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Flanches CXXIII. & CXX1V. N u m é r o 2 68.
CH EN IL L E DU MURIER B L A N C . Y E R A SOIE.
L A Chenille du mûrier à laquelle on a donné le nom de Ver à Soie,
n’eft point naturelle à l’Europe , mais originaire des climats chauds de 1 Afie.
Elle paroîtroit donc devoir être exclue d’un Ouvrage qui n’a pour objet que
les Chenilles & Papillons d’Europe : mais depuis que naturalifée en Italie,
en Efpagne 8c dans une partie de nos Provinces , nous avons fu par des.,
éducations domeftiques mettre à profit les richeffes immenfes quelle nous
produit, elle doit être regardée comme une des parties les plus intéreffantes
de l’hiftoire de nos Infectes.
Plufieurs Auteurs ont écrit fur l’éducation des Vers à Sole , mais peu
l’ont fait d’une manière fatisfaifante. Les uns au lieu d’obfervations 6c
d’expériences ne nous ont tranfmis que des inutilités , ou des âbfurdités
dignes du berceau de la Phyfique ; les autres , au défaut dune pratique
éclairée , qu’ils n’avoient point eux - mêmes , ont compilé des routines
défeaueufes : d’autres enfin fe font imaginé pouvoir déduire de l’éducation
particulière de quelques Chenilles , des préceptes affurés pour des éducations
en grand. M. l’Abbé Boitfier de Sauvages , Membre de la Société des
Sciences de Montpellier , a donc rendu un fervice effentiel à cette branche .
importante d’cçconomie, par les Mémoires très-détaillés êt très-mftruads .
j . r qu'il a publié fur cette matière * : ils font le fruit d’expériences fuivies 6c
l'éducation des comparées pendant plufieurs années , encouragées par le Cjouvernement,
X e du appuyées fur une théorie avouée par la faine Phyfique. Les inftruaions
Boiffie^de Sauva- que nous allons donner à nos LeSeurs feront particulièrement tirées de
ges,Nîfmes 17«;. cet ouvrage intéressant; : nous n-entrerons point dans le détail des expériences,
*’ Y°V— ni des raifonnements fur lefquêls cet Auteur fonde fa théorie ; nous nous
bornerons à la pratique qui en eft le réfultat ; elle peut être mife en
pfage avec fuccès dans toutes fortes de climats.
Ouaqt à 1$ culture du Mûrier dont la feuille paroît uniquement, 8c
çxcludvement
èxcluffvement a toute autre, deftinée à la nourriture du Ver à Soie , on
pourra confulter le Traité qu’en a publié le même M. l’Abbé Boiflier de
Sauvages.
Nous diviferons en fept articles taut çe que nous avons à dire lur les
Vers à Soie.
Le i er. traitera de l’attelier.
Le 2°. de la feuille du Mûrier & de fes qualités.
Le 3'. du choix de la graine de Ver à Soie 6c des précautions qu’elle
exige avant de la faire couver.
Le 4e, de la couvée fpontanée 8c artificielle.
Le ye, de l’éducation proprement dite depuis la naiflance du Ver, jufqu’à
la montée.
Le 6e. du choix des cocons de graine, de l’accouplement , & ponte
des Phalènes.
Le 7 e. enfin des maladies des Vers a Soie,
I.
De l ’attelier.
j \ . V A N T d’entreprendre une éducation confidérable , il faut s’afTurer
d’un logement qui foit favorable aux Vers à Soie , la réuffite dépend
beaucoup de celui qui fert à les élever. Si on eft le maître de choifir
l’emplacement pour un bâtiment qui y foit deftiné , il faut chercher à
les mettre à l’abri d’un air humide ou ftagnant, ainfi que de la grande
chaleur du Soleil & de l ’atmofphère. L ’expofition la plus heureufè eft
celle du haut d’une butte ou d’une colline , où l’air eft frais ôc fec.
Le bâtiment doit être un quarré long , dont les deux bouts foient
expofés au nord ôc au midi : il confiftera en un rez de chauffée ôc un étage
au-deffus. Il feroit plus à propos de n’y point laiffer de jour, mais fi on
veut y pratiquer des fenêtres au midi & au nord, il faudra les tenir fermées
pendant la faifon des Vers pour .être maître de la température qu’on voudra
leur donner. Le rez de chauffée fervira d’entrepôt pour la feuille , 6c la
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