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lióles sont fort nombreuses, réunies au nombre de vingt-cinq à trente paires,
très-étroites et en forme de lame de couteau. Ses gousses sont coriaces, glabres
et luisantes.
CAILLIEA. Guill. et Perrott., in Fl. Seneg., I, 239.
CAILLIEA DICHROSTACHYS. Guill. et Perr., loc. cit., 1 , 240.
d e sm a n t h u s TRICHOSTACHYS. DC., Lég. Mèm., XII , t . LXVII; ib id .,
Prodr., I I , 448.
C. ramis spinosis, spinis rectis brevibus ; foliis bipinnatis, pinnis
10-12; foliolis 18-20-jugis, parvis, oblongo-linearibus obtusis,
glabris, ciliatis ; glandula pedicellata ad basin singulorum parium ;
racemis pedunculatis simplicibus erectis cylindraceis, densis fere
folia æquantibus ; leguminibus planis flexuosis, glabris.
Crescit inter Messouah et Adouci, et non procul a convalle fluvii
MareV, prope Addi-Abo (Quartin Dillon), et ad latera montium
prope Tchélatchékanné, in convalle fluvii Taccazé, mense Novembre
fructífera et in districtu Choada, in provincia Semiène, (Schimper).
Observation. — Cet arbrisseau porte en Abyssinie le nom de Connaît. C’est la
même espèce qui croît au Sénégal, et qui a été décrite dans la Flore de Sfiné-
gambie, par MM. Guillemin et Perrottet.
III. CÆSALPINIÆ.
PTEROLOBIUM. R. Brown., in Sait, append., p. 377; Wight
etArn., Prodr. Fl.penins. Ind., I, 283.
PTEROLOBIUM ABYSSINICUM. Nob.
q u a r t in ia a b y s s in ic a . A. Rich., in Ann. Se. nat., XIY, 260, t. XIV.
PTEROLOBIUM l a c e r a n s . R. Brown, in Sait. Append. Voy., 377.
k a n t u f f a . Bruce, Voy., V, 64, t. XIV.
mimosa k a n t u f f a . DC., Prodr., I I , 431,
P. ramulis teretibus pulverulenti-subpubentibus ; foliis bipinnatis
6-8-jugis, foliolis 8-12-jugis, anguste ellipticis, sublinearibus, basi
apiceque obtusis, glabris ; petiolulis petioloque subtomentosis,
aculeis tribus ad basin singularum pinnarum, et intermedio recto ,
lateralibus recurvis, stipulis in aculeis recurvis mutatis, floribus
pallide luteolis, pedicellatis, racemos strictos elongatos multifloros,
pedunculatos, 5-6 uncias longos efformantibus ; pedicellis basique
integra et incrassata calycis tomentosis ; laciniis calycinis externe ^
convexis pubentibus ; petalis vix calycem æquantibus apice subden-
ticulatis ; ovario tomentoso, stylo brevi, et stigmate terminali et
concavo ; fructibus purpureis, ala membranacea unilaterali, latiore
longioreque terminatis.
Crescit circa Memessah, Adoua ( Quartin Dillon, Schimper), et in
provinciis Choa et Tchéleukote (Ànt. Petit).
Nomina abyssinica : Kantuffa et Kantouffa.
Observation. — Cet arbrisseau est bien certainement celui dont parle Bruce
sous le nom de Kantuffa, et auquel R. Brown a donné celui de Pterolobium
lacerans. Cependant nous proposons de changer ce nom en celui de Pterolo-
biuvn abyssinicum ; en voici les motifs: M. W. Arnott [Prodr. Fl. pénis, n .
orient, I j 283)t, a cru que la ]Ccesalpinia lacerans, Roxb., Fior. Ind., II,
p. 367, était la même espèce que celle qui avait été nommée par R. Brown
Pterolobium lacerans. Il les a donc réunies sous une dénomination commune,
celle de Pterolobium lacerans; mais l’examen que nous avons fait du Pterolobium
lacerans de l’Inde, sur un échantillon authentique qui nous a été donné
gracieusement par MM. Wight et Arnott, nous a montré que la plante indienne
est différente de la plante d’Abyssinie. En conséquence, pour éviter la confusion
qui pourrait résulter du nom de Pterolobium lacerans, qui a été appliqué
à deux plantes différentes, nous proposons d’appeler le Kantuffa Pterolobium
abyssinicum èt la Cesalpinia lacerans de Roxburgh, Pterolobium indicum.
Voici les principaux caractères qui distinguent ces deux espèces : Dans le
Pterolobium abyssinicum, Nob., les folioles sont elliptiques, allongées, très-
élroitès, glabres, au nombre de huit à douze paires; dans le Pterolobium indicum,
Nob., ellea sont ovales, obtuses,présentant quelques poils a leur face inférieure,
et seulement au nombre de quatre à huit 'paires. Les fleurs forment
de longues grappes simples, denses, roides, dressées , réunies en une panicule
terminale et nue dans la plante éthiopienne ; ces grappes sont plus courtes et
lâches dans la plante indienne; dans la première, le calice est flnementjpubes-
cent h sa face.externe, il est glabre dans la seconde ; l’ovaire du Pterolobium
abyssinicum est tomenteux, son style court; l’ovaire du Pterolobium indicum
est glabre, et son style trois fois aussi long que l’ovaire; enfin l’aile unilatérale
et membraneuse, qui termine le fruit à sa partie supérieure, est plus étroite
que la partie inférieure et seminifere dans l’espèce de l’Inde ; elle est au contraire
plus large dans l’espèce d’Abyssinie.
Ces différences nous ont paru plus que suffisantes pour séparer et distinguer
ces deux plantes comme espèces distinctes.