
fa caufe i°. dans la couvée-, a0, dans la qualité de la feuille, 30. dans la
température de l’air.
Nous avons déjà remarqué que quand les Vers font hivernés trop
chaudement, & qu’ils é'cliofent fpontanément , ou au plus foible degré de
chai eur j ils font très-lujets à la grafferie : il en eft de même quand ils .font
. couvés à la chaleur animale , qui eft toujours accompagnée de tranfpiration ,,
à moins d’avoir foin, comme nous l’avons recommandé, d’ouvrir ôt de
remuer les nouets à toute heure pour faire exhaler cette vapeur infenfible.-
La feuille qui a fouffert de la gêlée, qui a jauni par le froid , ou qui eft
trop dure proportionellement à l’âge des Ve rs, influe beaucoup fur cette
maladie, fi elle ne la produit point.
Enfin l’expérience a appris que lé froid la détermine' aufli, fur-tout?
quand les vers l’éprouvent lors de la freze.
Il eft une température étouffante de l’air connue en Languedoc fous Ie-
nom de T o u ffe qui précédé ordinairement ou accompagne les orages SC
qui ell Te fléau des Vers dans le dernier âge' : ou fertt alors dans l’attelief
une odeur de relan plus ou moins forte, la refpiration fans être gênée , y
eft moins Mbre qu’au grand air. Ses mauvais effets font proportionnés à far
durée ; quelquefois les Vers n’éprouvent que de la langueur & la perte de-
l’appétit ; mais fouvent ils tombent dans une maladie appellé la Mufcarditte ,,
qui fe manifefte par des points noirs-répandus fur le corps, ou par des'tàches?
livides ou noirâtres au fommet de la tête , aux jambes fit aux ftigmates; A
ces taches en fuccédent d’autres d’un jaune d’ocre ou tirant fur la canelle,.
qui infenfiblement gagnent toute la peau, le Vert meurt,. fe defféche , durcit
& fe couvre d’une moifîffure d’un blanc de neige.
Cette maladie prend fâ fource dans le défaut de circulation dé l’air , qui-
eft lui-même occafionné par la petiteffe fit le peu d’élévatioh des'atteliers-
relativement à la quantité' de Vers qu’ils contiennent. Pour la prévenir , fie
dès qu’on s’appercevra' de quelque altération dans l ’air de l’âttelier , il faudra
le renouveller, en ouvrant une porte ou une fenêtre ; & pour mieux le
purifier , porter autour des tables quelques poignées de paille longue;
enflammée , ou bièn allumer des feux clairs aux deux coins oppofés de
l’appartement ; on pourrait encore le parfumer avec quelques plantes^
aromatiques, ou jetter du vinaigre fur une, pelle ou brique rougie au feu..
Si on s’eft apperçu trop tard de la maladie, fît fi malgré ces remèdes
le Ver conferve fa couleur tannée fit refte en langueur, il en eft un dernier
qui a quelquefois réulfi. G’eft d’arrofer les tables fit les Vers avec de l’eau
fraîche , ou d’y tremper ces derniers par poignées dans des baquets : ce bain
froid fait fur ces infeéfes le même effet'que fur l’homme, il fortifie les
vaiffeaux fit donne du ton aux fibres.
Les feux clairs dont nous venons de parler font un excellent préfervatif
pour les maladies qu’occafionnent aux Vers à Soie .les tems couverts ÔC
pluvieux ,- ou les vents humides du fud. '
Nous ne nous- arrêterons point à Une autre maladie , qu’off appelle la'
jauniffe-: elle a dans le fond les mêmes fymptômes, les'mêmes effets fit les;
mêmes caüfes que la grafferie dont nous venons de parler.
On fe flatterait aifément qu’à l’époque de la montée, nos Infectes n’ont
plus rien à redouter ; cependant un orage peut être funefte à ceux qui n’ont
pas encore commencé à . filer ; ils deviennent par-elfeux à grimper aux
rameaux, plufieurs en font précipités, fit n’ayant pas la force de remonter,
ils fa raccoürciffent, ne filent pins, ou ne donnent que de mauvais cocons, On
a de tout-tems accufé de Ges chutes,, le bruit du tonnerre; fit pour en empêchef
les effets , il eft en ufage dans beaucoup d’atteliers de lui oppofer celui des
fonnettes , des pelles , des chaudrons ou d’inftruments de mufique1, mais de®
expériences-réitérées ont convaincu que le bruit feu-1, quelque fubit, quelque
violent qu’il foit, eft incapable de les occafionner. On ne doit les attribuer
qu’aux exhalaifons dont l’air eft alors chargé.Nos infeûés qui font très-fenfibles
aux moindres imprefiions de cet élément, deviennent languiffans, ne reftent
que foiblement- accrochés aux branches d-’où la momdre Ghofe les fait
culbuter'.
On emploiera avec fuccès Contre ces accidents les feux clairs de paille ,
du de plantes aromatiques, pourvu qu’on n’attende point à en faire ufage ,
que l’orage fe foit déclaré par des éclairs Ôt du tonnerre.
Nous preferivons peu de remèdes contre ces différentes maladies , mai®
nous- en donnons les préfervatifs, fit nous ofons »durer qu’en prenant exafitement
les précautions que nous avons indiquées , fi la totalité des Vers n’en eft
point exempté , au moins feront-elles infiniment rares ôt peu dangereufes :
nous ne pouvons trop recommander de porter là deffus l’attention jufqu’aui
fetupule.