
Pendant un séjour d’environ deux années, il avait réuni
des collections de plus de mille espèces de plantes récoltées
principalement dans le Tigré, aux environs de la
ville d’Adoua, sa capitale, dans la vallée du Taccazé,
surtout sur les pentes élevées, auprès du village de Tché-
latchékanné, sans contredit l’une des localités les plus
riches de toute l’Abyssinie, aux environs de la ville de
Gondar, capitale de l’Amarah, dans la province montagneuse
du Semiène, et enfin dans cette vallée du Mareb,
qui finit par lui être si funeste.
Après la mort si regrettable du docteur Quartin Dillon,
M. Petit s’occupa également de la botanique, et c’est à lui
qu’on doit les collections qui ont été faites dans le royaume
de Choa, dans les provinces del’Ouodgerate, de l’Enderta,
de Tchéleukote, d’Yedjou, etc. On connaît la fin tragique et
déplorable de ce zélé naturaliste, entraîné au fond de l’eau
par un crocodile au moment où, le 3 juin 1843, il traversait
le Nil à la nage pour se rendre à Gondar, terme de son
voyage. Ainsi une fin prématurée, et loin de leur patrie,
de leurs nombreux amis, devait être, pour ces deux jeunes
naturalistes, la récompense d’une vie consacrée avec un
zèle et un désintéressement à toute épreuve aux progrès
des Sciences naturelles.
M. Théophile Lefebvre, après la mort de ses deux compagnons,
a continué, autant que le lui permettaient les
recherches nombreuses auxquelles il s’était plus particulièrement
livré, les collections d’histoire naturelle, qu’il a
enrichies d’un certain nombre d’espèces intéressantes et
nouvelles.
Le nombre des espèces de plantes recueillies en Abysr
sinie par MM. Quartin Dillon, Antoine Petit et Lefebvre
peut être évalué à environ quinze cents. Sur ce nombre,
on peut assurer que près des trois quarts étaient nouvelles,
c’est-à-dire n’avaient jamais été jusqu’alors décrites par
aucun botaniste, au moment où elles sont arrivées à
Paris.
C’est à la même période de temps que Von doit rapporter
les voyages de M. Rochet d’Eicricourt et de MM. Feret
et Galinier. M. Rochet d’ïïéricourt s’est borné à parcourir
la province ou plutôt le royaume du Choa. Bien qu’étranger
à l’histoire naturelle, il a formé dans cette partie de
l’Abyssinie une collection peu nombreuse, il est vrai, de
végétaux, dont le catalogue, rédigé par M. le professeur
Delile, et publié à la fin de la Relation du second Voyage de
M. Rochet d’Héricourt (Paris, 1846), contient l’indication
de soixante-huit espèces, dont un petit nombre a
été recueilli en dehors de l’Abyssinie.
A leur retour du voyage qu’ils étaient allés faire en
Abyssinie pour le perfectionnement des sciences géographiques,
MM. Feret et Galinier remirent à M. Delile,
professeur de botanique à Montpellier, une collection de
plantes qu’ils avaient rapportées d’Abyssinie. M- Delile
en a décrit un certain nombre, qu’il considérait comme
nouvelles, et qu’il a publiées dans le tome XX des Annales
des Sciences naturelles (août 1843).
Mais les collections les plus considérables qui aient été
faites en Abyssinie, sont sans contredit celles de M. Guillaume
Schimper. Depuis dix ans, ce zélé et infatigable
botaniste a parcouru un grand nombre des provinces de
l’Abyssinie. Il a séjourné assez de temps dans chacune
d’elles pour en explorer soigneusement les productions
végétales. Toutes ses plantes ont été expédiées en Europe