaires, aigus, un peu comprimés, ordinairement appliqués contre
le rameau, ils sont brun-marron noir. Ses feuilles sont grandes, larges,
ovales, aiguës. Leur pétiole est blanc, leurs bords latéraux un peu relevés,
la dentelure petite, très-peu profonde, souvent nulle à la base de certaines
* La figure publiée par Poiteau représente une variété complètement d ifférente du Saint-
Lezin, e t que je crois pouvoir rapp o rte ra i! Bon-Chrétien d ’Auch.