
P A P I L L O N S
Cette efpèce a cte' trouvée à Marfehins pays des Grifons, par M. Amftein
Dofleur en Médecine, qui l’a envoyé à M. Fuesfly. Ils l’ont d’abord
regardée un & l’autre comme une variété de la précédente , mais après
J avoir examinée attentivement ainfi que la Chenille qui la produit , ils
ont reconnue pour une efpèce nouvelle, & ce dernier en a donné la
defcnption fous le nom de Flavia dans fon Magafm Ent. Tom. II, pag,
70. Elle eft encore fort rare, & aucun autre Auteur n’en a fait mention.
Cependant on trouve dans Cramer , Papillons Exot. Tom IV pag. 220
B B I d’Une Phalène ». ^ di£ venir de Sibérie & tirée de la
St°1L 111>a no“ é e a ™ d>après Fuesfly & l’a repréfentée
' „ TX l 'II' ° - Goeze «te suffi çet Auteur dan? fes Supp. Ent,
P.art. III, Tom,II, pag. 32i.
P l a n c h e CXL I I I . N u m é r o 289.
CHENILLE HERISSONNE DE LA MILLE FEUILLE,
l ’ é c a i l l e r o s e ,
p r e m i e r é t a t ,
C E S Chenilles, fuivant les Auteurs du Catalogue Syftématique fe
pourrilTent ordinairement de la Mille feuille, Achilloea MUlefolium ( , ).
f 3Près E-leeman on les trouve feulement fur le Tithymale à feuilles
de lin , Euphorbia efula ( 2 ) & fur l’Armoife , AnhemiRa vulgaris ( 5 )
, . a)0ute paiement qu’au défaut de ces deux plantes elles mangent la
lattue ordinaire. M. Gerning nous affine que près delà forêt de Francfort
Jur le Mem où elles font allez communes, elles fe nourrilfent indiftinaement
( 1 ) Flore Franç. Tom. I l , „■ >. , VII, pag. ij i ,
( a ) Ibid. Tom. III, a». 719, XXVI, pag. pj.
ï ) Uià. Top. IJ, «?. f p , V l t pag. tg.
de toutes fortes d’herbes , & un Amateur près de Lyon leur a donné avec
fuccès le Piffenlit commun , Leontodon vulgare ( 1 ). Elles éclofent au mois
dé Septembre d’oeufs pondus aux mois de Juin & de Juillet. Après leurs
premières mues , elles fe cachent dans des trous ou dans des fentes 6c
creux d’arbres pour y palier l’hiver enveloppées dans des feuilles, ou feules
ou deux 6c trois enfemble. Au Printems elles changent encore deux fois
de peau , avant d’avoir acquis toute leur croiflance. Lorfqu’elles y font
parvenues , Fig. 1 8p. b , elles reffemblent beaucoup à celles de l’Ëcaille
Martre n°. 1 8 7 , & il feroit aifé de les confondre : leur démarche eft la
même , ainfi que la manière de fe rouler , Fig. 189. a , 6c de fe laiflet
tomber dès qu’on les touche ; mais en les examinant avec attention on
voit que tous leurs poils font gris bruns, excepté fous le ventre où ils
font roux , au lieu que dans celles de l’écaille Martre , comme nous
l’avons vu , ces poils ne font point d’une couleur uniforme fur tous
les anneaux. Aux mois d’Avril ou de Mai, fuivant que la faifon eft
plus ou moins avancée, elles relient quelques jours fans prendre de nourriture
6c ne parodient alors occupées . qu’à chercher entre les différentes plantes
un endroit propre à fe métamorphofer.
S E C O N D É T A T .
E l les fe filent un cocon allez fort, dont la foie eft d un gris clair.
Peu de jours après elles fe dépouillent de leur peau 6c fe changent eu
une Crifalide d’un brun noir luifant , Fig. 1 8p. c , terminée par une
pointe compofée de quelques petits crochets ,. 6c qui paroît fort fenfible
au moindre attouchement. Celle-ci eft d’une femelle , celles des mâles ne
font point aulli greffes.
É T A T P A R F A I T .
C e t t e Phalène allez rare en France, fort de fa coque, au mois de
Mai ou de Juin , trois femaines environ après fa métamorphofe. Ses ailes
( 1 ) Flore Franc, n9. 93 , II, pag. 113.
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