
à la Société botanique d’Esslinguen, sous le patronage
de laquelle M. Schimper avait commencé son voyage. Elles
ont formé des collections, distribuées aux nombreux souscripteurs
de cette association. Les trois séries qui ont paru
jusqu’à présent contiennent environ seize cents espèces,
sous plus de dix-neuf cents numéros ; la même espèce portant
quelquefois trois et même jusqu’à quatre numéros,
suivant les localités diverses ou l’état de végétation dans
lequel elle avait été récoltée. Toutes ces plantes ont été
étudiées et nommées par MM. Hochstetter et Steudel, avec
soin et souvent avec beaucoup de précision.
Les collections de M. Guillaume Schimper m’ont été
d’un grand secours; j’y ai trouvé un certain nombre d’espèces
qui avaient échappé à MM. Quartin Dillon et Antoine
Petit, et des indications de localités et d’époque de floraison
, qui m’ont servi à remplir quelques lacunes existant
dans les herbiers de mes deux jeunes amis.
C’est vers le milieu de l’année 1840, que j’ai reçu le
premier envoi des plantes abyssiniennes récoltées par
M. Quartin Dillon. Cet envoi se composait d’environ six
cents espèces. Je me suis mis immédiatement à les étudier
et à les déterminer; et, à la fin de l’année 1840, dans
le numéro de novembre, des Annales des Scienees naturelles,
j’ai publié les caractères de vingt espèces nouvelles,
choisies presque au hasard dans ce premier envoi (Plantes
nouvelles d’Abyssinie, recueillies dans la province du Tigré
p a r le docteur Richard Quartin - Dillon ; Décades 1 et 2).
A cette époque, j’avais reconnu que presque toutes
les plantes de l’Abyssinie, ou au moins les trois quarts,
constituaient des espèces entièrement nouvelles.
Ce n’est qu’après cette première publication qu’on a
commencé à distribuer la première série des plantes de
M. Schimper, nommées, ainsi que nous l’avons dit tout
à l’heure, par MM. Hochstetter et Steudel. Ces deux savants
ont reconnu, comme moi, que la plupart de ces
plantes étaient nouvelles; et ils leur ont donné, en effet,
des noms nouveaux, mais sans caractériser aucune^ des
espèces qu’ils considéraient comme nouvelles. Il a dû nécessairement
arriver une chose, que tout le monde prévoit,
c’est que, travaillant de mon côté les plantes d’Abyssinie,
pour la publication du Voyage de MM. Lefebvre,
Quartin Dillon et Petit, j’avais, dans mon herbier, déjà
donné des noms à la plupart des espèces qui ont successivement
composé les trois séries des collections de
M. Schimper.
Au moment où j’ai commencé l’impression de mon
T e n t a m e n F l o r æ a b y s s in ic æ , plusieurs des botanistes français
auxquels j’en avais parlé, étaient d’avis de considérer
les noms donnés par MM. Hochstetter et Steudel comme
nonavenus, et d e p u b l i e r l e s plantes de M M . Quartin Dillon
et Petit avec les noms que je leur avais imposés depuis
longtemps, et sous lesquels je les avais décrites dans mon
manuscrit. En effet, un nom seul donné à un être nouveau,
quand il n’est pas accompagné d’un caractère ou
d’une description, ne doit être compté pour rien dans la
science, et c’est à celui qui caractérise le premier un être
nouveau qu’appartient le droit de lui imposer 'un nom.
Je n’ai pas partagé cette opinion : j’ai adopté les noms
de MM. Steudel et Hochstetter. A l'époque où nous vivons,
c’est un bien faible mérite que de faire connaître des
espèces nouvelles , même quand elles sont en aussi grand
nombre que dans la Flore d’Abyssinie. Seulement nous