
() F A U N E DU C A L C A I R E C A R B O N I F È R E DE LA B E L G I Q U E .
A . Diui ioi i t ie dés igne s ous le n om d'élage c a l c ami x du sys tème condi ' i i s ion sur la carte géologique
de In Ik'Igk|t»e ( ' ) .
Lyr.squ'en 1 8 4 2 j'cnti'0])ris In descr ipt ion des a n ima u x fossiles de cet étage, l 'on n'clai t pas
encore bien fixé sur ses liniites, ni sur les l'elations qui existaient entre les d i v e r s memb r e s
dont il ('tint composé. Né a nmo i n s l'étude de ces los s i les ne tarda pas à me faire connaî t re l 'ex i s -
tence de deux faunes , pos sédant c h a c u n e un as sez g r a n d n omb r e d'espèces par l icul ières po u r
me permettre, de les di s l inguer facile ment l 'une de l 'aut re et pour m'a uto riser à conc lure de,
celte différence, qu'el les n'avaient pu v i v re ni se développer ensemble dans les même s eaux . J ' e n
tirai la conséquence que ces de u x faunes , dont l 'une recueillie en g r a n d e par l ie dans le calcaire
de V i s é et l'autre dans celui de Tom- n a i , étaient contemporaines et avaient été déposées dans des
bassins dill'érents.
Mais loi'sque parut en I S . Î o le g r a n d travail que publ ièi 'ent S i r Hodei ' ick Mu r c l i i s o n , É d . de
Vei-neuil et 31. le c oml e de K e y s e r l i n g , à la stiile de leur v o \ a g e d'ex|)loralion en Rus s ie et d a n s
t'Oui'al, je i'us ébi'anlo dans mes convict ions . P a rmi les n omb r e u s e s et impor tantes obser vat ions ([ui
y furent cons ignées , il y en eut une qu i me frappa tout spécialemenl , par la rai son qu'el le était en
parfaite concordance avec le résultat de me s propres recbercl ies . E l l e consiste dans la r ema rqu e faite
par ces .savanis; qu'en Ru s s i e \c Proâuclusgiganteus cl le Spirifer mosquensii^, i|uoiquel rès r é p a n d u s
dans le calcaire carboni fère de ce pay s , ne s ' y rencont i 'cnl j ama i s ensemble dans les même s
couches ( - ) . L ' tme de ces espèces semble fuir l'autj'e.
L a même remarque est appl icable à la Be l g iqu e et alor s q u a V i s é le Prod actus ffiganleuN
abonde et que le S/urifer mose/ueims y l'ail défaut, à T o u r n a i , au coni rai re, ce derniei- se t rouve
en g r ande quantité, tandis que ie |)remicr ne s ' y rencont re jamais.
Je devai s conclure de l'identité dos caraclères paléonlologiques à l ' idenl i lé de la position des roches
qui les avaient foui-nies. C e s t ce que je lis en 1 8 4 7 , en a dme l l a n l que le calcaii'e de V i s é était à la
base et celui de T o u r n a i au s omme t de la foi 'mal ion, tandi s que c'est l ' inver se qu i est la réalité. Je
fus enli-ainé dans celle er reur à la sui le de celle c ommi s e par S i r Ro d e r i c k i l u r c h i s o n , Éd. de Ve i ' -
neuil et .M. le comte de K e y s e r l i n g , q u i , avec la plupar t des géologues r u s s e s , ont adnn's que
le calcaire à Prod net us (jiyunteus était plus ancien (|ue celui à Spirifer nmqucnsis. Je doutai s
d'autant mo i n s de r e x a c l i l ud e de celte opinion que le calcaire de V i s é repose di r c c temenl sur du
calcaire devonien.
-Mais en 1 8 ( i 0 M. J .Go s s i ' I e l publ ia son beau Me moire mr len 1er retins primaires de la Behjiqae.
des environs d'Avesnes el il a Boulonnais.
Dans cet écrit, pour la compos i t ion dut[uel l 'auteur lit uii g r a n d n omb r e de rechei 'ches sui' le ter -
rain même , il démont ra rexac l i tude de Topinion émi se par A. D umo n l . Il cons lata l 'exi s lence de
deux <;alcaires dilTérenls, séparés par une as s i se do l omi t iqu e; le supér ieur renfei 'mant le Prodncfux
f/ii/anletis cor respondai t à celui de V i s é et l ' infér ieur avec le Spirifer mosfjiiensis se rajipoi'lait au
calcaire de T o u r n a i (5).
Dès ce ni omenl , la (¡uestion de Tajie-relatif des deux calcaii'cs étail ti'ancbée et il fallut se rendr e
à l 'év idence; mai s il restait encore à faire une étude |)Ius complète du ler i 'ain; il resfait sui'tout
à coordonner cnl re elles les diver ses as s i ses dont se composai t c h a c u n des bas s ins dans les(|uels
( ' } Je n'ai pas à moecuper ici de ï'élarje huuiltcr propreniciu dii
coni Cl cîoiil ka fossiles ferom ¡'objet d'un iniviiil sjiécial.
(2) liussia and the Unit mounlains, i. Il, p. 2i)S.
(S; Uans une noiiee iiubliéc dans IMklin du la Sodùlù impér
ide est (l'i
idu des naluralhles de Moscou, {innée I87ü, J'iii
F A U N I î DU C A L C A I R E C A R B O i N i F È R E D E LA B L L C I Q U F . 7
elles avaient été déposées. Ce t ravai l a r d u et difficile fut ent repr i s par M. E d o u a r d D u p o n i , qui par
ime série de Mémoi res lit connaî t re les rema rquables resul lal s a u xqu e l s il était ar r ive. Selon lui,
le calcaire carboni fère belge peut se divi ser en s ix as s i ses dillercntes, dont r e n s emh l e a une pui s sance
d'onviro n 8 0 0 mètres.
Comme il a pu revoi r recemmeni ce ter rain en délail en lovant la carte géologique du p a v s à
réchelle du 2 0 , 0 0 0 ' ' et qu' i l y conf i rme la succes s ion s t rat i g raphique des c o u c h e s , telle qti'il l'a
admise en 1 8 6 5 , je sui s porté it accepter ces données pour indiquer le ni veau s t rat i g raphique
précis occupé par c h a q u e espèce, loitt en ¡ne réservant de di scuter complètement le g r o u p eme n t à
la fin de mo n travail .
Dès ce moDieiU, je pui s cependant y établir trois g r andes pér iodes fauni^pies qui i iermel tenl
de s 'or ienter facilement dans cette pui s sante série.
L e ni veau infér ieur , c omp r e n a n t les as s i ses I et II el une partie de l'assise I I ! , renferment le
Spirifer uwsquensis; il est caractér i sé, d a n s son facies génér a l , par la l'aune du calcaire de T o u r n a i
el des Kc a u s s i n e s , avec des var iantes qui parai s sent en relation avec la pos i t ion s l ral igraphi t iue.
L e ni veau mo y e n est formé i)ar la par l ie supér ieure de l'assise I I I et par l'assise I V . P l u s local
(|ue les deux autres n i v e a u x , il pui se des traits distinctifs dans la présence dos Spirifer slriaius
el Syrimjothyris aispidaliis et a jiour représentant s p r i n c i p a u x les couches des P a u q u y s près de
Waulsori el celles de Dr é h a n c e .
I x ' niveau supér ieur renferme les as s i ses V et V L B i e n ([ue l 'as s i se V n'ai t pas encore fourni
d'une manière incontes table de Prodnclus (jiijanteus, elle se rat lache n é a nmo i n s au calcaire de
Vise ])ar ses EuomphalusProdiiclns cl Choneles de g r a n d e taille.
E n l'ésumè d o n c , une expér ience basée sur des obser vat ions d ' u n g r a n d n omb r e t rannées
faites dans des localités el des p a y s très d i v e r s , m' a d cmo n i r é que le développement de la faune
cai'bonii'ère p r o p i eme n t di te, présente t roi s pér iodes succes s ives pendant lesquelles les condi t ions
biologiques ont été assez différentes les unes des aut res , po u r que l 'ensemble des espèces de chacune
de ces pér iodes , pr i s i solément , suffise pour la caractér i ser et pour la di s l inguer .
Pendant cha cun e de ces trois jiériodes , un g r a n d n omb r e de couches d'un e nature très différenle
ont eu le temps de se déposer , s u i v a n t les condi t ions var iées dans lesquelles elles se sont
¡»roduiles; ces condi t ions ont dit alterner quelquefoi s , pu i sque d a n s cer taines r é g i o n s , c omme a u x
environs de Gl a s g ow, elles ont d o n n é lieu à des sédiment s tantôt cal careux , tantôt schi s teux et
ensuite c h a r b o n n e u x , sui v i s de n o u v e a u x sédiment s calcai 'cux ou schi s teux ou c h a r b o n n e u x ,
sans
(|uo la l'aune, qu' i l s renferment en soit notablement modi l iée. Ces couches peuvent être coiisid
a'écs
comme des as s i ses différertles, de même que leur ensemble peut sei 'vi r à former un g r o u p e s l rat i -
^'raphi(|ue représenlai it une époque déterminée.
O n doit naturel lemenl en leni r un compte des plus sér ieux qu a nd il s 'agi t d'établi r la successiott
précise des dépôts. Mai s je le répète, un fait me paraît p r é d omi n e r au mi l ieu de ces séries al ter -
nantes de bancs fossilifères et pr ivés de fos s i les , c'est le g r o apeme . i t on i roi s pér iodes paléontologiques
que je vietis de définir.
C'est dans cet o rdre d' idées ([ue je me propose d' i ndiqu e r , d'après les rensei gnement s que me
fournira M. Fd. D u p o n i , le ni veau s t rat i g raphique de c h a q u e es|)ècc décrite datis mo n travail. Je
Iranscris dans ce but la légende s t rat i g raphique établie par ce géologue dans le calcaire carboni fèr e
de la Bel g ique. L e s élémenl s de celte légende sont pui sés d a n s la notice expl icat ive qui a c c ompa g n e
sa carte géologie,ne des e n v i r o n s de Dî n a n t ( ' ) et dans la car ie géoloi r ique détaillée de la Belgique
<iue le Mu s é e est cha r gé d'exécuter
qilrqtl use lie l'eireur coni:
l)ki|)iii'l des geologiii
par sir llodcrick Miii eh Kd. Venieiiil el M. Keyserling, ù (0 liulloiin (le l'Académù
(i) Feuilles d'Jlaslière, ik
roiinip de Helf/iqi,
Dinant et d'Acliè
X \ , [). 010. ISG;;