
usages et les propriétés des végétaux qu’ils récoltaient. C’est
un vide immense, et qu’il m’était impossible de combler
entièrement. Eux seuls pouvaient remplir cette lacune, s’il
leur eût été donné par la Providence de rédiger eux-
mêmes les parties de cet ouvrage dont chacun d’eux
s’était plus particulièrement occupé. Cependant cette
branche importante de l’histoire des végétaux d’Abyssinie
n’a pas été négligée par nous. Nous avons retrouvé dans
les catalogues de leurs herbiers et dans le journal de leurs
voyages quelques notes que nous nous empressons de
consigner ici ; mais nous regrettons de n’avoir pu donner
à cette partie de la publication tous les développements
que son importance semblait réclamer.
Voici l’ordre que nous avons suivi dans cette publication.
Nous la divisons en deux parties : la première, sous
le titre deTENTAMEN F l o r æ a b y s s in ic æ , est une énumération
de toutes les plantes qui jusqu’à présent ont été observées
dans les diverses provinces de l’AbySsinie. Dans la seconde,
nous donnons une description complète des espèces
ou nouvelles ou intéressantes, que nous avons cru devoir
faire représenter dans les cent planches jointes à Cet
ouvrage.
Dans le T e n t a m e n F l o r æ a b y s s in ic æ , nous nous sommes
bornés à caractériser brièvement toutes les espèces qüi
composent la végétation de l’Abyssinie. Nous sommes loin
de considérer cette partie comme une Flore complète de
ce vaste pays; c’est un simple essai, une esquisse bien
imparfaite des richesses Végétales que l’Abyssinie renferme.
Plusieurs provinces sont à peine connues de nom
par les voyageurs, et ceux qui ont visité ce pays si varié,
ne l’ont souvent parcouru que dans une seule saison.
Nous n'avons donc, du moins c’est mon opinion, qu’une
connaissance encore fort incomplète de sa végétation;
mais cependant nous en savons assez pour pouvoir bien
déterminer quel est son caractère propre et quels sont les
rapports qui, sous ce point de vue si intéressant, existent
entrel’Abyssinie et les autres contrées du globe. Nous avons
rédigé de nouveau les phrases caractéristiques de toutes
les espèces, souvent même des plus vulgaires. Aux personnes
qui trouveraient nos phrases un peu longues, nous
répondrons que, dans l’état actuel de la science, il nous
paraît presque impossible de les faire plus courtes, si on
veut qu’elles soient vraiment caractéristiques. Noüs ne
sommes plus au temps de Linnée, où la plupart des genres
ne contenant que peu d’espèces, ces espèces pouvaient
être facilement définies par un petit nombre de
signes. Aujourd’hui leur nombre a presque décuplé; et,
pour les distinguer les unes des autres, il faut nécessairement
employer des Caractères plus détaillés et plus
nombreux.
Notre intention a donc été de rédiger un ouvrage qui
présentât simplement le tableau fidèle de la végétation
abyssinienne , telle que nous là connaissons aujourd’hui
par les matériaux que les voyageurs nous en Ont rapportés.
Nous avons pris pour base et en quelque sorte pour
point de départ le Prodronrius de De Candolle. Nous avons
été très-sobres dans la citation des synonymes. Pour les
espèces déjà connues, nous avons renvoyé à ce livre classique
, dans lequel on retrouverait au besoin les synonymes
les plus essentiels. Nous avons également cité, pour un
assez grand nombre d’espèèes, la Flore de Sénégambie,