
7 9 0 P O L Y A D E L P H I A , P O L Y A N D R I A .
Flos arborum in montibus.
a. Corolla expanfa.
b. Calix.
c. Petalum.
d. Calix, Dijcus. Stamina.
e. Fafciculus flaminum.
f. Difcus. Piflillum. Stamina.
. g. Germen. Stylus. Stigma.
h. Stigma. Stylus.
i. Germen tranfvers'e fcijfum.
L E M A N I de la Guiane. ( P l an che 313.)
Le t r o n c de cet a r b r e s’élève à trente, quarante & cinquante
pieds, fur deux pieds & plus de diametre. Son é c o r c e eft M e , cen-
dree. Son bois eft jaunatre , & pouife à fon fommet un grand nombre
de b r a n c h e s , dont les unes droites, & les autres inclinées; elles font
chargées de r am e a u x noueux, garnis de f eu il l e s deux à deux, oppo-
fées, & difpofées en croix. Ces feuilles font vertes, liftes, entières
fermes, ovales, terminées par une longue pointe moufle. Leur pédicule
eft court, convexe en deflous, creufé en gouttière en defliis. De
l’aiffelle des feuilles fortent deux f l eu r s , une de chaque côté ; mais
à l’extrémité des rameaux ce font des bouquets de fept à huit fleurs.
Le pédoncule des fleurs eft courbé lorfqu’elles font en bouton ; il fi
redrefle lorfqu’elles s’épanouiflent.
Le c a l ic e eft divifé profondément en cinq petites parties jaunâtres,
épaifles, roides & arrondies.
La c o r o l l e eft à cinq petales larges, qui fe récouvrent en partie
par l’un de leurs côtés. Us font d’un beau rouge, attachés par un onglet
au fond du calice, autour d’un difque. Ces pétales ne s epanouiflent
jamais entièrement; ils ne font que s’entr’ouvrir par le haut.
Les é t am in e s font partagées en cinq faiiceaux placés autour de
l’ovaire fur un difque. Elles fe roulent en fpirale autour du piftil, fur
lequel elles biffent leur impreflion après leur chute. Chaque faifeeau
eft compofé de trois ou quatre f il e t s larges, charnus, couleur de carmin
, réunis par le bas. Us portent une a n th e r e longue, jaune & à
deux bourfes.
Le p is t il eft un ovaire arrondi, iùrmonté d’un s t y l e charnu, terminé
par un s t igm a t e à cinqjrayons.
L ’o v a ir e devient une c a p su l e brune, à une feule log e , fragile,'
dans laquelle font renfermées rleux , trois, quatre ou cinq am an d e s
anguleufes, convexes en dehors, couvertes d’un duvet rouflatre. L’amande
eft à deux gros cotylédons blancs.
L’ovaire, coupé en travers avant fa maturité , bit voir cinq cavités
remplies d’une fubftance glaireufe.
L’écorce, les feuilles, les rameaux, le calice, le fruit,les fleurs;
coupés ou entamés, rendent un liic jaune, réfineux , qui s’épaiflït &
devient noir en fe defféchant. Ce fuc réfineux coule naturellement
des branches & du tronc en abondance. Les Créoles l’emploient pour
gaudronner leurs barques, leurs pirogues, le fil à voile, &les cordages.
L’on en fait aufli des flambeaux, en le mêlant avec d’autres
réfines du pays.
Les jeunes arbres ont des feuilles plus grandes & moins épaifles ;
on les coupe dans cet état pour faire des cercles de bariques. Le bois
des grands arbres fe fend aifément, & on en fabrique des bariques ;
leurs feuilles font plus petites & plus fermes.
On obferve des variétés par rapport aux fleurs. Les arbres qui
eroiffent dans les marécages, ont la fleur plus petite ; ceux qui viennent
fur les montagnes, l’ont prefque deux fois plus grande, & les
feuilles font beaucoup plus petites.
Quant au fruit des uns & des autres, il eft tout-à fait femblable.
On a repréfenté les grandes & les petites fleurs, le bout des rameaux
& une amande, de grandeur naturelle. Quant au fruit, il eft
quelquefois tel qu’on l’a repréfinté ; mais pour-lors il ne contient que
deux amandes ;_lorfqu’il en renferme cinq, il eft plus gros.
L’arbre à petite fleur croît dans les terreins marécageux de la
Guiane, & dans ceux qui font couverts par les marées