
gousses polyspermes dépassant ordinairement la hauteur du calice, sont les caractères
qui semblent l’éloigner des autres espèces du genre Trifolium. Aussi
MM. Hochstetter et Steudel en ont-ils d’abord fait une Trigonella, surtout à cause
du fruit assez long et polysperme. Mais quand on place cette espèce au milieu
de celles dont elle se rapproche le plus dans le groujië des tupindster, dans le
genre Trifolium, ces différences s’affaiblissent, et l’on se résout à la laisser
dans ce genre. En effet, les gousses sont très-variables quant à leur longueur et
au nombre des graines qu’elles renferment dans les véritables espèces du genre
Trifolium. Si dans la majeure partie de ces espèces, on trouve des fruits courts
contenant seulement une ou deux-graines, il en est d’autres, ainsi que tous les
auteurs l’ont remarqué, qui en offrent de trois à six; ainsi, pour ne citer que
des espèces abyssiniennes, il y en a souvent trois dans le Trifolium semipilo-
sumj et cinq dans notre Trifolium umbellulatum. Il est d’ailleurs un caractère
qui éloigne cette plante, ainsi que quelques autres que MM. Hoclistetter et
Steudel ont à tort réunies au genre Trigonella, c’est la disposition des folioles.
Dans toutes les véritables espèces de ce dernier genre, les feuilles composées
de trois folioles sont imparipinnées, trifoliolées, c’est-à-dire que la foliole
moyenne est plus ou moins longuement pétiolulée, tandis que dans l’espèce qui
nous occupe , cette foliole est sessile, comme les deux latérales, et les feuilles
sont digitées, trifoliolées.
Si l’on compare le Trifolium Schimperi, Nob., aux espèces européennes,
on reconnaîtra de suite son extrême analogie avec le Trifolium alpinum,
L. Ces deux espèces ne diffèrent que par des caractères de peu d’importance.
Ainsi les folioles sont tridenlëes au sommet dans l’espèce abyssinienne, et
entières dans celle de nos Alpes; le calice est presque de la longueur de la
corolle dans la première et de moitié plus court dans la seconde; les ailes sont
de la longueur de l’étendard dans le Trifolium Schimperi; elles sont beaucoup
plus courtes dans le T. alpinum.
Maintenant, s’il est vrai que notre plante ne peut être rapportée au genre Trigo-
nélla, faut-il en faire le type d’un genre distinct de ce dernier et du Trifolium,
ainsi que M. Hochstetter vient de le proposer sous le nom de Loxospermum ?
Nous ne partageons pas cette dernière opinion. Sans doute si toutes les espèces
jusqu’à présent rapportées au genre Trifolium, avaient une gousse monosperme,
ne dépassant jamais la longueur du calice, notre plante se présentant avec une
gousse un peu plus longue que le calice, contenant de huit à dix graines, notre
plante, avec ses grandes fleurs souvent solitaires, offrirait assez de caractères
pour mériter qu’on en fit le type d’un genre nouveau. Mais il n’en est pas
ainsi, toutes les espèces de la section des Lupinaster présentent des gousses polyspermes
, et cependant qui oserait proposer de les réunir en un genre distinct?
Nous pensons donc que, malgré quelques différences, qui nous paraissent
de peu d’importance, notre plante doit venir prendre sa place dans le
grand genre Trifolium, tout à côté du Trifolium alpinum.
TRIFOLIUM MULTINERVE. Nob.
t r i g o n e l l a MüLTiNERVis. Hochst. et Steud,, i n pl. Sehimp. Abyss., sect. i ,
n° 300.
Var. x : Debilior : Càule simpliciusculo gracili.
T. caule erecto, ramoso, tereti glabro, 2-10 uncías alto; foliis
petiolatis; foliolis sessilibus oblongis acutis, argute dentatis, rarius
obôvali-oblongis, obtusis, nervis lateralibus obliquis parallelis ; stî—
pulis semiadnatis tenui-membranaceis, nervosis, basi inter se coa-
litis , parte superiore liberis lanceolatis acutissimis ; pedunculis
axillaribus, folio brevioribus, apice 1-6-floris ; floribus umbellulato-
capitatis, vix pedicellatis, basi bracteola brevi truncata stipatis ; tubo
çalycis tereti oblongo striato, laciniis limbi lanceolatis acutis, piloso-
ciliatis, corolla brevioribus ; leguiHine oblongo compresso apiculato,
tenui-mettibranàceo, calycém vix superante, 8-spermo, bivalvi,
seminibus oblongis utrinque obtusis subteretibüs.
Crescitinlocishumidis provincia Chiré et prope Memessah, mense
Septembre florens (Quartin Dillon), nec non in locis humidis vallium
circa Adoua, mense Septembre fructífera ( Schimp'èr).
Observation..— Pour les motifs que nous avons développés à propos de l’espèce
précédente, nous plaçons également cette plante dans le genre Trifolium,
dont elle offre tous les caractères. Par son fruit polysperme, par la forme générale
de ses fleurs et leur disposition, cette espèce se rapproche de la précédente,
dont elle diffère par ses feuilles plus petites, ses fleurs au moins trois fois
moins grandes dans toutes leurs parties, etc.
Nous rapportons à cette espèce de nombreux échantillons recueillis parle docteur
Quartin Dillon dans plusieurs localités, et qui tous présentent un aspect
différent de ceux des collections de Schimper. Ils sont beaucoup plus petits, plus
grêles; mais aucun de leurs caractères ne m’a paru de nature à les séparer de
l’espècé à laquelle nous les réunissons comme simple variété.
TRIFOLIUM CALOCEPHALUM. Fresen., loe. cit., 50.
T. glabrum ; caulibus procumbentibus ; foliolis ellipticis obtusis,
basi angustatis, margine argute serratis, venosis, vénis parallelis ;
stipulis latis, membranaceo-scariosis, striatis, vaginantibus, apice
acutis ; capitulis longé pedunculatis, paucifloris ; florum maximorum
purpurascentium laciniis calycinis ovalibus, longe acuminatis, margine
dissecto-ciliatis, glabris, tubo paulo longioribus ; corollæ alis
obtusis vexillo paulo longioribus.