
r>6 FAUiNE DU CALCAIRE CARBO>i IFÉRE DE LA BELGIQUE.
supi)osci' qu' e l l e représente une dent ant é r i eur e . Elle est allongée; sa l a rgeur équivaut ù peu |)rès à la
moitié de sa l o n g u e u r ; sa forme est celle d'un cornet en papier incomplètement s e r r é et dont le bord
forait un peu pins d'un lour compl e t ; son extrémité postérieure est pointue et présente un angl e d' environ
6 0 " ; le côté interne pr e sque droit en projection, se contourne sur lui-méûi e en formant une
ligne sigmoïdale ; le côté ex t e rn e est courbé ; la surface est pointillée et en même temps qu'elle est
arrondie, elle offre du côté int e rne un large sillon oi)lique peu profond et limilé en avant et en a r r i é r e
par des plis peu sensibles. Cette deiit est ext r êmemen t minc e et fragile dans toutes ses pa r t i e s; sou
bord ext e rne est t r anc l i ani ; le bord interne est légèrement épaissi et mi eux limité.
Dinieimons. — Longueur 21 millimètres; l a rgeur 8 mi l l imé t r é s ; haut eur totale 7 millimètres.
Rapports et différences. — Us e r a i t difficile de confondre cette espèce ave c le S. oblongus, dont
la taille est be aucoup plus forte et l'épaisseur be aucoup plus considérable.
Gisement et localité. — J'ai recueilli ce Slreùlodus dans le calschiste c a rboni f è r e décomposé de s
environs de Tourna i (assise le), où il est très r a r e .
I I . Ge - s r e ; C O C I I L I O D U S , l . Aoassiz, 1 8 3 8 .
Sijn. PsAMMODvs ( p a r s ) , L. Agassiz, 1 8 5 3 .
Les dent s de ce g e n r e sont r ema rquabl e s par leur forme enroulée et t o r d u e , qui les fait i-essembler
ext é r i eur ement à celle d'un col ima çon; elles paraissent ne former qu'un seul r a n g de c h a q u e
côté de la mâ choi r e de l'animal et s'y t rouve r placées de mani è r e que la r angé e d'un côté forme
un angl e aigu avec celle du côté opposé. C'est la disposition q ue me t en évidence le spécimen
représenté par L. Agassiz, pl ancbe XLX, figure 1 h-, du t ome III de ses Recherches sxir les poissons
fossiles, et qui fait que l eur n omb r e est moins considérable q ue pour les autres g e n r e s , cha cune
d'elle oc cupant un plus gr and espace de la mâ choi r e . Le u r surface, ordina i r ement assez lui s ant e,
laisse né anmoins apercevoir les n omb r e u x pores dont elle est c r ibl é e ; leur base est concave, osseuse
et lisse. Leur examen microscopique démont r e l'existence d'un gr and n omb r e de c anaux médul -
laires droits, )ion bi furqué s , aboutissant pe rpendi cul a i r ement à la sur f a c e et mu n i s d'une infinité de
tubes calcifères dendr i t ique s , r empl i s s ant les espaces qui séparent les canaux les uns de s aut r e s ( ' ) .
Rapports et différences. — Il n'est pas facile d'indiquer les différences qui existent ent r e le genr e
Cochliodus p r o p r eme n t dit et ceux q ue L. Agassiz a créés sous les noms de Deltoptichius, de
Slreblodas, de Tomodus et de Psephodus, ])our certaines espèces pr imi t ivement comprises pa rmi
les Cochliodus. La difficulté est d'autant plus g r a n d e q ue ces genr e s sont p u r eme n t n o j n i n a u x ,
comme la plupart des espèces (jui leur s e rvent de t y p e et que l'on ignor e les caractères sur lesquels
L. Agassiz s'est a p p u y é pour les propos e r. Je dois avoue r que pour ma pa r t je ne t rouve pas une
différence suffisamment bien ma r q u é e ent r e le Cochliodus conlortus, Ag. et le C. aculus, Ag., poin- les
séparer géné r iquement l'un de l'autre et pour faire de l'un un Deltoptijchius et de l'autre un Cochliodus.
La différence ent r e ce de rni e r genr e et le g e n r e Slreblodus est un peu mi eux ma r q u é e ;
celui-ci est destiné à recevoir des dent s plus allongées et assez tordue s pour q ue leur extrémité
repliée en cornet fasse plus d'une révolution complète sur e l l e -même. Les dent s des Psephodus et
des Tomodus sont be aucoup moins enroulée s et moins oblicp.ios que celles des Cochliodus et me
paraissent en outre plus épaisses.
Aperçu historique. — E n \ 8 3 3 L. Agassiz décrivit sous le n om géné r ique Ao. Psammodtis plusieurs
espèces qu'il en sépara en 1 8 3 8 pour les r éuni r dans son genr e Cochliodus. Pe n d a n t un séjour qu'il
fit à Flor enc e -Cour t en 1 8 S 9 , chez le comte d'Enni ski l l en, il fit u ne révision de tous les poissons
fossiles q ue r e n f e rme la magni f ique collection de ce savant ama t e u r , modifia un assez gr and n omb r e
(I) Bullelin de la Société impériale i/ca Naturalistes de ,Moscou, 1864, pi. Ht, ilg. i l .
FAUNE DU CALCAIRE CARBOiNIFÈRE DE LA BELGIQUE, 57
des genres et des espèces qu'il avait décrits et figurés déjà et imposa des noms aux formes nouvelles
qu'il y découvrit, avec l'intentio!! d'en faire le sujet d'un suppl ément à son célèbre travail.
Ce proje t ne s'est ma lheur eus ement pas réalisé cl les espèces définies pa r L. Agassiz ne sont connues
que de quelques savanis qui ont pu les consulter sur place et en faire leur profit. C'est ainsi que
M. F. M«-Coy en a publié un certain nombr e , que MM. J. Mori'is et G.-E. Robert s ont figuré quelques
Deltodus et ont donné une liste complète de tous les poissons carbonifère s connus en 18t )2 et dans
laquelle ils ont pu introduire les noms de L. Agassiz en faisant usage des notes qui leur ont été fournies
par Lord Enniskillen et pa r sir Philip de Malpus Grey Egerton. Ces deux nobles seigneurs ont à leur
tour publié en 1 8 6 9 la liste a lphabé t ique des spécimens typique s cont enus dans leurs collections
qui passent à bon ii-oit pour être les |)lus nombr eus e s et les plus complètes en leur genre.
Distribution géologique. — Ce genr e est exclusivement c a rboni f è r e et se trouve r epr é s ent é duns
les assises inférieures et supé r i eur e s du terrain auquel elles appa r t i ennent . On le r encont r e eu
Angleterre, en Irlande, en Ecosse, en Russie et en Belgi<]ue.
PSAMM0DI;S
C o c h l i o d u s —
— CONI
1. COCllLlOUtS CONTORTUS L. Agassiz.
(in . VI , i i g . f i
omis. L. ncch.mr hspoiss. foss., pl. XIV, fig. 16-33,cl p l . \ I \ , iig. 14.
P.-G. de Maipos Egcrion, 1837. Cat. offoss. fîsim.
t., Agassi/,, 1858. Rechei-clies sur les poissons fossiles, l, IJl, p. 113.
K. Owcn, 1S40. Odonlography, l. Il, )>. 10, pl. XXII, (ig. 1.
J.-li. Poi llock, 1845. Report on thc gcot. of the Cowitij of Londond., p. 4G6.
n,-l}. Gi'iiiii/-, 1841^. Yersteincruwjsk., p. ICo.
C.-G. Gicbel, 1848. l'ama dcr Vonoclt, Bil. I, Abih. ÏM, p. ÔÔG.
II.-G. Bronn, 1848. Nomencl.paloeont., p. 517.
F.-A, Quoiisiodt, 1852. ITmulb. der Pclrefaklenk., p. 188.
J. Mori'is, 1854. Ciii. of brit. foss., p. 522.
F.-J, l'iclei, 1834. Traité de paléont., i. 11, p. 2G7, pl. XXXVIfl , fig. 51.
F. M^ Coy, 1 8l)0. Bril. paloeoz. foss., p. 622.
F. Roomer, 1856. In Bvonn Lothoea cjeoçpi., t. I, p. 708, pl. IX', iig. 4,
F. d'Euinviikl, 1860. Lethoea rossica, 1.1, p. 1547.
.J. .Morris and G.-E. Rnl)crls, 1862. Quart. Journ. of the (jeol. Soc. oflondon,
t . \ V l l I , p. 100.
Enniskillen, 1869. Cat. of Ihe Vjpc spec. offossil fislies, |). 4.
II.-A. Xichoison, 1872. .1;«». ofpuioeonl., p. 339, lig. 297.
F. Ilocmcr, 1870. Lethoea paloeoz., Atlas, pl. XI^-N'III, ilg. 5.
J. Vi'iiisu-ong,J.'^"outigandD.RobcriS(m,1S7C.C«<.o/"i/!ewesi..çco<^/i)5,s'.,p.61,
J.-.l. Bigsby, 1878. Thésaurus dvconico-curboniferns, p. 349.
C'est la seule espèce dont jusqu'ici on connaiss e la série ù peu près complète des dents de la
mâchoire inférieure. Celles-ci sont au n omb r e de trois et placées do mani è r e à produi r e de chaque
côté do la mâ choi r e une série conve rge ant l'une ve r s l'autre sous un angl e d'environ 60". La de r -
nière et la plu.s importante de ces dents est o b l o n g u e , obliquement t ronqué e on a r r i è r e et s'y ter -
mine en une extrémité jiointuo, dont le bord ext é r i eur se relève assez brusquement pour produire un
sillon oblique plus ou moins pr of ond ; en avant de ce sillon la dent se relève de nouveau pour former
un large bourrelet oblique qui se t e rmine en avant pa r un second sillon moins profond que le
premier; ce sillon est suivi d'un petit bour r e l e t terminal dont la largeur n'excède pas le qua r t de
celui qui le précède et dont le bord ant é r i eur fait un angle de 8 0 " avec le bord ext é r i eur de la dent.
La deuxi ème dent est étroite et sa moitié postérieui'c est très c o n v e x e , tandis que r a n t é r i e u r e est
assez déprimée jiour que son profil produise une foi'ine s igmoïda l e , sans que cependant son côté
antérieur se relève. La dent antérieur e n'est pas encore connue, mais M. F. M"' Coy ne doute pas
II. ^ s