
quelqu’efpèce de Chenille , dont la foie feroit autant fit plus abondante,
que celle du Ver , ôç qui fut aifée à nourrir en toute faifon.
Reaum. ton. i. Il nous relie à parler dune remarque fingulière du même Nat.uralifte,
^*De^Geer tom & confirmée par de Geer , fur le tems que les Chenilles relient dans l’état
n. i".part.pag. (Je Crifalides. On fait quelles prennent cette forme aulfitôt j ou peu après
quelles ont filé leurs coques. Cependant ils en ont obfervé l’un fit l’autre,
« quelques efpèces , qui après s’être renfermées dans un tiffu léger , y font
refiées huit ou neuf mois fans manger, fe font enfuite transformées en
Crifalides, ôc ont produit leurs Papillons un mois après. De Geer dit avoir
fait la même obfervation fur quantité de fauffe.s Chenilles , qui deviennent
Mouches à fcie , fit qui relient plulieurs mois dans leurs coques , avant de
prendre la forme de Nymphes.
Nous ne rappellerons point ici , ce que nous avons dit dans notre
pag. ap. Difcours'Préliminaire 5 fur la manière dont s ouvrent les Crifalides , ôc fiir
le mécanifme de conftrufilion , qui en facilite la fortie aux Papillons. La
defcription que nous en avons faite, tant pour les Papillons de Jour que
pour ceux de Nuit , fuffit pour en donner une idée exafte.
Tous les êtres créés , tous les corps naturels , depuis 1 homme jufqu au
caillou le plus brut , n’étant que des chamons liés &c unis enfemble
par des nuances , par des dégradations infenfibles , il eft certain que les
diftinâions , d’ordres, de clalfes , -de genres, de familles , ne font nullement
dans la nature : mais puifque notre foibleffe ne nous permet pas de faifir
cet enfemble , il faut avoir recours à des méthodes , qui en fixant nos
idées , rappellent à notre mémoire les caractères de chaque individu. Dans
quel cahos feroit la Botanique, fi le célébré Linné n eut cherché a mettre
dans cette fcience , l’ordre & la clarté qu’il a fu répandre fur les autres
parties de l’Hifloire naturelle ? Toutes les méthodes , a la vérité , font
arbitraires , de-là vient que chaque Auteur a imaginé* la fienne, ce qui
produit une confufion, qui ajoute beaucoup a la difficulté de 1 étude; ceft
pour ne pas augmenter cet embarras, que nous nous fommes interdit d en
créer de nouvelles ; mais nous avons adopté celles qui nou§ ont paru les
plus claires , les plus fatisfaifantes fit fur-tout les moins fùjettes aux
Inconvénients , aux exceptions, fit aux contradictions.
J^ous avons çru pour la partie des Phalènes, trouver cçs qualités réunies
dans celle qui a été fuivie par les Auteurs du Catalogue Syftématique des
Papillons des environs de Vienne ; c’eft auffi la plus nouvelle fit celle qui
renferme le plus d’efpèces. Mais avant de mettre nos Lecteurs à portée
d’en juger , nous allons, comme nous avons fait dans les parties précédentes,
rapporter brièvement celles qui ont été données par les principaux Auteur*
qui nous ont précédés.
Reaumur les diiÆfe d’abord en fept claffes, dont cinq tirent leurs carafteres
diftinâifs de la forme de leurs antennes, fit du défaut ou de l’exiflence des
trompes. La première compofée de ceux à antennes prifmatiques fie qu’il
appelle Bourdons Phalènes , font de véritables Sphinx. Il range dans la
fécondé claffe, les Papillons dont les antennes font à filets coniques , avec
trompes;. & dans la troifiéme ceux qui. ont des antennes de même forme,
mais fans trompes. Ceux à antennes pefitinées, ou en barbes de plumes , avec,
ou fans trompes , font claffés dans la quatrième fit la cinquième. Il forme la
fixiéme de ceux dont les femelles n’ont point d’ailes fenfibles : & enfin la
feptiéme eft compofée des Ptérophores, ou Papillons dont les ailes font en
forme de plumes.
Chacune des cinq premières claffes fe divife enfuite en dix genres, diftingués
par la pofition des. ailes, quand les Papillons font en repos. Les ailes alors font
ou horifontales ôc parallèles au plan de pofition , ou élevées en forme de toit
au-deffus du corps, quelles recouvrent cependant, ou enfin appliquées contre
le corps comme celles des Oifeaux. La première pofition fournit quatre genres.
i°. Ailes horifontales, dont les fupérieures font croifées l’une fur l’autre,
les inférieures pliffées par-deffous. 2°. Les ailes fupérieures non croifées.
3°. Le bord intérieur des ailes fupérieures embraffe le deffus du corps &
s’y moule. 40. Les ailes fupérieures font étendues de manière à laiffer à
découvert le corps fie une partie des ailes inferieures. Le port d ailes en
forme de toit donne trois genres : il eft x°. ou a vive arrête, 2 . ou arrondi,
30. ou écrafé fie prefque horifontal. Enfin la troifiéme pofition fournit les trois
derniers genres ; les ailes font alors, i° ou fimplement appliquées contre le
corps, 20. ouïes fupérieures recouvrent la partie du corps qui leur eft oppofée,
3 0. ou les ailes fe terminent en queue de coq. Viennent enfuite les efpèces ,
fuivant le dégré dans lequel chacune a le caractère du genre , toit plus
ou moins aigu , ailes plus ou moins étendues , plus ou moins écartées ,