
QUINZIÉME FAMILLE DE LA SECONDE CLASSE.
Chenilles à raies obliques. Phalènes à triangles.
L E S Chenilles de cette Famille font rafes ; elles ont, fur chaque anneau,
des raies obliques foncées, compofées d’une fuite de petits points, avec
quelques lignes longitudinales pâles. Leur transformation fe fait dans un
creux en terre. La plupart des Phalènes ont, fur les ailes fupérieures, une
bande tranfverfale de couleur fombre, fort large du côté du bord fupérieur,
& étroite du côté du bord inférieur, ce qui lui donne la forme d’un
triangle. Les trois taches remarquées dans les deux Familles précédentes fe
trouvent fur cette bande, & fouvent deux d’entr’elles fe joignant enfemble,
forment encore une elpèce de triangle. Le bord extérieur de ces ailes eft
dentelé.
Pl a n c h e CCXC. N u m é r o 4 8 ? .
C H E N I L L E D E L A G I R O F L E E -
L A C R A I N T I V E .
P R E M I E R É T A T .
FJL A R M I les Chenilles vertes qui donnent les Phalènes de la fécondé
ClalTe, il y en a qui fe reflemblent tellement qu’on ne peut connoître leur
efpèce que lorfqu’elles ont produit leur Papillon. Celle-ci, par exemple, fe
diftingue difficilement de celle de notre n°. 34.51. Pl. CCXXXVIII. Elle eft
du même verd, & a, comme elle, une raie jaune de chaque côté, Elle a, en
outre, auffi de chaque côté. mais feulement à fa dernière peau, fur le
quatrième anneau & les fuivans, au-deflbus de chaque ftigmate . une petite
ligne oblique d’un verd noir. Fig. 487. a. Cette ligne eft fouvent fi fine,
qu a peine 1 apperçoit-on, ce qui fait que la plupart des Entomologiftes
n en ont pas fait mention. La ligne blanc-jaurtâtrè que l’on remarque ici fur
le dos de notre Chenille, eft auffi quelquefois très-peu fenfible, foit par fa
fineffe, foit par une teinte verdâtre qui fe confond avec la couleur du corps,
qui neft pas toujours fi foncée que dans la Fig. 487. a. Souvent cette petite
ligne eft interrompue au milieu de chaque anneau. Parmi ces Chenilles on en
trouve quelques-unes de brunes ; ce qui eft une variété fort commune dans
toutes les efpèces de Chenilles vertes.
Celles-ci font des premières que l’on apperçoive dans les jardins. On en
rencontre, déjà grandes, dès le mois de Janvier, quand la faifon eft douce.
Leur peau eft comme veloutée. Linné indique pour leur nourriture toutes
les efpèces de Giroflées, Cheiranthus. l’Ortie , &c. Raj. la Cigiie; Geoffroi,
l’Abfynthé, la Pimprenelle & d’autres herbes potagères; De Geer, la
Lavande, la Primevere, &c. Comme elles paffent tout l’hiver en Chenilles, 6c
cherchent leur nourriture dans les tems doux de cette faifon, il eft utile
pour leur confervation qu’elles puiffent s’accommoder de diverfes plantes
dont quelques-unes furvivent aux froids les plus rigoureux. Le jour elles fe
tiennent fous les feuilles où leur couleur les rend difficiles à trouver. Elles
ne commencent à marcher & à manger qu’après le foleil couché.
S E C O N D É T A T .
L époque où ces Chenilles ont pris leur entier accroîftfemént dépend
du climat qu’elles habitent. Dans ceux très-doux, comme elles ont paru de
fort bonne heure, elles ceffent de manger ôc entrent en terre dès la fin de
Janvier. Elles s’enferment dans des coques compofées de grains de terre
légèrement attachés avec quelques fils de foie ; ces coques font minces &
très-fragiles. Elles y relient dans l’état de Chenilles jufqu’au mois de Mars
qu elles fe mettent en Crifalides. Dans les climats tempérés ou froids, ces
Chenilles plus tardives à paraître n’entrent en terre qu’en Mars ou Avril, &