
12 FAUNE DU CALCAIRE CARBONIFÈUK DE LA BELGIQUE.
fossiles pouvaient provenir de quelque C k p i i a l o p o d e iiicounu et les compa r è r ent aux Rhyncholiles
avec lesquels ils leur trouvèrent certaines analogies. Cependant en 1 8 6 8 , M. J. Beaudouin prouva
qne la plupart des Pellarion n'étaient que des opercules de Neritopsis et figura le moule interne du
N. Deslongchampsii son opercule m situ ( ' ) . Cette découverte fui confirmée en 1 8 7 3 par
M. n. Crosse qui eut l'occasion d'examiner un spécimcn du Neritopsis radula, C. Linné, seule espèce
encore vivante, muni de son opercule, de faire un e étude comparée de cet organe et d'en faire
connaître la forme et la structure ( - ) .
Quoique cette forme ail beaucoup de ressemblance avec celle de quelques opercules carbonifères,
j e ne crois pas que ces derniers proviennent de coquilles appa r t enant au même genr e , mais
ils offrent une telle analogie, qu'il me parait probable que les genres Natieopsis et Neritopsis
doivent être classés l'un à côté de l'autre et entre r ensemble dans la famille que J.-E. Gray a
désignée sous le nom de N e r i t o p s î d / e (s). En \ 8r)9 M. J.-ÎI. M^ Cbesney et en 1 8 6 0 F.-B. Meek et
M. A.-II. Worllien ont décrit chacun une espèce de Nnlicopsis sous la désignation générique de
Ptalyosloma En 1 8 7 1 ces derniers auteurs ont introduit une autre espèce dans le genr e
Isonema
J'ai déjà fait observer qu'en 1 8 6 6 F. -B. Meek et M. A.-II, Wor lhen avaient partagé le genre
Nalicopsis en (rois groupes dont le dernier, désigné sous le nom de Trachydomia, mé r i t e , à
mon avis, d'être cons e rvé comme genr e distinct (®).
Le D'' S. -P. Woodwa rd considère les Nalicopsis comme ne formant qu'un sous-genre des
Nalica ( ' ) . Je ne pa r t age pas son avis.
Dislrlbution géologique. — Les Nalicopsis paraissent avoir fait leur apparition ve rs la fui de la
période silurienne pendant laquelle ils n'ont eu qu'un ))etit nombr e de repi'ésentants. Après s'être
assez bien développés pendant la période dévonieniie, leur nombr e a diminué pendant la période
carbonifère et il est douteux que leur existence se soit prolongée au delà de l'époque triasique
dans laquelle un certain nombr e d'espèces ont été signalées par le comte G. de Munster.
Une révision minutieuse des diverses espèces attribuées aux genres Nalica, Nerila, Nalicella,
Turbo, etc., pourrait seule fournir des indications précises sur leur distribution géologique et géographique,
qu'il est impossible d'indiquer môme approximativement en ce moment .
i. >-ATlCOPS)S STURl l , L.-G. de Köninck.
(l'I. il, f . s , 9, 10, 11.)
Nebjta vAnuTA. L. -G. dp Kö n i n c k , 1 8 4 3 . Dcscr. dos anim. foss. du terr. carb. de la Belgique,
4 8 1 , ¡)l, X X I I , fig. 8, non J. Ph i l l i p s .
N.ITICODON GUODOSCSI. P. de Rv c k l i o l l , i8i7. Mélanges patéontoto(jiques, 1" p a r t i e , p. 7 9 , pl. I l l ,
fi?. é . n o n F , - \ \ , Hoen i n g h a u s .
Nerit.^ v.iRiATA, T. -C. Wi n k i e r , 1 8 0 5 . Cal. sysl. de la coll. paléoul. du Musée rcijlcr,p. 7\,
non J. PInl i ips .
.-G. de Kö n i n c k , 1 8 7 0 . Recherches sur les anim. fossiles, i. I l , p, 1 0 7 ,
pl. IV, fig, 7.
N.micopsis S r t n
Coquille de forme ovoïde, d'as-sez grande taille, un peu plus longue que large, à spire courte et à
extrémité inférieure pointue ; elle est composée de cinq ou six tours de spire convexes, séparés par
( ' ) liullelin de la Société géologitpic de France, 2"« s c r i c , 1. X X V I , p. 1 8 2 .
( ' ) Journal de Conchyliologie, p u b l i é s o u s la d i r c e i i on de MM. II. Cros s e et P. F i s c h e r , i, X V , p. 6 0 .
0 A lisi of the genera of recent Molliisca, their synonijnia and types ( P r o c e e d i n g s of llic zoological Society
for 1 8 4 7 ) , p. l aO.
( ' ) Proceedings oflhc Academy of natttral sciences of Philadelphia, i860, p. 4 6 3 .
(») Ibidem, i87ì,p- 7 9 .
(C) Manuel de Conchyliologie, 1 8 7 0 , p. 2 4 7 .
( ' ) Paleontology of Illinois, i. I I , p. 3 6 4 .
FAUNI- DU CALCAIRE CARBOMII-ERE DE LA BELGIQUE. 15
une suture linéaire et dont le dernier, occupant à lui seul à peu près les sept biiitièmes de la longueur
totale de la coquille, enveloppe presque complètement ceux qui l'ont précédé. Le tct est très
épais; sa surface qui a été colorée en noir peut-être et en tout cas en nuance très foncée du vivant
de l'animal, est ornée d'un très grand nombr e de fines stries d'accroissement assez régulières et
disposées obliquement ii l'axe principal ; ces stries sont plus prononcées vci'S le bord suturai que
sur le reste de la surface et ordinairement assez profondes ]ioui' y produire une série de petites
côtes un peu saillantes et former ainsi une sorte de frange autour de la suture. Une forte callosité
occupe tout le còle columeilaire de l'ouverture ; la partie inférieure porte chez certains individus
quelques rides transverses dans le j e u n e â g e ; mais ces rides disparaissent complètement chez les
adultes et y sont remplacées par un épaississement assez prononcé qui cependant ne se transforme
jamais en dent conique, que la baron P. de Ryckbolt prétend y avoir observée et sur la présence
de laquelle il a basé le principal caractère de son genr e Naiicodon.
L'ouverture est gr ande et obliquement siibovale. Je suppose que c'est à cette espèce que doit
être attribué ie grand opercule représenté planche II, figures 10 et M. Cet opercule de forme ellipsoïde
à extrémités aiguës, est composé de deux pai'ties symétriques lorsqu'on le partage horizontalement
par son milieu; l'une des faces de cet opercule que je considère comme e x t e r n e , est assez
régulièrement convexe, l'autre est irrégulièrement concave. La sur/ace decelle-ci est partagée en deux
parties inégales par un e ligne verticale un peu courbe qui réunit les deux extrémités pointues de
ro|>crcule ; l'une do ces parties à bord semi-circulaire et transverse est plus large que l'autre et très
rugueuse ; j e suppose qu'elle a été engagée dans le manteau de l'animal ; la seconde à bord sigmoïdal
et obtus, est parfaitement lisse. La face interne est égalemcnl formée de deux parties inégales
dont celle que j e considère comme correspondant au bord cxtei'iie de l'ouverture, consiste en
une large bande courbe et un peu convexe, de largeur à peu près égale sui' toute son étendue, sauf
une pelile pointe faisant saillie dans son mi l i eu; cette partie est séparée de l'autre pai' un silion
courbe et profond ; elle est complètement lisse. La seconde partie est beaucoup plus petite, de forme
ellipsoïde, ii surface plane et garnie vers le bord externe de quelques stries parallèles entre elles.
La substance de cet opercule, comme celle des opercules dont il a déjà été fait mention, est calcarcuse
et compacte.
Dimensions. — L'un des spécimens le mieux conservés a fourni les dimensions suivantes : longueur,
41) millimètres ; épaisseur, 40 millimètres; longueur de l'ouverture, 36 millimètres; largeur
de la même , 27 millimètres. L'ouverture de l'angle spiral est approximativement de 100° .
Rapporls et différences. — J'ai diyà fait observer (|ne M. F. Coy (<) avait eu raison de séparer
le N. Slurii du N. variala, J. Phillips, avec letpiel j e l'ai confondu en 1 8 4 3 . Ce dernier est généralement
beaucoup plus petit et à têt beaucoup plus minc e ; sa surface est en outre ornée de stries
transverses, peu apparentes dont il n'existe pas de traces sur le N. Slurii, caractère qui le rapproche
des Neritopsis ; enfin, sa spire est un peu plus allongée et l'ouverture de son angle spiral est plus
faible.
J'ai eu l'occasion de m'assurer par l'examen même du spécimen figuré par le baron P. de Ryckholt,
planche III, figure 10'"' de ses Mélanges paléonlologiques, que cet aut eur a été induit en
e r r e u r , en le donnant comme provenant du calcaire carbonifère et en l'identifiant avec le
N. variala de J. Phillips. Ce spécimen consiste en une coquille de la Neriiina {luviulilis dont l'ouverture
avait été adroi t ement remplie de calcaire friable de Visé, mêlé à un peu de matière adliésive.
La coloration insolilc de ce spécimen s'explique aisément par cette fraude dont noire auteur,
Irop avide d'objets rares, a été la victime. Une autre e r r eur a été commise simultanément par le
même. La figure 10 de la même planche, rapportée à la même espèce, a été faite sur un spécimen
( ' ) Systematic description of the British paloeozoic fossils, p. Ö44,