
64 Objervations fur la Canne à Sucre & Jîir le Sucre.
Pour faire le taffia, jl faut environ un quart de fyrop mêlé avec de
l’eau ; par exemple, on mêle .12,0 pots du fyrop avec 45 6 pots d’eau,
qu’on laiife fermenter ; cette fermentation fe fait en 7 à 8 jours. Le V f
naigrier ( ainfi eft appelle l’Ouvrier, ) connoît que la liqueur eft bonne
à diftiller, lorfque la fermentation eft tombée.
Il réfulte ordinairement de ce procédé 100 pintes de taffia. Les écu.
mes fe mettent à part pour fermenter’, parce qu’elles communique-
roient un mauvais goût au taffia : on y ajoute quelquefois plufieurs
pots de fÿrop.
Je ne vois pas qu’il y ait aucune correélion à faire à ce travail : il n’y
a que des moyens de clarification à communiquer au Chef d’atteliçr;
mais pour cet effet, il faut de nécefïïté conduire deux ou trois cuites.
L’on pourrait, dans la çonftru&ion des fourneaux, porter le foyer
ou le premier feu à la gourmande, au lieu qu’il eft au flambeau : mais
puifque l’opération fe fait bien par cet uiage, il n’y a qu’un Fabricant
intelligent qui puilfe faire cette correétion.
Il eft certain que le flambeau devroit être moins chauffé, parce que
le feu trop yiolent fait fouvent brûler la cuite; il eft fort difficile alors
de bien blanchir le Sucre, nul terrage ne peut lui ôter le goût diÆrûle
& fon oeil jaunâtre.
Je ne parle point des bâtimcns, Il n’y a pas une Sucrerie à Caïcnne,
qui ait un quart des bâtimens qu’une Sucrerie roulante exige : il en faut
de très-confidérables, & tous les uns très-près des autres, à caufe de la
fuite du travail,
T R O I S I E M E M É M O I R E ;
TROISIÈME MÉMOIRE.
O B S E R V A T IO N S SUR L E M A G N O C .
Des efpeces de Magnoc les plus connues a Càienne.
L A première efpece de Magnoc eft celle dont la racine eft bonne à
manger fix mois après que la plante a été mife en terre ; c’eft le Magnoc
maié. Cette racine eft courte, groffe , dure à râper ; fon écorce s’enleve
difficilement ; étant râpée & preffée , elle rend peu de fuc : fes tiges
font baffes, très - branchues & rameufes ; elles ont au moins douze
pieds de haut, & leur écorce eft grisâtre.
La féconde efpece, qui fe nomme Magnoc cachiri , différé de la
première par fes racines, qui ont un pied & demi ou plus de longueur
iïir environ fept a huit pouces de diametre ; par fes tiges groffes à peu
près comme le poignet, branchues & hautes de fix à fept pieds, Les
naturels du pays ne l’arrachent qu’après dix mois de culture ; ils" remploient
principalement à la fabrication d’une boiffon, qu’ils nomment
Cachiri ; raifon pour laquelle ils donnent le nom de Cachiri à ce
Magnoc.
La troifiéme efpece eft nommée Magnoc bois blanc : elle différé
de la précédente par fes racines, qui ont beaucoup de rapport, par
leur forme & leur groffeur, à celles du Magnoc maïé. Ses tiges ont
fix a fept pieds de haut, elles font terminées par de très-petits rameaux
courts, chargés de feuilles; leur écorce eft d’un gris cendré. Pour employer
fes racines, il faut qu’elles foient âgées de quinze mois ; on
fait avec cette efpece de Magnoc , une caffave très-blanche & agréable
a manger.
La quatrième elpece eft le Magnoc mai-pourri-rouge, les tiges font
I