
Reaumur tom, II.
T£g»g. -1 3.S14.- K' *9-
De Geer, tom.
II* i re. part. pag. 281.
Di&.d'HIft. nat. tomG.e IoV Æ. ptaogm. .5 5I0I.. pag. ÿ3.
La plus ordinaire eft en ovale plus ou moins allongé, comme la Crifalide
qu elles renferment. C’eft uneelpèce de peloton produit par les circonvolutions
dun même fil, qui ne fait cependant pas proprement des révolutions autour
de la coque, mais y trace une quantité de zigzags qui compofent différentes
couches de foie. Beaucoup font de foie pure , d’autres font mélangées des
poils de la Chenille, de grains de terre & de fable, de rognures de bois
& d’autres matières dont l’infeae fe fe r t, pour fuppléer à la trop petite
provifion de foie dont il eft pourvu. Plufieurs font uniquement compofées de
quelques fils jettés ça & l à , à travers lefquels on voit très-aifément la
Crifalide , & qui paroiffent plutôt deftinées à lui fervir de lirpport que
d enveloppe. Souvent la véritable coque eft enveloppée d’une couche
cotonneufe femblable à de la bourre : telle eft celle du Ver à foie ôc de -la
Chenille nommée la Livrée.
Nous ne devons point oublier une exception remarquée par Reaümur &
de Geer , qui paroît encore faite pour mettre en défaut les méthodes les
plus fatisfaifantes. Nous avons divifé les Papillons de Jour en deux grandes
familles : la première de ceux qui marchent fur quatre pieds, & dont les
Crifalides font fufpendues par la queue ; la fécondé de ceux qui marchent
fur fix pieds , & dont la Crifalide eft fufpendue par la queue & par un lien
au milieu du corps. Nous verrons que dans une des familles de Chenilles
Arpenteufes, qui toutes produifent des Phalènes , une efpèce fe fulpend
ainfi en plein air , & fe lie par le milieu du corps ; fa Crifalide à la vérité ,
a des caractères extérieurs qui la diftinguent de celles des papillons de
Jour ; elle n eft point anguleufe , mais du genre de celles dont nous venons
de parler, c eft-a-dire , ovale à fommet applati , avec une petite éminence
de chaque côté.
On ne peut rien dire de certain fur le tems que les Phalènes reftent
dans 1 état de Crifalide. Outre que le froid ôc le chaud contribuent à retarder,
ou accélérer leur fortie , comme pour les Papillons de Jour , nous verrons
que dans chaque famille , cet état mitoyen eft plus ou moins long.
Plufieurs n y font que quelques femaines , mais la plupart n’en fortent que
1 année fuivante. M. Valmont de Bomare rapporte l’hiftoire d’une Chenille
du faule qui s étant formée en Crifalide le j Septembre 17 70 ,, n’a donné
fon Papillon que le s i Juin 17 7 2 . M. Geoffroy affure en avoir vu
1Z
quelques-unes relier dans cet état deux ôc trois ans de fuite* Pour nous
nous ne l’avons obfervé que fur celles du Grand Paon, dont le Papillon
n’eft éclos que la deuxième année : nous en avons eu deux exemples à
deux années différentes, mais fur des cocons trouvés ; car dans nos éducations
particulières, les Chenilles nous ont toujours donné des Papillons l’année
fuivante. ■
On fe perluaderoit aifément, que d’après les vues de la Nature, toujours^
attentive à la confervation des efpèces , les coques les plus fournies en
foie & les plus épaiffes, font deftinées aux Crifalides qui doivent relier le
plus long-tems dans cet état. On fe tromperoit cependant : nous voyons
tous les jours des Crifalides à peine couvertes d’un tiffu très-léger , ou
plutôt de quelques fils de foie , même fans coque , relier expofées dans
cet état plufieurs mois de fuite , aux injures de l’air ôc aux froids les
plus rigoureux; tandis que le Ver à foie dont le cocon eft des plus épais
produit fon Papillon au bout d’une vingtaine de jours.
On fait que les Crifalides fe donnent ordinairement fort pëude mouvement,
& ne changent point de place : cependant Bonnet rapporte une obfervation BonMt tom j
finguliére qu’il a faite fur celle d’une efpèce de Minime à bande. Sa p»g.iss.
Chenille s’étoit filée une coque mi-partie foie ôc poils , affez longue pour
contenir deux Crifalides : cette coque étoit inclinée à l’horifon , dès qu’on
la touchoit, la Crifalide defcendoit lourdement ôc avec peine jufqu’au bas,
l’inftant d’après elle remontoit avec une agilité furprenante pour reprendre
fa première place.
Nous venons de dire , que le chaud Ôc le froid influent beaucoup fur
l’accroiffement des Papillons dans la Crifalide. Reaumur rapporte là deffus Keaum. tom. 11
des expériences très-curieufes ôc* très-intéreffantes , qui prouvent que le PaS-4& lalï-
développement des Papillons provient de l’épâiffiffsment ou confolidation
du fuc nouricier dont la Chenille a fait provifion , ôc dont le fuperflu doit
s’évaporer , par la tranfpiration infenfible qui fe fait à uii certain dégré de
chaleur : d’où l’on doit conclure qu’il eft poflible d’abréger, ou de retarder
à volonté le tems de la vie de l’infeÉte , ou ce qui revient au même celui
de fa transformation à l’état parfait , ôc même de fe procurer deux
générations dans un an. C’eft effectivement ce qui a réfulté defes expériences,
qui ne font point de pure curiofité; elles deviendroient utiles fi l’on découvroit