
4 FAUNE DU CALCAIRE CARBONIFÈRE DE LA BELGIQUE.
objets de comparaison avec les fossiles carbonifères belges. 11 m'a donc été possilile de recueillir de
nombreux malériaux dont j'ai profilé et qui m'ont aidé à rectifier les erreurs commises et à éviter
les nouvelles qu'un défaut d'expérience aurait pu me faire commettre.
D'autres éléments eacorc ont contribué ù m'aider à perfectionner mon travail, éléments qui
m'avaient fait défaut antérieurement.
Livre d'abord à mes propres ressources, il m'avait été impossible de réunir un nombre suffisant
d'exemplaires des espèces même les plus fréquentes, pour établir uue comparaison sérieuse entre
les spécimens provenant de localités diverses et j'ai souvent été induit en erreur par des analogies
trompeuses.
Aujourd'hui, grace à l'obligeance de il. Éd. Dupont, directeur du Musée royal d'histoire naturelle
de Bruxelles, je dispose des immenses ressources de cet établissement nalionai, dont les
galeries possèdent actuellement les collections du baron P. de Ryckholt, de H. Le lion, de F. Cantraine,
de II. Nyst et d'autres laborieusement formées par leurs anciens possesseurs.
J'ajouierai qu'à l'époquo reculée dont je viens de parler, personne ne soupçonnait encore que
l'assise carbonifère de Tournai fùl plus ancienne que celle de Visé, malgré la différence qui existe
entre les deux faunes de ces assises, diiïérence que j'ai oepcndaut été le premier à faire connaître.
J'ai exprime en même temps l'opinion que les mers qui avaient nourri l'une et l'autre de ces faunes,
avaient (lù être séparées et n'avaient pas eu de communication entre elles.
C'était le premier pas fait vers la solulion du problème qui a été si heureusement fournie par
M. Éd, Dupont dans son remarquable travail sur le terrain carbonifère de notre pays et dont j'ai
déjà eu l'occasion de donner le résumé (').
Je suis d'avis que l'élément auquel je viens de faire allusion et qui consiste dans la division du
calcaire carbonifère en diverses assises, ne doit pas èire négligé par le paléontologiste.
Si aux caractères différentiels constatés entre des spécimens provenant d'assises dilTérentes, quelque
faibles qu'ils soient, vient s'ajouler une constance bien établie, il me semble loisible d'admettre
que ces spécimens apparliennent à des espèces distinctes et c'est ainsi que je les considérerai. Il ost
possible que tous les paléontologistes ne soient pas de mon avis, mais j'aurai l'avantage sur eux de
fournir aux géologues des listes distincles qui leur permettront de reconnaître plus aisément et plus
promptoment les assises auxquelles ils ont affaire.
(I) Voir i'JsTUODtCTio.'i, p. 8, du tonii' II de ccs /Ijinafo.
FAUNE DU CALCAIRE CARBONIFERE DE LA BELGIQUE.
ORDRE I I . P R O S O B R A N C H I A T Â , H. mie Edxoards.
SECTION II. HOLOSTOMATA, H.-M.-D. de Blumvilk.
FAMILLE : N A T I C I D ^ , E. Forbes.
GEÎ(BE 1. NATIRIA, L-G. de Köninck.
NATICA (pHis). J. Phillips, 185G (_'), non J.-B. de Lamarck.
NATICELA (pars), G. zu Münsler, 1841 (2).
NAUICA. L,-G. de Köninck, 1845 ('), non A. d'Orbigny.
TIHDO (pars). A. d'Orbigny, ISöO (•), non C. Linné.
ÎSATICOPSIS (pars). J. Armstrong, J. Yoiing nnd D. Robertson, 1876 ('), non 1". M' Coy.
Coquille globuleuse, un peu plus large que longue, à spire courte et à tours peu nombreux
séparés par une suture profonde ; axe perforé; ouverture ovale, à peristome entier, à bord externe
trancliant et à bord interne légèrement épaissi. Surface couverte de lamelles longiludinales, minces
et fragiles, entre lesquelles existent un grand nombre de fines stries parallèles d'accroissement,
coupant à angle droit un certain nombre de cotes spirales, peu prononcées et s'elfacant avec l'âge.
Dimensions. — Lu longueur de la seule espèce conntie de ce genre ne dépasse pas 33 millimètres
et sa largeur /tu millimètres.
Rapports el différences. — L'espèce carbonifère qui appartieni à ce genre, a été placée, en
Ì83G, par J. Phillips, parmi les AVÎ^ÎCÎÎ, dont eile ne possède que la forme extérieure; elle s'en
distingue par les ornements de sa surface et par l'absence de callosité ombilicale et coliimellaire
ainsi que par la forme presque circulaire de son ouverture ; ses caractères génériques la rap|)rocheut
davantage du genre Naricu, d'Orbigny, dans leqtiel je l'ai introduite en ISAS; elle dilïère de
ce dernier genre par la direction longitudinale des stries placées entre les lamelles qui ornent sa
surface, tandis que chez les Nurica ces stries sont absentes et remplacées par des stries spirales
régulières et fortement indiquées. D'un attire côté, la cotiuille des i\'ar/c« est blanche, tandis que
celle des Natica est d'une uiiauce foncée.
En 18-44, le comte fi. de .Münster crut reconnaitre cette même espèce parmi les fossiles
Iriasiques de Saiiit-Cassian qu'il décrivit à cette époque et l'introdtiisit dans son genre ¡Sulicella
Il ne remarqua pas que le fossile (|u'il avait sous les yeux, était dépottrvu d'ombilic comme le sont
la pltipart de ses Nalicella et (|ue ce caractère seul sufiisait pour l'en séparer. En 1843, frappé
de l'analogie oITerte pur la coquille du Salica lyraia de J. Phillips avec celle des Navica de
('). lllKslralioiis of the (jeotoyy of Yorkshire, I. II, p.
(') HeHr<i(jQ:ur Pctrefiiklvii/anule, t, l\ , p. 101.
(') Desa iplion des aniiumw fossiles du terrain carbonifère de ta Bel'jiijiie, p. 476.
(*) Prvdi'ome de palcunlologie ftrati'jraphique, t. I, p. "121.
(,') Calaloijue uf the II ciicfii Scottish fossils, p. SO.
(») Mtr&ije zvr Petrefaktcnkunde, Tli. tV, p. 101.