
porte expofée au levant ou au nord donnera dans lés fortes chaleurs un air
frais qui chaffera vers le haut les vapeurs, & tout ce qui pourroit nuire
a la falubrité de l’air.
Le premier étage fera partagé en deux pièces , Une grande & une
petite : celle - ci fervira aux premiers âges , où les vers n’ont befoin
qüe de peu d’efpace, ôc fera placée du côté du midi : l’autre doit avoir
trois toifes & demie d’élévation fous le faîte, de manière qu’il y ait un
efpace de r o i 12 pieds„ au-deifus de la plus haute des tables fur lefquelles
on met les Vers a Soie. Il faut laiffer au toit des claires voies , par où
les vapeurs , la chaleur ôc la fumée puiffent échapper , ou y fuppléer par
deux ou trois ouvertures d’un pied ôc demi de haut fur quatre pouces de
large pratiquées aux deux pignons oppofés.
On pourra fe contenter d’un rez de chauffée diftribué à peu près de
même ; la chaleur du feu fuffira pour s’y garantir de l’humidité.
Mais comme peu de perfoiSIs font en état de faire la dépenfe d’un
grand bâtiment , quelle feroit même inutile pour une couvée peu
confidérable j on choifira dans celui dont on pourra difpofer , les
appartements les plus convenables d’après ce que nous venons d’établir.
S’ils font trop peu élevés - relativement à la hauteur des tables dont nous
allons parler , on percera le plancher fupérieur de deux ou trois trous d’un
pied quarré , ou dune trappe de deux a trois pieds de diamètre pour donner
îffiie à la fumée & à la chaleur.
Les Chenilles peuvent relier fur des claies ou clayons jufqu’à la troifiéme
mue : il faudra donc difpofer dans une petite pièce un porte-clayon, qui
n’eft ni difpendieux ni difficile à conftruire. C’eft un bâtis en quarré long
compofé de deux montants de trois pouces' d’équariffage , longs de fept
pieds, affemblés à chaque bout par une traverfe d’un pied huit pouces.
Chaque montant portera en avant des bâtons de 20 pouces de faillie
& efpacés entr’eux-de fept à huit pouces , fur lefquels on pofera les
clayons dans une fituation horifontale. On pourra dreffer le porte-clayon
contre le mur comme une échelle , ou plutôt l’y fixer avec quelques
pattes.
Après la troifiéme mue, les vers groffiffant beaucoup , les clayons
deviendront embaraffants { par la quantité dont on en aurolt befoin ,
fur-tout dans une couvée de plufieurs onces de graine ; il fera donc
plus commode de placer les Vers dans une grande pièce , fur des
tables difpofées par étage l’une au-deffus de l’autre, dont les
montants Ôc trayerfes feront. affemblés à tenons ôc mortoifes. On leur
onnera fix pieds de large , ôc la longueur fera proportionnée à celle
de 1 appartement, pourvu quelles foient foutenues de fix en fix pieds.
I faut laiffer autour, un paffage de quatre à cinq pieds , ôc fe régler
pour le nombre des étages fur la hauteur de la chambre , en obfervant
quil y ait un grand efpace entre le dernier étage ôc le plancher fupérieur.
Les clayes d’ofier ou de rofeaux feroient préférables aux planches pour le
deffus de ces tables : elles laiffent un paffage à l’air qui defféche la litière;
mais de quelque Ratière qu’on les conftruife, il faut ou les border d’une
tringle de deux à trois pouces de haut pour empêcher les Vers de tomber ,
ou faire la plus baffe de trois pouces plus large en tout fens, que celle
de deffus 6c ainfi de fuite.
On peut déterminer k peu près le rapport des tables ôc de l’appartement
avec la quantité de Vers à foie qu’on fe propofe d’élever. Il faut dix
tables de fix pieds quarrés pour l’éducation d’une once de graine ; huit tables
par once , ^pour cinq à fix onces , Ôc fix tables par once dans une éducation
de dix-huit à vingt onces. Nous verrons plus bas la raifon de ces différences.
I I.
De la feuille du Mûrier & de fis qualités.
I L ne fuffit pas de difpofer un logement convenable à nos Infe£es,
il faut auffi pourvoir à leur nourriture : nous avons dit que la feuille de
Mûriçt eft la feule qui leur foit propre ; mais il en exifte différentes
efpeces, ôc cette feuille peut-être altérée foit par le terroir, foit par la
pluie ôc la rofée, ou par ce qüe l’on appelle la Mieflée : il eft donc
intéreffant d’entrer lk-deffus dans quelque détail.
On ne cultive guères en Europe que deux efpècgs de Mûrier , le noir
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