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dessous du sommet du fruit, qui offre alors une sorte de petite bosse
du côté opposé à l’insertion du pédoncule et portant les traces de quel-
(¡ues bractéoles; vert-jaunàtre, rarement lavée de roux, parsemée
de points et marquée de taches ou de marbrures fauves autour du
pédoncule et dans le voisinage de l’oeil, d ’abord assez lisse, puis légèrement
chagrinée; oe il placé au milieu d’une dépression régulière peu
profonde, à divisions ovales-laiicéolées, cotonneuses, étalées ou légèrement
resserrées; coe ur dessinant sur la coupe du fruit une sorte de
losange allongé, granuleux; lacune centrale très-étroite ou nulle; loges
assez larges; pépins brun-fauve ou noirs, souvent avortés.
G h a i r blanchâtre, assez grossière, demi-fondante; eau abondante,
acidulée, légèrement astringente, parfumée.
Dans une note insérée dans les Ann ales de la Société d l lo r t i c u l tu r e
de P a r is (tome XXV, p. 234), M. Dever signale un Poirier de Saint-
Germain remarquable par sa force et son grand âg e ; cet arbre, anciennement
palissé contre un des murs d ’une cour de l’hospice de
Chantilly, a un tronc de 2 mètres de hauteur sur 0'"\8l de circonférence,
et ses trois branches, élevées à 2 mètres de terre, forment
un éventail de 20™,66 d’envergure sur o"',66 de hauteur.
« La Poire de Saint-Germain, ou de PArthéloire, est semblable au Btigy, est
moins ronde, et est plus pointue ; elle beurre très-bien, et son eau est bonne et
sucrée. » Merl., A b r., p. 112 [1673].
« La Poire de Saint-Germain, ou Plnconnue-la-Fare, est grosse et longue,
très-beurrée et fondante, assez semblable à la Virgouleuse, qui est un Fruit ex -
traordinaire pour sa bonté et sa garde, qui se mange pendant un long temps,
et jusqu’en mars, dont on ne peut avoir assez d’Arbres, qui sont des plus beaux
et chargent des mieux ; nous devons cet excellent Fruit à un Sauvageon, qui
s’est trouvé sur le bord de la petite Rivière de la Fare, dans la Paroisse de Saint-
Germain, près de LeLude; et, quoyque greffé et bien cultivé, il a encore quelques
espèces d’épines dans son bois, et a ses feüilles des plus longues, assez étroites
e l fermées, comme celles d’un Oranger qui a soif : quelques-uns veulent que
la Saint-Germain, et la Fare, soient deux différents Fruits : et je suis de cet avis,
p . DE SAINT-GERMAIN.
la Saint-Germain étant petite , verdâtre et moins fondante, quoyque fort semblable
à la Fare pour le bois, les feüilles et le Fruit; ce dernier vaut tous les
Fruits d’Hyvcr, dont j’ay la connoissance depuis plusieurs années, ayant toutes
les bonnes qualilez de la Virgouleuse, et non les mauvaises, ne se crevaceant
pas, et ne prenant aucun mauvais goust. » Meri., A hr., p. 98 [4690].
« A voir la Saint-Germain fort longue et assez g ro sse , les unes vertes et un
peu tiquetées, les autres rousses, et toutes jaunissant beaucoup en maturité, la
queue courte, assez grosse et penchée, on la prendrait pour une très-belle Poire
de Virgoiilée; à l’égard de celles qui restent petites, elles ressemblent assez au
Saint-Lezin : cette espèce de Poires vient presque toujours en même temps que
la Virgouice, l’Épine, l ’Ambrette, Leschasserie, quoyqu’elle les devance quelquefois,
et quelquefois aussi ne fasse que les suivre, ce qui d’ordinaire dépend de
la manière, dont l’Esté et l’Automne se sont comportez Cette Poire de Saint-
Germain, autrement l'Incomiue-de-la-Fare, a la chair fort tendre, point de marc,
grand goût et beaucoup d’eau, mais cette eau a souvent quelque points d’aigret
de citron, qui plaît à certains curieux, et déplaît à quelques autres. » La Quint.,
/nstr., p. 434[IG92].
« Le Saint-Germain est gros, long, ayant deux pouces six lignes de diamètre
et trois pouces six lignes de hauteur. Le côté de la queue diminue de grosseur
assez uniformément, et se termine ordinairement en pointe obtuse. La queue,
qui est brune, grosse à son extrémité, est implantée, très-souvent obliquement,
sous une espèce de bosse. Tout le fruit est presque toujours relevé de bosses et
de côtes qui sont quelquefois sensibles sur toute la longueur. Sa peau est verte,
assez rude, tiquetée de brun, souvent marquée de grandes taches roussâtres, surtout
vers l’oe il; elle jaunit lorsque le fruit mûrit. Sa chair est blanche, très-
beurrée et fondante, quoiqu’elle ne soit pas très-fine. Elle est sujette à avoir
beaucoup de petites pierres sous la peau et auprès des pépins, lorsque l’arbre
est planté dans un terrain sec, qui ne convient pas à ce Poirier. Son eau est très-
abondante et excellente, lorsqu’elle n'a d’aigrc que ce qu’il en faut pour relever
agréablement son goût. Cette Poire commence à mûrir en novembre; il s’en
conserve jusqu’en mars, et quelquefois en avril. Jamais elle ne devient molle, n
Duham., Arbr. fr u i t., p. 223 [1768].
c( Ce Poirier, qui porte bien son bois, est très-fertile, même en plein vent, sur
franc. Ses scions, tiquetés de gris, et d’un vert rougeâtre au so leil, sont fluets ;
ses feuilles sont longues, étroites, pointues, et ont de la disposition à se former
en gouttières. Ses fleurs sont en général petites ; leurs pétales sont longs, un peu
pointus. Le fruit est gros, suivant les terrains, d’un pyriforme allongé; sa chair
a une eau abondante, d’un sucre quelquefois trop acidule. Elle est sujette, dans