
tres-ferré, & enduit de gomme dans l’intérieur , ce qui lui donne la
coniiftance du parchemin ; fon mécanifme eft admirable. Il eft fait en forme
de poire , arrondi d’un bout, & pointu par l’autre : cette pointe eft formée
par la réunion de quantité de bouts de fils très-forts , gommés, élaftiques
mais non adhérents enfemble , qui repréfentent parfaitement la forme des
naffes d’o/ier dont on fe fert pour prendre le poiffon ; c’eft un entonnoir qui
en contient un fécond dans l’intérieur , & tous deux en laiffant à l’air la
liberté d’y entrer pour la refpiration de la Crifalide & au Papillon celle d’en
fortir a volonté , forment une barrière infurmontable pour tout infeâe
rongeur qui tenteroit de s’y introduire. Le bout arrondi de la Crifalide ou
plutôt la tête du Papillon eft toujours tournée du côté de ces entonnoirs ;
il en humeéte les fils au moyen d’une liqueur qu’il rend par la bouche, & le
moindre effort fuffit pour lui procurer la liberté. Quelques inftants après , ces
fils reprennent leur pofition & leur élafticité , de forte qu’il eft impoflible
de diftinguer autrement que par la pefanteur une coque vuide d’avec une
pleine. Cette Crifalide, Fig. 17 S. d. PL CXXX. eft rouge brun , elle a
plufïeurs poils courts & roides à fa partie poftérieure , & rien d’ailleurs de
remarquable. Les coques font ordinairement fixées à une branche d’arbre ,
ou dans quelque creux & fous les égouts des mûrs & des toits , où elles
paffent 1 hiver : quelques-unes même, comme nous l’avons remarqué ailleurs ,
relient dans cet état pendant près de deux ans.
É T A T P A R F A I T.
N o u s n avons fait obferver aucune différence entre les Chenilles
& Crifalides mâles & femelles ; il en fera de même toutes les fois
quil n y en aura point d’autre que les proportions plus ou moins
grandes. Cette marque n’eft pas même caraüériftique dans les Phalènes de
cette efpece, qui varient prodigieufement pour la grandeur : nous avons
obtenu dans nos éducations des mâles auffi grands & plus grands que des
femelles , & d’autres extrêmement petits. Le ventre de celles-ci, eft plus
gros à la vérité fur-tout avant la ponte , mais la feule différence bien
fenfible fe voit dans les antennes. Celles du mâle PI, CXXX. Fig. 17 s. e,
f. font larges & bien fournies, celles de la femelle au contraire PI. CXXXL
Fig. 17 6. h , i. font longues, effilées & peu garnies de barbes.
Ce qui frappe d’abord eh regardant cette Phalène , font les taches
rondes en forme d’oeil , dont chacune des quatre ailes eft ornée vers le
milieu, & qui reffemblent à celles que l’on admire fur la queue du Paon :
elles paroiffent des deux côtés. La prunelle noire, dans laquelle eft un trait
blanc, eft environnée d’une bande jaunâtre , fuivie dû côté intérieur de
deux demi-cercles l’un blanc l’autre rouge, & toute la circonférence eft
entourée d’une bande noire. Le fond de couleur des ailes dans le mâle
en-deffus, Fig. 17 S. e. eft gris cendré pointillé de noir , & tirant ftr le
rouge , dans les inférieures. Elles font bordées par une frange moitié fauve
& moitié blanche, & traverfées dans leur largeur par une ligne jaune ondée
bordée de brun rougeâtre, laquelle prend fon origine à une tache noire, vers
l ’angle d’en haut, où l’on voit auffi quelques traits rouges ôt blancs. L’efpace
intermédiaire jufqu’à un demi-pouce de cet angle eft rempli par une large
bande d’un brun noirâtre. Une tache brune triangulaire occupe la plus grande
partie des ailes fupérieures à leur origine , elle eft bordée dun coté par
une ligne jaune rougeâtre fuivie d’une autre d’un brun foncé. Cette dernière
fe répété fur les ailes inférieures, mais la tache brune n’y paroît point, non
plus que dans le deffous , Fig. 17 6. f. qui reffemble d’ailleurs au-deffus,
çxcepté que les couleurs en font un peu plus claires.
On voit par les figures 17 6. h, i. qui repréfentent le deffus & le deffous
de la femelle , que les ornements de fes ailes font les mêmes que dans le
mâle. Il faut les comparer l’un avec l’autre pour s’appercevoir que la teinte
en général eft un peu plus claire ; encore ce caractère n’eft-il pas confiant,
& varie autant que la grandeur dans les individus dont l’efpèce eft compofée.
La totalité du corps dans l’un & l’autre fexe , fur-tout le corcelet, eft couvert
de poils bruns : la partie poftérieure eft coupée d’anneaux d’un blanc fouvent
jaunâtre. La tête paroît enfoncée dans le çorçelet dont le haut eft marqué
par une bande blanche : les antennes font jaunâtres, & les pieds bruns.
La femelle comme dans l’efpèee précédente , vole peu tant le jour que
la nuit : elle s’attache à un arbre, y dépofe fes oeufs fîc y meurt, ou finit par
être la proie des chauves-fouris.
Le mâle eft fort agile, découvre fa femelle en plein jour avec la plus grande
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