
(Jeiïe'chée pour fe foutenir : 8c dès qu’elle fera dans cet e'tat, on percera avec l'aiguille
plufieurs trous entre les pattes pour faire évaporer l’humidité intérieure, qui n’étant plus
dilatée par la chaleur contribueroit à l’applatilTement de la Chenille au fortir du defficatoire.
Il y a des Chenilles qui dans leurs mues éprouvent des changements fi grands, quelles
deviennent méconnoiffables : il eft donc intéreffant de les préparer dans leurs différents âges,
Quant à celles qui font conftamment les mêmes, le moment le plus favorable pour les
deffécher, eft le tems qui précédé immédiatement leur dernière mue : leurs couleurs font
alors mieux prononcées, & les poils de celles qui font velues, plus fortement attachés à
leurs corps,. .
Il arrive quon en manque quelques-unes, fans qu’on puifle en affigner la caufe : quelquefois
l’air s’échappe par la bouche , ou par les ftigmates , d’autres fois la peau eft percee de
vers : il faut alors recommencer fur d’autres individus, Quand 1 opération a bien réufli, on
coupe le fil près du corps, & les larves fe confervent en bon état pendant une longue
fuite d’années pourvu qu’on les garantiffe de l’humidité.
On ne difïimulera pas que par ce procédé les Chenilles d’un vert tendre deviennent
jaunâtres, que quelques-unes de celles qui font brunes prennent une teinte rougeâtre , &
que plufieurs perdent par la tranfparence ou par la chaleur, la vivacité de leur coloris : il
eft vrai que l’alkali volatil diminue" un peu l’altératioff des premières, mais il ne peut jamais
les rétablir à leur état naturel.
On éviteroit ces inconvénients qui font allez graves aux yeux des Naturaliftes, en mettant
en ufage une méthode déjà propofée, qui confifte à remplir le corps de la Chenille foit
avec du fable très-fin & parfaitement deffeché , foit avec parties égales de cire & de fuif
fondu que l’on pourrait même colorer , & que l’on introduit au moyen d’une petite
feringue.
Il ferait pofflble encore, dès que la Chenille eft vuidée, de bourrer fa peau avec du
coton , par l’ouverture de l’anus. Nous avons vu un Amateur en préparer ainfi avec 1*
plus grand avantage , & leur donner, avant l’entière déification, l’attitude qu’il defiroit :
cette manière n’exige ainfi que les autres qu’un peu de patience & de dextérité.
P A P IL LO N S PHALENES.
N1
1 O U S avons démontré en commençant cette fécondé Partie de notre
Ouvrage, que les Papillons Sphinx forment un genre mitoyen entre les
Papillons de Jour fit les Phalènes. Nous avons détaillé les caractères des
premiers, nous allons maintenant nous occuper des féconds; c’eft donc
ic i, à proprement parler, que commence la defcriptibn des Papillons de
Nuit.
Si parmi les Oifeaux, ceux qui ne volent, que la nuit font rares, &
paroilfent former une exception à la régie ‘ générale, il n’en eft pas de
même des Papillons ; la clafïe la plus nombreufe eft celle des Phalènes.
Toutes les efpéces qui la compofent fe tiennent ordinairement tranquilles
pendant le'jour, cachées fous des feuilles, ou collées fur les troncs 6c
branches des arbres, fouvent au milieu des taillis les plus épais, des
broulfailles, ou plantes les plus touffues ; fi l’on veut les en faire fortir ,
il faut fecouer & battre-, arbres, buiffons & plantes. Plufieurs fe réfugient
dans les écuries, les bergeries & autres endroits peu fréquentés, fous les
égoûts des toits & entablements des édifices, dans les embrafures des portes
& croifées, creux d’arbres, &c. Un moyen fur de fe procurer un grand
nombre de Phalènes, eft de fe promener avec une lanterne pendant les
nuits calmes de l’été ; attirés par la lumière, ils accourent en foule de
toutes parts.
Il n’eft cependant pas conftamment vrai, que ces Papillons ne volent
que la nuit ; on en voit fouvent pendant le jour dans les jardins & dans
les- campagnes, furtout lorfqu’il y a des bois aux environs : le Carmin du
Seneçon, les Ecailles martres & marbrées, & plufieurs autres efpèees font
de ce nombre. Reaumur rapporte avoir vu en plein jour de petites nuées
de Phalènes Zigzag dans les bois & endroits/ éloignés du paffage : mais iu l
il obferve que c’étoient des mâles cherchant, pour s’accoupler’, les femelles
qui refirent tranquilles fur les feuilles & les branches des arbrec. Nous avons
effeûivement donné précédemment, comme un moyen de fe procurer un
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