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qu eu e c h a rn u e , lég è rem en t a rq u é e , u n peu en foncée d an s le f ru it,
o rd in a irem en t renflée a u x d e u x b o u ts e t accom p ag n ée de p e tites
bosses à son in se rtio n su r le f ru it, d e co u leu r o liv â tre ou fauve;
p e a u d ’u n v e rt g à i, p a ssan t au jau n e -v e rd à tre à la m a tu r ité , lisse,
p a rsem ée d e petits po in ts fauves gercés e l d e m a rb ru re s ou taches
plus ou moins n om breuses d e même c o u le u r , quelque fois m arq u é e
d e b ru n p rè s d e la q u eu e , ainsi q u ’a u to u r d e l’oeii ; oe il o rd in a irem en t
placé d an s u n e d épression p a rco u ru e p a r d e légers sillons, ou p resq u e
à lleu r d u fruit e t placé un peu en d e h o rs de Taxe, à div isio n s p u-
b e s c e n le s, b la n c h â tre s , étalées au som m e t, c h a rn u e s à la base et
rap p ro ch é e s d e m an iè re à ferm er plus ou moins l’o u v e rtu re d u calyce,
p e rs is tan tes o u c a d u q u e s ; coe u r d e s sin a n t u n e so rte d e losange su r la
coupe lo n g itu d in a le du f ru it, b o rd é d e très-p etites g ran u la tio n s ; lac
une c e n tra le lin é a ire ; loges trè s -g ra n d e s ; p ép in s larg e s ou plu s ou
moins a v o rté s, étro its e t re co u rb é s au sommet.
C h a i r fe rm e, b la n c h â tre , à p ein e g r an u le u s e , trè s-ju teu se ; eau
su c ré e -ac id u lé e , p a rfum é e , très-ag réab le. F ru it d e première qualité.
Cette v a rié té , lo ngtem ps e t avec laiso n trè s -e s tim é e, a été a b a n d
o n n é e depuis u n e v in g ta in e d ’an n é es p o u r u n e m ultitu d e d ’au tre s
P oires qui n ’en o n t c ep en d an t pas les q u a lité s ; on tro u v e ra d an s les
c itatio n s su iv an te s, que j ’em p ru n te a u x plus célèbres p om o lo g iste s ,
! ex p lic a tio n d e cet a b an d o n e t ie m o y en de r é in tég re r av e c av an tag
e d an s nos v e rg e rs un des fruits les p lu s rem a rq u ab le s p a r sa
lon g u e c o n se rv a tio n .
«La Virgoulette ou Virgouleuse.» N. de Bonnefons, Jard. François p UG
[1665].
« Dans le mois de n o v em b r e e t les suivants, se mange ta Virgouleuse, qui
vient du Village de Virgoulée, près Limoges, dont le Baron de Chambray est
Seigneur, ce qui le fait appeler dans le Pays la Chambrette. C’est une grosse
Poire longue et verte, qui jaunit en meurissant, très-fondante, et d'un boeurré
I*. VIRGOULF-tiSE.
solide et extraordinaire, qui dure et se mange pendant un long temps; elle ne
veut pas estre enfermée, ny mise sur le sapin, ny la paille, non plus que les
autres Fruits boeurez, qui en prennent le goust, mais bien sur le bois de chesne,
ou sur le piastre. Son Arbre est le plus beau de to u s, tant pour la verdeur des
feüilles que pour l’abondance de sa sèv e , qui luy fait pousser des jets extraordinaires
; et lorsque dans un jeune Plant d’Arbres quelque Poirier meurt e t languit
, il faut mettre à sa place une Virgouleuse, qui vient promptement et passe
les autres en peu d’années; on ne peut aussi en avoir trop grand n omb re, son
Fruit estant des plus exquis; il flétrit estant cüeilly avant sa maturité, et il demande
le buisson plustot que le plein-vent, qui le fait tomber, tenant peu à
l ’Arbre. On en peut mettre en Espalier au Levant ou au Couchant, et jamais
au Midy, qui fait jaunir l’Arbre et fendre ie Fruit qui pourit et ne se garde
pas. 11 y en a d’une autre espèce rare et extraordinaire, dont le bois est ro u g e ,
et le fruit de mesme, qui se mange plus tard, va jusqn’en Février, et a les
mesmes qualités que la Virgouleuse. » Merlet, Abrégé d<s bons F ru its, p. 98
[1675].
«La Poire de Virgoulé, qu’on appelle Bujaleuf en Angoumois, Chambrette
en Limousin, Poire de glace en Gascogne, Virgoulese et Virgouleuse en tant
d’endroits, et q ui, à l’exemple des Poires de Bési d’Hery,de l’Eschasserie, etc.,
doit ce me semble porter plustot le simple nom de Virgoulé * que tout autre :
ce qui m'en fait juger ainsi, c’est à cause du village de Virgoulé, voisin de la
Ville de Sainl-Leonard en Limousin, duquel nous l’avons tiré e, et où apparemment
elle avoit passé un fort long temps sans éc lat, ny p lu s ,n y moin s, pour
ainsi dire, qu’une perle dans sa coquille; mais enfin, tant pour le bonheur de
nos curieux, que pour l’ornement de nos Jardins, elle est sortie de ce village
par la libéralité du Marquis de Chambret, qui en étoit le Seigneur, et qui nous
la donna sous le nom de sa Poire de Virgoulée; or depuis ce temps-là elle a commencé
tout de bon à faire parler d’e lle , si bien qu’aujourd’huy elle prétend avee
assez de raison à l ’honneur, qui est icy proposé (c’est-à-dire d’entrer en lice avec
le Beurré et la Bergamotte). C’est une Poire d ’une figure assez longue et assez
grosse, ayant environ trois à quatre pouces de haut, sur deux à trois de large ;
la queuë est cou rte, charnue et penchée ; l’oeil médiocrement grand, et un peu
enfoncé; la peau lice et u n ie , et quelquefois colorée, et qui enfin de verte
qu’elle étoit à l’Arbre jaunit, à mesure qu'elle approche de la maturité, et en
meurissant devient tendre et fondante; en sorte q ue , quand on la prend à prop
os, elle se trouve un des meilleurs fruits du monde : sa réputation a fait en-
’ L'usage a prévalu contre l'opinion de La Q uintinye ; le i
lement adopté.
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