
cellules dont chacune a fon ifîue 6c contient cinq ou fix Chenilles.
Elles paffent la 1 hiver fans prendre aucune nourriture , 6c quoiqu’elles
aient au plus deux lignes de longueur , elles réliftent dans cet état
d engourdiffement aux froids les plus rigoureux. Reaumur les a expofé à une
température de 19 dégrés au-deffous du point de congellation de fon
thermomètre fans pouvoir les faire périr.
Cette faifon eft la plus favorable linon pour les détruire en totalité ,
au moins pour en purger nos jardins 6c nos vergers. Lorfque toutes les
feuilles font tombées on apperçoit aifément ces nids ; il faut alors avec
un echenilloir couper le bout des branches qu’ils occupent, 6c les jettet
au feu , fi on ne veut , ou fi on ne fait en faire d’autre ulàge. Au défaut
de cet infiniment, on* peut rompre le bout de ces branches avec un crochet
emmanché à un bâton ou à une perche.
Reaumur allure que cette efpëce confomme à elle feule autant de feuilles
que toutes les autres enfemble : mais fi la voracité de ces Infedes 6c leur
goût pour prefque toutes les efpèces de plantes les rendent ordinairement
très-nuilîbles, leur multiplication dans certaines années a été allez prodigieufë
pour faire craindre que tous nos arbres ne pulfent lufEre à leur nourriture.
Cet Auteur rapporte que dès le mois de Septembre '1731 , la plupart
des feuilles des jardins •& des forêts parurent flétries , comme fi elles eulfent
/été delfèchées par quelque vent brûlant. Au commencement de 1732 , 1e
Parlement rendit une Ordonnance pour obliger tous les particuliers à
écheniller : mais malgré fon exécution , dès lé mois de Mai, plus de la
moitié des feuilles des arbres étoit rongée ; le relieauroit eu le même fort,
fi des pluies froides, furvenues heureufement dans le courant de ce.mois,
P eulfent fait périr les Chenilles : à peine en put-on trouver quelques-unes
Iannée fuivante ; mais le peu qui en échappa liiffit pour en conferverl’efpèce,
& elles ont allez multiplié depuis pour nous forcer à prendre tous les
?ns ^es précautions qui nous mettent à l’abri de pareils ravages.
Le Parlement a continué de renouveller fès Ordonnances , 6c les mêmes
Réglemens ont été publiés dans les Provinces 6c chez les nations voifines (1)5.
aPPrenons S“ ^ Strafbourg il y a eu de pareils Réglemens rendus en 1557 , & renouvelles
f rancfor, K ? « : ” a,S ° V fe £A"‘,“ ‘ a de Ies à la Tribu des Jardiniers" Le Magiftrat i l
pranprprr fur lp Mens en a apffi publie v f femblable le 7 Février d^cerce année 178;. 6 •
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fcàis quand on les exécuterait à la rigueur , elles feroient encore infuffifantes
pour la confection dés forêts, des arbres dont nos grandes routes font
décorées , 6c de ceux qui forment nos avenues. On fart affez d ailleurs
hue la vue feulé du bien public , ou la crainte d un mal éloigné, font
infuffifants pour exciter le commun des hommes ; il leur faut , comme
le remarque Reaumur, un motif d’intérêt particulier , ôc la vue d un bien
ptéfént. Ne pourroit-on pas faire de ces nids un objet de commerce en
les appropriant à des ufages utiles ? Chacun alors s empreffefoit de les
récolter & de détruire les Chenilles. Nous ne répéterons pas cô quei nous eif M . d»
avons dit des effais faits par M. Gùettard, nous ne pouvons qu exhorter ■ P
les Naturaliftes à les multiplier. Le double bien qui en féfulteroit ne feroit-ii
donc pas une récompenfe affez douce de leurs travaux ?
Dès que les Chenilles reffentent les douces influences du Printems , elles
fortent de leurs nids pour chercher à réparer un jeûne de plufieurs mois.
Moins délicates que dans leur premier âge, elles dévorent la totalité des
feuilles à l’exception dés greffes nervures, 6c n épargnent j point les fruits
naiffants Après leur repas elles reviennent toujours s arranger fur la
fuperfîcie de leurs nids; elles changent plufieurs fois de peau H & continuent
à vivre ainfi en foefété jufqu’au mois de Mai , ou au plus tard au
commencement de Juin. A cette époque elles fe difperfent, éprouvent leur
dernière mue, 6c commencent à filer leurs coques dans les premiers jours
dC C e f Chenilles font velues, comme on le voit par celle repréfentée Fig.
tl 8 a a. Elles ont feize pattes. Le corps eft brun avec deux lignes de taches
blanches fur les côtés, ôc d’autres raies formées de taches rougeâtres fur le
doT Les poils des tubercules font noirâtres. On voit fur l’extrémité poftérieure
'deux mamelons'qui , comme ceux dont nous avons déjà fait mention,
s’allongent ou fe raccourciffent à volonté , 6c forment tantôt une pyramide
& ^ ™ ^ t que ces Chenilles occafionnôient des démangeaisons
quand L les touche , comme toutes celles velues; nous en avons indiqué $
le remède.