
M . Ê M E P L A N C H E , N U M É R O S $ 1 5 & 5
L A R O B U S T E .
É T A T P A R F A I T .
P l u s i e u r s Naturaliftes, entr’autres M. Hubner, prennent l’efpéce
n°. ; i y. pour la Ruftna de Linné. Nous ne trouvons pas que la Defcription
de cet Auteur s’accorde bien avec nos figures. Le nom d Helvola , qui
lignifie rouçe-pâle, qu’il lui avoit donné dans fa Fauna-fuecica ne convient
pas à notre Phalène. U convient davantage à celle de Clerck, Tab. 8 , Fig.
4 , que Linné cite, 6c qui ne reffemble pas du tout à la nôtre. Nous
n’en connoiffons pas la Chenille.
Le mâle en deffus, Fig. y i y. a , a les ailes fupérieures d’un brun rougeâtre
, prefque tout recouvert de noir auprès du corps ; ce noir fe prolonge
le bord d’en haut, jufqu’à une bande tranfverfale de même couleur,
très-large par en haut, ôc allant en diminuant jufqu’au bord d’en bas. Cette
bande eft bordée en dedans d’une ligne d’un gris clair. En dehors de cette
bande, 6c un peu au-deffus, il y a un point noir entre chaque nervure. Les
deux taches ordinaires du milieu des ailes font chargées, dans leur partie inférieure,
d’un gros point noir , entouré de gris. La frange, qui eft dun jaune
rouge, eft auffi chargée de points noirs.
La femelle , Fig. y i y. e , a les mêmes cara&èrés que le mâle , mais fes
couleurs font moins fombres. Les deux fexes reffemblent, en deffous , a
celui y î y. b.
Cette Phalène fe trouve en Allemagne. Nous ne 1 avons jamais vue en
France. Si c’eft la Rujina de Linné, elle a été décrite ou figurée par :
Linné j Syfl. Nat. éd. X I I , tom. I > part. I I , pag. 8 go , n . y 2.
------Faun.,Suecéd. nov. n°. 1 242. Helvola.
Cat,
Cat■ Syfl. des Pap. des env. de Vienne , pag. 8 ff, Noä. Farn. R .., n°. g.
Rufina. Ex larvâ Quercûs Roboris Tuberiferæ. •
Jung, Ind. des Pap. cTEur. pag. 228.
Goe^e, Sup. Ent. part. I I I , tom. I I I , pag. 3 4 , n°. y a.
Lang3 Cat. des Pap. des env. d'Augsb. s.‘. éd. pag. 14 4 , n . 1042, 1043 .
Efper, Pap. d"Eur. tom. I V 3 tab. C L X I , Noä. 82 ,fig . 2 , a repréfenté
cette efpéce fous le nom de variété de la Ph. No£t. Vaccinii.
Les deux Phalènes que nous avons donné fous les nos. y 1 6. , a , b , Ôc
que nous avons copié du Cabinet de M. Gerning, les croyant une efpéce
particulière,-nous paroiffent n’être que des variétés de la précédente 5 elles
en ont les principaux caraûères , fur-tout celle y 1 6. a. La riche Collection
de ce Naturalifte en réunit bien d’autres qui ont des reffemblances avec
celles repréfentées fur cette Planche 6c les deux précédentes , mais nous ne
pourrions dire de quelle efpéce elles feroient variétés. Ce n’eft que par
l’éducation , nous ne pouvons trop le répéter, que l’on parvient à diftinguer,
d’une manière certaine, les efpéces qui ont des rapports entr’elles.