
Crescit circa Adoua, in provincia Tigré, mense Octobre florens
( Quartin Dillon), et ad latera montium prope Tchélatchékanné
(Schimper).
Observation. —Je mesuis assuré que les échantillons d’Abyssinie ne différaient
en rien de ceux du Sénégal. C’est à coup sûr une des espèces les plus polymorphes
dans ce genre. Tantôt elle porte des épines, tantôt elle en est dépourvue.
Sur des échantillons recueillis sur un même individu, j ’en ai trouvé quelques
uns qui, par leurs feuilles plus petites, plus étroites, offraient le type du
Celastrus senegalensis, et d’autres, à feuilles obovales et beaucoup plus larges,
à fleurs un peu plus grandes, représentaient le Celastrus eoriaceus, figuré dans
la Flore de Sénégambie. Nous avons en conséquence pensé que ces deux
espèces devaient être réunies.
CATHA. Forsk., Ægyp., 63; Endlich., G en., 1086.
t r ig o n o th e ca . Hochst., in Flor. ratis., 1841, n° 42; Endlich.,
Gen., Suppl., II, 86.
CATHA FORSKALII. Nob.
CATHA N° 4 . Forsk., loc. cit.
trigonotheca ser rata . Hochs., in pl. Schimp. Abyss., sect. ii, n°649.
celastrus e d u l is . Vahl., Eccl., I, 24.
(Tab. XXX.)
C. caule fructicoso ; foliis oppositis, rarius alternis, breviter petio-
latis coriaceis ellipticis aut elliptico-lanceolatis acutis, basi sensim
angustatis, margine serratis ; floribus minimis, cymas parvulas,
trichotomas in axillis foliorum superiorum efformantibus ; capsulis
oblongis obtusis, 3-locuIaribus, loculicide 3-valvibus.
Crescit ad pagum Abba-Gerima, prope Adoua\ ubi colitur
( Quartin Dillon et Schimper), et in provincia Choa (Ànt. Petit et
Rochet d’Héricourt).
Nomina vernacula : Tschut, Tchat, Tchaï.
Observation. — Cette plante a été jusqu’à présent méconnue depuis Forskal
qui, le premier, en a parlé et l’a décrite sous les noms de Cat ou de Gat, qu’elle
porte en Arabie. Je me suis assuré que c’est bien réellement son Catha n° 4 ,
floiit les Arabes mâchent les feuilles qui leur donnent, dit-on, de la vigueur et
réparent leurs forces. En effet, notre plante est appelée parles Abyssins Tschut,
Tschat, ou Tschaï, noms qui certes ont une grande analogie avec celui que lui
donnent les Arabes. En second lieu, les notes de feuM.le docteur Quartin Dillon
la désignent sous le nom de Thé des Abyssins. Enfin, c’est surtout par la conformité
de cette plante avec la description de Forskal, que nous avons acquis la
conviction de cette détermination. En effet, selon ce savant voyageur, le Catha
a les feuilles opposées sur les jeunes rameaux qui sont planes et herbacés,
ces feuilles sont alternes sur les rameaux plus gros, qui, eux-mêmes,
présentent la même disposition ; enfin la figure des feuilles, la structure des
fleurs et des fruits, tout, dans notre plante, concorde avec la description de
Forskal. Il ne saurait donc y avoir de doute sur leur identité.
Maintenant cette plante appartient-elle au genre Celastrus, comme Vahl l’a
prétendu? Nous ne le pensons pas. Elle nous parait constituer un genre très-
voisin, mais distinct du Celastrus par quelques caractères empruntés à la position
de ses deux'ovules et à la membrane axilloïde qui termine sa graine intérieurement.
Nous développerons avec détail ces caractères dans la seconde partie
de cet ouvrage.
M. Hochstetter n’a pas reconnu dans cette plante, dont il a formé un genre
nouveau sous le nom de Trigonotheca, le Catha edulis, de Forskael. Il en a méconnu,
selon nous, les vrais rapports, en plaçant ce genre dans la famille des
Hippocratéacées. Nous pensons que la plante de Forskal doit conserver le nom
de Catha, qui lui a été imposé par ce botaniste, et que le genre Catha doit
être placé dans la famille des Célastracées.